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Editorial : Les mal-aimés de l’école

Ils sont encore à la touche. Conformément à la volonté du ministre de l’enseignement secondaire, de la formation technique et professionnelle, ils n’ont pas encore effectué leur rentrée. Eux, ce sont les enseignants vacataires. Depuis le 18 septembre dernier, ils se tournent les pouces, attendant impatiemment que le sort leur fasse appel. Habitués à démarrer les activités pédagogiques au même moment que les enseignants permanents et contractuels, cette fois-ci, ils devront ronger leur frein, le temps que les réglages nécessaires soient faits. En attendant que les emplois du temps soient prêts, les élèves des cours publics profitent encore des vacances alors que leurs homologues des cours privés ont déjà le cœur à l’ouvrage. En avançant la date de la rentrée, le gouvernement a donné l’impression d’avoir pris toutes les dispositions pour que tout se passe au mieux. Visiblement, ce n’était pas le cas.
Dans la plupart des collèges publics, les vacataires constituent jusqu’à 80% du personnel enseignant. Depuis des années, leur précieux concours est sollicité pour combler le déficit causé par le nombre réduit des enseignants permanents et contractuels. C’est donc grâce à ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, diplômés des facultés classiques de nos universités, que les activités académiques se déroulent au mieux dans les lycées et collèges. Sans eux, les pouvoirs publics auront du mal à combler le déficit d’enseignants qualifiés. Il est vrai que le phénomène des vacataires a pris de l’ampleur du fait du chômage galopant. Aujourd’hui plus qu’hier, en l’état actuel des choses, le système éducatif ne peut se passer de leur appui. C’est un fait qu’il faut avoir l’honnêteté de reconnaître.
Cette année, le ministère des enseignements secondaires a opéré une réforme dans le processus de recrutement des vacataires. Il faut croire que désormais les responsables d’établissement ne seront pas les seuls à les embaucher. En la matière, les règles du jeu ont changé. Malgré eux, les vacataires s’y sont pliés. Dans bien de cas, ceux parmi eux dont les dossiers de candidature ont été retenus, sont déjà connus. Les listes affichées le témoignent. Mais il reste la formalité de l’embauche proprement dite. Sans emploi du temps, aucun vacataire ne peut se présenter dans un lycée ou collège pour dispenser des cours. Par un courrier en date du 14 septembre, signé du directeur de cabinet du ministre de l’enseignement secondaire agissant au nom de son supérieur hiérarchique, les vacataires ne sont pas les bienvenues dans les établissements scolaires avant le mois d’octobre.
Dans le souci de respecter scrupuleusement les quotas horaires des enseignants permanents, les vacataires sont d’abord mis de côté. On ne peut en vouloir au ministre qui est habité par la volonté de voir les enseignants recrutés exécuter convenablement leurs cahiers de charges. Mais dans le même temps, les vacataires constituent un maillon essentiel de la chaîne du système éducatif. Il aurait été plus simple d’opérer tous ces réglages avant le 18 septembre. Si le gouvernement a jugé utile d’avancer la date de la rentrée, c’est qu’il s’est senti capable de lancer véritablement les activités académiques dès le premier jour. Une semaine après, sur le terrain, l’heure est encore aux balbutiements. Les apprenants se prélassent toujours, car le gros lot des enseignants que sont les vacataires ne sont pas encore autorisés à renouer avec la craie. A la fin de l’année scolaire, les autorités se plaindront des mauvais résultats, oubliant en ce moment-là, que le ver est dans le fruit.

26-09-2017, Moïse DOSSOUMOU


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