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En vérité : Journées déprogrammées !

Temporaire mais nécessaire. Contre l’organisation des journées culturelles et pour une optimisation du temps imparti avant les évaluations et les examens de fin d’année, le ministre de l’enseignement secondaire a pris une mesure salvatrice. En quelques lignes adressées mardi dernier aux directeurs départementaux, le Professeur Kakpo Mahougnon a tout simplement reporté, pour ne pas dire momentanément interdit, une tradition dans les établissements scolaires publics.
D’ailleurs, il fallait s’y attendre. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Dans un contexte marqué par une longue perturbation de l’année scolaire, à cause des grèves perlées, ce serait surprenant que l’heure soit encore à la détente et aux réjouissances. Déprogrammation donc des journées culturelles et concentration pour achever le plus tôt possible les programmes d’études.
Déjà, les évaluations et examens de fin d’année pointent à l’horizon. Il n’y a pas de temps à perdre. Mieux, sans une véritable course contre la montre, il serait impossible de terminer les programmes et de prétendre rattraper les apprenants des établissements privés. Alors, de deux choses l’une. Si l’option d’étudier et de brillamment réussir à son examen est clairement faite, souffrons que l’utile passe avant l’agréable. Ou, si vous voulez, que la gestion du temps, visiblement insuffisant pour les cours et les révisions, amène les décideurs à opérer des choix forts.
Toutefois, cela n’enlève rien à l’importance de cette traditionnelle pause récréative et à cette unique occasion de célébrer les artistes en herbe. Généralement sur une semaine au maximun, dans nos établissements publics comme privés, journées culturelles riment avec la promotion de la culture et la révélation des talents cachés.
Aussi, viennent-elles parfois corroborer une série d’apprentissages au sein des groupes musicaux et troupes théâtrales encadrés par des enseignants. Autrement, sans journées culturelles, il serait difficile d’avoir une tribune à offrir aux anonymes élèves aujourd’hui mais, peut-être, talentueux artistes de demain pour prester.
En somme, spécialement cette année, pas de journées culturelles. Néanmoins, réjouissons-nous que ça ne soit que partie remise. A priori, et surtout au vu de la situation, il ne devrait pas avoir une quelconque frustration. Mais sait-on jamais ?
En attendant, à pas de charge, vers une année scolaire à sauver de justesse se dirige-t-on. Mais, j’ai bien peur, qu’à elle seule, la mise entre parenthèses des journées culturelles ne suffise pas. Les jours s’égrènent. Et, au fur et à mesure qu’approchent les vacances, et malgré les assurances des autorités politico-administratives, je redoute le pire. Quand j’entends journées culturelles classées et je vois, par exemple, classes sportives toujours actives, je m’interroge. De toute façon, pour permettre une bonne mise en place du dispositif allégé, pour une préparation efficace des apprenants aux évaluations et examens, le ministre Kakpo Mahougnon a tranché. Pour sauver ce qui peut encore l’être, la contrainte est désormais sans équivoque. Pour une bonne suite et fin de l’année réaménagée, le prix à payer, c’est d’abord le renoncement aux enjoliveurs. Malheureusement au Bénin, la culture en est un. Enfin, comme beaucoup d’analystes, le ministre Kakpo Mahougnon le pense. Et je continue de croire que c’est, tout simplement, une question de logique.

31-05-2018, Angelo DOSSOUMOU


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