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Dr Martial Ayenon à propos de l’antibiorésistance « Il existe 5 règles à suivre pour jouir de l’efficacité des antibiotiques »

Très utiles pour lutter contre les bactéries responsables des infections, les antibiotiques ont aussi des limites. En effet, l’organisme finit souvent par s’adapter à ces molécules au point de les rendre inefficaces. A travers cette interview, Martial Ayenon, pharmacien et expert en dispositifs médicaux, explique les causes de l’antibiorésistance et donne quelques précautions à prendre.

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Qu’est-ce qu’un antibiotique (Atb) ?
Un antibiotique est une substance antibactérienne d’origine naturelle ou synthétique, dont l’action consiste à tuer ou à empêcher la croissance des bactéries. Dans le premier cas, on parle d’antibiotique bactéricide et dans le second cas, d’antibiotique bactériostatique. Les antibiotiques agissent de manière spécifique sur les bactéries soit en bloquant une étape essentielle de leur développement. Ce blocage se produit lorsque l’Atb se fixe sur sa cible, une molécule de la bactérie qui participe à l’un de ses processus métaboliques essentiels. Cette interaction entre l’antibiotique et sa cible est très sélective. Pour qu’un antibiotique soit alors actif, il faut qu’il pénètre au niveau du foyer infectieux et dans la bactérie, qu’il ne soit ni modifié ni détruit dans l’organisme et dans la bactérie, qu’il se fixe à une cible bactérienne.

Dans quels cas en fait-on usage ?
D’une façon générale, les antibiotiques sont utilisés dans les cas d’infections bactériennes déclarées et identifiées. Il n’y a que dans ces circonstances que l’on est en droit d’attendre un bénéfice. Les antibiotiques ne soignent pas de façon automatique. De même, ils ne soignent pas tout. En effet, ils sont impuissants contre les virus responsables d’infections, contre les champignons et les levures qui sont à l’origine des mycoses. Retenons que les antibiotiques sont utilisés soit à but prophylactique, c’est-à-dire pour prévenir des infections avant et/ou après une intervention chirurgicale chez les personnes immunodéprimées, soit à but curatif, c’est-à-dire quand l’infection bactérienne est présente.

Peut-on guérir de la fièvre en donnant par exemple un antibiotique à un enfant ?
La fièvre est une élévation anormale de la température corporelle qui dépasse 38°C. Elle peut avoir aussi bien une origine infectieuse que non infectieuse (coup de soleil, déshydratation extrême, hyperthyroïdie…). Il faut tout simplement comprendre que les antibiotiques n’ont aucun effet direct sur la fièvre. En effet, la fièvre est un symptôme de la maladie. C’est un signal indiquant que vous êtes malade. Ainsi, pour lutter directement contre la fièvre, vous avez besoin d’antipyrétiques (Paracétamol, Aspirine…). En outre, les antibiotiques ne sont utiles que si votre maladie est due aux bactéries.

Est-il conseillé de prendre plusieurs antibiotiques à la fois ?
Dans la majorité des cas, on ne traite une infection qu’avec un seul antibiotique à la fois, administré par voie buccale, par injection ou en perfusion. Dans certaines infections très sévères, il peut être utile de recourir à une combinaison de plusieurs antibiotiques différents après l’antibiogramme, c’est-à-dire un examen de bactériologie permettant de définir les Atb vis-à-vis desquels la souche bactérienne isolée est sensible. Ainsi, en fonction de la pathologie (infections urinaires, méningites, pneumopathies), du terrain du patient (son âge, ses antécédents, les traitements antérieurs, l’état de ses organes vitaux, son immunodépression), du site de l’infection et en tenant compte des interactions, le médecin peut être amené à prescrire plusieurs antibiotiques dans le but d’obtenir une synergie d’actions pour soit augmenter la vitesse de bactéricide (destruction des bactéries) , soit diminuer l’émergence de souches résistantes et élargir le spectre d’activité. Cette possibilité ressort clairement dans la définition de l’antibiothérapie qui apparaît comme étant une technique thérapeutique qui utilise un ou plusieurs médicaments anti-infectieux, médicaments appartenant à la classe des antibiotiques et dont l’activité s’exerce contre les germes, plus précisément les bactéries à l’origine de l’infection.

Quelles sont les conséquences de l’automédication avec les antibiotiques ?
Largement utilisés depuis la seconde guerre mondiale, les antibiotiques ont permis une véritable révolution médicale en faisant reculer la mortalité liée aux maladies infectieuses graves, comme la tuberculose ou la peste dans le monde entier. Mais victimes de leur succès, ils sont utilisés de façon massive et pas toujours à bon escient. L’automédication avec les Atb est devenue très fréquente au sein de la population qui, pour un quelconque mal ou symptôme, n’hésite pas à s’en procurer en pharmacie. Par conséquent, il existe aujourd’hui de plus en plus de bactéries qui y sont résistantes. La résistance aux antibiotiques, encore dénommée antibiorésistance, est la capacité d’un micro-organisme à résister aux effets des antibiotiques. C’est un phénomène naturel de défense des bactéries vis-à-vis de l’action exercée par l’Atb. Plus on utilise les antibiotiques, et surtout lorsqu’on le fait à tort, plus les bactéries s’y habituent et deviennent résistantes. Les antibiotiques perdent alors leur efficacité.
L’émergence de la résistance peut se produire par mutation spontanée dans l’ADN de la bactérie et/ou par transfert de gènes résistants aux Atb. Plusieurs mécanismes ont évolué au sein des bactéries pour leur conférer une résistance aux Atb. Actuellement, trois de ces mécanismes ont été mis en évidence et élucidés. La bactérie développe une aptitude à modifier chimiquement l’Atb (mécanisme le plus fréquent) de telle sorte que ce dernier ne reconnaît pas la bactérie. C’est l’inactivation enzymatique. Dans un second mécanisme, la bactérie développe la capacité à rendre l’Atb inactif par son enlèvement physique hors de la cellule (efflux). Dans ce cas, on parle d’imperméabilisation. Le troisième mécanisme implique la capacité de la bactérie à modifier le site cible sur la bactérie, de telle sorte que l’antibiotique n’est pas reconnu. Il est question à ce niveau de la modification de la cible.
Dès lors, c’est la bactérie qui devient résistante et non pas l’homme : les bactéries auparavant sensibles à l’Atb ne sont plus détruites ou leur multiplication n’est plus arrêtée. Cette résistance peut se propager dans l’environnement, être transmise à d’autres bactéries, être à l’origine du développement de nouvelles résistances croisées à des antibiotiques de la même famille. A terme, les conséquences sont le manque de moyens efficaces pour traiter certaines infections bactériennes, en l’absence de nouveaux antibiotiques.

Est-ce à dire que l’organisme est désormais sans défense ?
L’organisme dispose d’une défense naturelle qu’on appelle système immunitaire. Le système immunitaire constitue une barrière à l’entrée et au développement des micro-organismes pathogènes. La conséquence directe de l’antibiorésistance est la floraison de bactéries multirésistantes pour lesquelles, il n’y a quasiment plus d’alternatives.
Dans un contexte où le système immunitaire est affaibli et face à une antibiorésistance, il apparaît évident qu’en l’absence de nouveaux antibiotiques efficaces, la persistance de l’infection peut entraîner une septicémie (l’empoisonnement du sang provoqué par des bactéries pathogènes) et mettre en jeu le pronostic vital.

En cas de résistance aux antibiotiques, que convient-il alors de faire ?
Que cette résistance soit due à l’automédication ou une prescription médicale, le patient, en l’absence d’amélioration ou face à la persistance de l’infection doit retourner voir le médecin qui constatera cette inefficacité et pourra être amené à réaliser dans la mesure du possible un antibiogramme. Il convient de préciser que cet examen n’est effectué qu’avec les disques d’antibiotiques usuels connus. Ainsi, en cas d’échec, des explorations pourront être effectuées dans d’autres laboratoires plus équipés. Le patient pourrait donc être mis en quarantaine en milieu hospitalier afin d’isoler le germe résistant et empêcher sa propagation, le temps d’avoir des résultats concluants.
Bien que de nouveaux antibiotiques soient en cours de développement, aucun d’entre eux ne sera sans doute efficace contre les formes les plus dangereuses de bactéries résistantes aux antibiotiques.

Que faire pour prévenir cette situation ?
Il faut utiliser ces médicaments uniquement lorsqu’ils sont prescrits par un professionnel de santé qualifié, ne jamais exiger d’antibiotiques si votre agent de santé vous dit que vous n’en avez pas besoin. Il faut toujours respecter les conseils du soignant lorsque vous utilisez des antibiotiques, ne jamais partager vos antibiotiques avec d’autres personnes ou utiliser les médicaments qui vous restent ; prévenir les infections en vous lavant régulièrement les mains, en suivant les règles d’hygiène pour la préparation de la nourriture, en évitant les contacts proches avec des malades, en ayant des rapports sexuels protégés et en tenant vos vaccinations à jour. De même, il est capital de préparer les aliments de façon hygiénique en respectant les cinq clés pour des aliments plus sains c’est-à-dire les garder propres, séparer les aliments crus et cuits, bien les cuire, les conserver à une température adaptée et choisir des aliments, notamment les produits d’élevage sans antibiotiques.

Quelles sont les règles à suivre pour mieux tirer profit des antibiotiques ?
Il existe, de façon pratique, 5 règles à suivre pour jouir de l’efficacité des antibiotiques. Il s’agit notamment de respecter scrupuleusement les doses et la durée du traitement antibiotique qui vous a été prescrit, de suivre votre traitement jusqu’au bout, sans écourter la durée même si les symptômes évoluent favorablement, ne pas donner votre antibiotique à quelqu’un d’autre, ou utiliser celui d’une autre personne, même si vos symptômes sont similaires, respecter et suivre les conseils hygiéno-diététiques donnés par le professionnel de santé. Pour finir, en cas de doute ou d’effets indésirables, demander conseil à votre médecin.

Propos recueillis par Sinatou ASSOGBA (Stag)

16-10-2018, Moïse DOSSOUMOU


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