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Editorial : Les étudiants face à leur destin

Sur le campus universitaire d’Abomey-Calavi, les étudiants et les enseignants sont toujours à couteaux tirés. Les multiples séances de médiation initiées qui par le vice premier ministre, qui par le maire de la commune, qui encore par certains présidentiables n’ont encore produit aucun résultat. Obstinément, les étudiants ne jurent que par le rétablissement de la seconde session. Toutes les solutions préconisées par les divers intervenants y compris les enseignants n’ont pas trouvé grâce à leurs yeux. Pour eux, la seule porte de sortie reste la satisfaction intégrale de leur principale revendication. Pendant qu’ils font la sourde oreille aux sollicitations dont ils font l’objet, les jours, les semaines, les mois s’écoulent sans aucune avancée. Et le risque de l’invalidation de l’année académique dans certaines entités et du second semestre dans d’autres est plus qu’évident.
Sans occulter la pertinence de la lutte que mènent les étudiants depuis de longs mois, ils donnent l’impression d’en faire un peu trop. Ce n’est pas parce qu’une cause est légitime qu’il faut demeurer imperméable à toutes les formes de médiation. Lorsqu’il y a un bras de fer, les deux parties, pour sauver la face, sont obligées de lâcher du lest de part et d’autre. Les enseignants de la Faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash) ont donné leur accord pour la seconde session, mais uniquement à l’endroit des absents. Même si cette mesure ne concerne pas l’ensemble des étudiants qui ont composé pour la première session, c’est quand même une avancée. En effet, les raisons ne manquent pas pour soutenir le conseil pédagogique de la Flash dans sa logique.
Au terme d’une session de composition, les 200 enseignants de cette entité ont plus d’une dizaine de millions de copies à corriger. Un travail harassant, pénible et hélas, souvent bâclé. Dans ces conditions, on comprend que des notes médiocres soient souvent attribuées aux étudiants victimes innocentes du système. Les mêmes difficultés liées à la correction des copies sont aussi inhérentes à la diffusion du savoir. Plus le nombre d’apprenants est élevé, plus l’enseignant se contente de faire le service minimum.
C’est bien beau de revendiquer des droits à travers la grève, mais l’idéal serait que les étudiants mettent enfin un terme à ces mouvements qui au fond les pénalisent plus qu’ils ne les avantagent. Dès le mois d’août, l’université est traditionnellement fermée du fait des congés administratifs. A la reprise en septembre, les regards seront tournés vers la prochaine année académique. Les étudiants feraient mieux de surseoir à la grève, encore que leurs camarades emprisonnés lors des affrontements avec les forces de l’ordre ont été libérés par le juge. Inévitablement, l’année académique en cours est compromise. Même si le premier semestre peut être sauvé par endroits, le second sera forcément envisagé pour l’année prochaine. Ce qui équivaut à un redoublement pur et simple.
Le message des étudiants a été capté non seulement par la communauté universitaire mais aussi par l’opinion publique. Les autorités rectorales et décanales en tiendront forcément compte. Il ne reste plus que les mots d’ordre de grève soient levés et qu’un compromis soit trouvé au plus tôt.

23-07-2015, Moïse DOSSOUMOU


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