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Editorial : Un peu d’humanité dans nos prisons

Il y a eu plus de peur que de mal. Vendredi dernier, l’ambiance était surchauffée à la prison civile de Kandi. Des détenus, estimés à plus de 300, ont troublé la quiétude de cette maison d’arrêt. En début de soirée, comme s’ils s’étaient préalablement concertés, ils ont tous refusé de regagner leurs cellules. Réunis dans la cour, leur sit-in assez particulier aura duré plusieurs minutes. Le motif de cette manifestation soudaine est plutôt curieux. Les prisonniers ont choisi ce mode d’expression pour réclamer, tenez-vous bien, un poste téléviseur connecté à une antenne satellite. Les pensionnaires de ce lieu de détention ne demandent que ça. Rien que ça. Juste un peu de moment d’évasion pour alléger leurs peines. Débordée par ce mouvement d’humeur, l’administration pénitentiaire a fait recours aux autorités administratives départementales et locales. En l’absence du préfet, c’est le maire de Kandi qui a réussi à calmer les ardeurs des manifestants.
Cette situation a priori anodine dénoncée par ces détenus n’est que la partie visible de l’iceberg. Nos prisons sont déshumanisées. Dans les 10 maisons d’arrêt que compte le Bénin, les conditions de détention sont chaotiques. « En dehors des problèmes liés au ratio alimentaire, les prisons béninoises sont confrontées à un problème de saturation permanente. Par exemple, celle d’Abomey, la plus vieille du pays, enregistre un taux de dépassement de près de 120% ». C’est dire que les droits humains sont constamment violés dans ces maisons d’arrêt. Chaque jour qui passe, de nouveaux détenus apparaissent et viennent gonfler le nombre existant, difficile à gérer et à maîtriser. Le comble est que nos prisons sont occupées en majorité par des personnes non encore condamnées. Les détenus à titre préventif constituent donc l’essentiel de la population carcérale.
Conscient de la situation, le gouvernement a initié quelques actions tendant à adoucir quelque peu les conditions de vie des détenus. La création d’une agence pénitentiaire, l’engagement de procédures appropriées pour le financement, la construction et l’exploitation d’une maison d’arrêt à Cotonou, à Abomey et à Parakou sont quelques-uns des chantiers ouverts par l’Exécutif. Le but étant donc de mettre fin à la surpopulation carcérale, à l’endettement de l’Etat en matière d’alimentation et de transport et d’améliorer les soins médicaux au profit des détenus. D’ores et déjà, un consultant a été recruté pour réfléchir sur la question. Ces dispositions prises par le gouvernement sont à saluer, mais elles sont loin de combler les attentes des détenus dont l’effectif s’accroit chaque jour un peu plus. Au lieu de priver de liberté les auteurs ou présumés auteurs d’infractions bénignes ou moins graves, pourquoi ne pas les punir au moyen du travail d’intérêt général ?
Sanction pénale de substitution à l’emprisonnement, le travail d’intérêt général est un travail non rémunéré, que la personne condamnée est appelée à accomplir sous la responsabilité d’un tuteur au sein d’une association, d’une collectivité publique ou d’un hôpital public. Dans ce cas de figure, le fautif conserve sa liberté, mais consacre quelques heures de son temps à réparer le tort qu’il a commis vis-à-vis de la société en travaillant gratuitement pour un organisme public pendant une période relativement courte. Le Travail d’intérêt général permet d’impliquer la collectivité publique dans un processus de réinsertion des « prisonniers en liberté », favorise leur responsabilisation et leur assure une ouverture sur le monde du travail. Il va sans dire que ce type de peine favorise la prévention de la récidive et de la délinquance. Faisons en sorte d’humaniser nos prisons, car nous sommes tous en liberté provisoire.

6-02-2018, Isac A. YAÏ


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