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Editorial : Ministre… malgré tout

Il n’est plus membre du gouvernement. Mais il demeure néanmoins ministre d’Etat. La clarification de la posture de Pascal Irenée Koupaki dans l’appareil d’Etat est la plus grande curiosité qu’offre le remaniement ministériel intervenu le vendredi 27 octobre dernier. Il a fallu plusieurs mois d’attente, de rumeurs et de supputations diverses avant que Patrice Talon ne se décide à passer à l’acte. Dans l’optique des législatives de 2019, il était annoncé une recomposition majeure de l’équipe gouvernementale. Mais en fin de compte, l’opinion n’a eu droit qu’à une légère restructuration des proches collaborateurs du chef de l’Etat. A quelques exceptions près, la charpente gouvernementale a été conservée telle qu’elle a été confectionnée le 6 avril 2016. De 21 ministres, nous en sommes aujourd’hui à 22. Précision majeure, Pascal Irenée Koupaki perd sa qualité de membre du gouvernement.
Conformément à l’article 54 de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990, le président de la République a pris un décret de nomination des membres du gouvernement qui a reçu au préalable l’avis consultatif du bureau de l’Assemblée nationale. Dans la même journée, il a pris un autre décret portant nomination du secrétaire général de la présidence de la République qui l’élève au rang de ministre d’Etat. Ces deux actes administratifs pris séparément démontrent la volonté du chef de l’Etat de procéder à une clarification. Depuis le 6 avril 2016, Pascal Irénée Koupaki officie en qualité de secrétaire général de la présidence de la République. Le fait de l’avoir inséré au départ sur la liste des membres du gouvernement était en soi une anomalie qui vient d’être corrigée. Car, bien qu’agissant en qualité de ministre d’Etat, l’ex argentier national n’avait pas sous sa responsabilité un département ministériel, contrairement aux autres ministres.
Logé à la présidence de la République, l’influence de Pascal Irenée Koupaki n’allait pas au-delà des murs du palais de la Marina. Commis de l’Etat, les fonctions occupées par l’homme sous l’autorité de Patrice Talon le confinent à la coordination des différents services de la présidence. Il ne dispose pas comme les autres ministres d’un cabinet ou d’une administration étendue. Contrairement à Boni Yayi qui lui a donné l’opportunité d’être tour à tour, ministre du développement, des finances et de l’économie, ministre du plan et du développement puis premier ministre, Patrice Talon l’a simplement choisi à titre de proche collaborateur comme secrétaire général de la présidence de la République. La qualité de ministre d’Etat qui s’ajoute à ce titre lui confère uniquement les mêmes avantages matériels, financiers et symboliques dont bénéficient les membres du gouvernement.
Si Pascal Irenée Koupaki a consenti à occuper ce poste, c’est qu’il n’a pas vu d’inconvénient à être fragilisé, politiquement parlant. Une chose est d’être ministre et d’exercer pleinement cette fonction, une autre chose est d’être bombardé ministre et de n’être que secrétaire général de la présidence. A ce titre, il ne pourra participer aux séances du Conseil des ministres que si le chef de l’Etat l’y autorise. Même si Koupaki continue d’être présent dans la sphère de la prise des décisions, sa situation n’est pas des plus reluisantes. Au fond, ses réels pouvoirs dépendent du bon vouloir du chef de l’Etat qui continue de lui accorder sa confiance. Les jours et semaines à venir édifieront l’opinion quant aux nouvelles attributions du Secrétaire général de la présidence. Seul Patrice Talon sait pourquoi il a préféré l’avoir à ses côtés plutôt que de lui confier un ministère stratégique en bonne et due forme. Au fond, Pascal Irenée Koupaki n’est pas à plaindre. Il a fait son choix et l’assume jusqu’à nouvel ordre.

30-10-2017, Moïse DOSSOUMOU


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