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Editorial : La faillite de la sécurité

« Nul n’a le droit de se faire justice ». Ce principe universel largement répandu ne suscite pas encore un écho favorable auprès des populations béninoises. Par les temps qui courent, difficile à un hors-la-loi pris dans les mailles de ses victimes d’avoir la vie sauve. Battu et lapidé, il achève ses derniers instants sur terre dans le supplice du feu. Ces scènes macabres dignes d’un autre siècle qui se répètent machinalement ces jours-ci dans diverses localités du pays rencontrent l’adhésion d’une frange non négligeable de Béninois qui se délectent de ce spectacle hideux. Dès que l’alerte est donnée, ils sont nombreux à se ruer vers le théâtre des opérations pour savourer ce « spectacle » ignorant que la non assistance à personne en danger est une infraction passible de sanction.
Le plaisir ressenti en ces lieux est si intense que la foule en liesse prend tout son temps pour filmer et photographier la scène afin d’en faire un large relai avec le concours des réseaux sociaux. La recrudescence de cette pratique ces derniers jours interpelle l’ensemble des acteurs chargés de la sécurité des personnes et des biens à l’échelle nationale. Le sentiment de la justice personnelle est si poussé que les populations ne font plus recours aux forces de l’ordre dès qu’elles mettent la main sur un présumé malfrat. Le recours au brasier est systématique. Un comble ! Comment les citoyens d’un Etat dit de droit en sont arrivés à cette extrémité ? Pourquoi depuis que des prétendus délinquants perdent la vie par l’entremise du feu, rien ne semble arrêter cette folie meurtrière qui se propage à la vitesse de la lumière ?
La vindicte populaire, si elle doit intervenir, devrait être l’exception et non la règle, comme c’est le cas actuellement. Quels sont les facteurs qui sont à la base de la naissance et de la propagation de ce sentiment d’exaspération que nourrissent les Béninois ? Deux causes fondamentales peuvent expliquer la tendance actuelle. Primo, la confiance est rompue entre les populations et les animateurs du secteur judiciaire chargés de dire le droit en leur nom. Ils sont légions les cas de voleurs pris en flagrant délit et remis aux forces de sécurité publique et qui, chose paradoxale, viennent narguer et même menacer quelques jours plus tard la communauté qui les a mis aux arrêts. Pour les citoyens, c’est inadmissible qu’un voleur pris la main dans le sac soit remis en liberté aussitôt après son arrestation.
Secundo, les délinquants ne se donnent aucune limite lorsqu’ils opèrent. S’ils se contentaient de déposséder leurs victimes de leurs biens sans attenter à leurs vies ni à leur intégrité physique, la rage des populations d’en découdre avec eux serait atténuée. Au-delà du sentiment d’inefficacité voire de complaisance de la justice, les citoyens en veulent aux malfrats qui frappent fort quand ils en ont l’occasion. Mais la vindicte populaire n’est pas la solution à l’insécurité puisque les hors-la-loi continuent d’opérer malgré la menace du feu qui plane sur leurs têtes tel un couperet. L’urgence de la restauration de la confiance entre les populations et les forces de sécurité d’une part puis entre les populations et les magistrats qui rendent la justice au nom du peuple Béninois d’autre part s’impose. Chaque acteur est interpellé, les populations y compris. En aucun cas, la justice privée ne saurait se substituer à l’ordre légal.

28-06-2016, Moïse DOSSOUMOU


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