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En vérité : L’excellence au Bac… et après ?

L’examen du Baccalauréat, session de juillet 2018, a livré entièrement son verdict. Les candidats et les parents sont fixés sur leur sort et chacun sait maintenant à quoi s’en tenir. Pendant que les lauréats se préparent pour entamer les études universitaires, ceux qui n’ont pas réussi à décrocher le graal se remettent en cause. Ils prendront, au cours de la prochaine année scolaire, le temps de reculer pour mieux sauter. Quant à la direction de l’Office du Bac, elle tourne tout doucement la page et se remettra en selle d’ici quelques mois pour le compte de la prochaine édition. Comme à l’accoutumée, avant de fermer la parenthèse des émotions, Alphonse da Silva, directeur de l’Office a réservé le meilleur pour la fin. Passée l’étape de la proclamation des résultats et des épreuves complémentaires, il était de bon ton de porter à la connaissance de l’opinion l’exploit réalisé par les lauréats les plus méritants.
Gounou Ismaël Rezaould Adam Soulé, en provenance du collège catholique Notre-Dame de Lourdes de Porto-Novo a réussi à se démarquer du lot. Le premier au Bac 2018 obtient la mention « Très bien » avec une moyenne de 17,81. Au total, 41 nouveaux bacheliers ont principalement misé sur l’excellence en décrochant la mention « Très bien ». En réalisant une telle prouesse, ils s’offrent de belles perspectives pour la suite de leurs études. De fait, ils devraient bénéficier, tous autant qu’ils sont, des bourses d’excellence, ici et ailleurs, dans les filières de formation de leur choix. Ces cerveaux méritent d’être traités avec le maximum de considération par les pouvoirs publics. Des milliers de candidats ont réussi au Baccalauréat. Mais seulement 41 ont obtenu la mention « Très bien ». Dans des pays dignes du nom, ces génies sont vite récupérés, encadrés et orientés vers les meilleures formations dans de meilleures conditions.
Hélas ! Il n’est pas rare de voir au Bénin des bacheliers de cet acabit traîner par dépit leurs bosses dans les facultés classiques et écoles de formation professionnelle des universités publiques. Les plus chanceux parviennent à étudier à l’extérieur. Là encore, ils ne sont pas toujours inscrits dans des universités cotées des pays industrialisés. Ils se contentent malgré eux des destinations de seconde zone. Les bacheliers boursiers béninois admis dans des universités de renom en Europe et en Amérique peuvent être comptés du bout des doigts. Et même quand ils y vont, ils sont très vite repérés par les services de détection des cerveaux de leurs pays d’accueil qui s’empressent de leur faire des offres professionnelles alléchantes. C’est ainsi qu’au fil du temps, le Bénin devient pour eux une seconde patrie dans laquelle ils se rendent sporadiquement, avec, tenez-vous bien, des passeports d’autres nationalités. Depuis des années, ce phénomène perdure.
A quoi ça sert de former des élèves brillants au Bénin pendant 13 années consécutives, si on considère le temps passé au primaire et au secondaire, pour qu’ils aillent prêter leurs compétences à d’autres nations après l’obtention du Baccalauréat ? A la direction des bourses et secours universitaires, il faut impérativement un changement de paradigme. Primo, tous les bacheliers qui décrochent la mention « Très bien » devraient bénéficier des bourses d’excellence dans des universités de grande réputation à l’international. Secundo, par un mécanisme qui sera mis en place, ces génies devront donner des gages de leur retour au pays après leur formation pour le servir, ne serait-ce que pendant quelques années. Tertio, que des partenariats soient négociés et signés par les autorités avec certaines grandes universités qui forment dans des spécialités pointues afin que les bacheliers d’un profil déterminé y poursuivent leur cursus pour le compte du Bénin. C’est, entre autres, par ces procédés que l’excellence au Bac aura tout son sens.

30-08-2018, Moïse DOSSOUMOU


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