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Le lac Nokoué : Une mine d’opportunités pour l’économie bleue

En dépit de son état de déliquescence, le lac Nokoué continue de donner l’espoir à travers un éventail d’opportunités, qui attendent d’être impulsées en faveur de l’économie bleue.

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A perte de vue, le lac Nokoué offre un visage peu reluisant. Depuis l’embarcadère de Calavi, à 12 kilomètres de Cotonou, les barrages de branchages et des nasses-pièges se succèdent sans fin. La jacinthe y a étalé son lit, formant des iles verdoyantes, comme pour protéger les poissons des rayons doux du soleil de ce lundi matin.
Cependant, les populations ne perdent pas espoir. En témoigne l’engagement des femmes de la coopérative « Togblé, Tognon », spécialisées dans la transformation de la jacinthe d’eau. Pour Agnès Kpakpo et ses paires, sur le lac, toute menace est une opportunité. « Cette plante invasive menace les activités de la communauté. Quand ça apparait, on ne peut rien faire. Mais nous avons compris comment en tirer profit pour la fabrication d’objets artisanaux », confie-t-elle.
Avec une superficie d’environ 150 km2, le lac Nokoué forme avec la lagune de Porto-Novo, le plus important plan d’eau continental du Bénin, du point de vue de son étendue, de sa productivité et de son exploitation. Mais, il est de plus en plus menacé par la pollution du fait des activités anthropiques, les pratiques de pêche et la jacinthe d’eau.

La jacinthe qui sourit aux femmes
Véritable cauchemar des pêcheurs, la transformation de cette espèce invasive fait vivre des hommes et femmes du Nokoué. C’est inimaginable. Mais selon les membres de la coopérative, « Togblé, Tognon », elles sont en mesure de fournir, avec l’appui nécessaire, des alternatives judicieuses aux sachets plastiques non dégradables. Les sacs à main et les corbeilles, fabriqués à partir de la tige séchée de la jacinthe sont très appréciés, au dire de Agnès Kpakpo, par la clientèle. « Ce sont des sacs résistants, biodégradables et réutilisables. Nous avons été à plusieurs foires commerciales et les gens ont aimé. Les touristes qui viennent visiter notre cité lacustre n’hésitent pas à partir avec. Ce qui fait que chacun des membres de la coopérative peut avoir jusqu’à 5.000 Francs Cfa par semaine », affirme Agnès Kpakpo.

Du compost pour le maraîchage
Au détour de Ganvié, une descente à la rivière Sô révèle la possibilité de se servir de la jacinthe pour œuvrer pour la sécurité alimentaire. Sur place, dans le village de Gbégbomè, commune de Sô-ava, deux pêcheurs sont occupés à ramasser les feuilles de la jacinthe d’eau et à les regrouper dans une barque. « Tout ce qui est ramassé est découpé et séché pendant quelques jours. On les entasse après avec d’autres déchets, qu’on arrose. Ça finit par donner du compost qu’on utilise pour le maraichage, lâche l’un d’entre eux.
En réalité, l’initiative est impulsée par l’Ong Aced à travers le Projet de valorisation de la jacinthe d’eau par le compostage (Projec). « Le projet permet le ramassage de la jacinthe qui, une fois transformée est utilisée sur les périmètres de maraichage. C’est une manière de contribuer à la sécurité alimentaire, à la réduction des émissions des gaz à effet de serre et la protection durable de la biodiversité du Nokoué », explique Franklin Agbandou, chargé de programme de l’Aced.
Ce projet soutenu par le Fonds français pour l’Environnement mondial et l’Iucn a permis de transformer entre 2013 et 2015, 2232 tonnes de jacinthe d’eau en compost. En 2016, 371 tonnes de compost ont été produites à partir de 630 tonnes de jacinthe d’eau collectées. Ces bio fertilisants permettent aux maraichers de la commune de Sô-Ava de ne point recourir aux pesticides. « Le Lac fait face certes à des menaces de pollution. Néanmoins, il y a beaucoup à y tirer pour assurer la sécurité alimentaire, aider les populations lacustres à diversifier leurs activités génératrices de revenus sans trop impacter le lac. Ainsi, le Nokoué apportera mieux qu’on n’a jamais espéré », note Franklin.
Et il n’y a pas qu’Aced qui s’inscrit dans cette dynamique. Plusieurs organisations et Start-up croient aux potentialités du lac pour l’économie bleue, puis décident d’y investir. En la matière, Green Keeper Africa compte saisir les enjeux.

Un vivier de tourisme
Ganvié est connu pour être la Venise d’Afrique. Ce lundi, en moins d’une heure, une quinzaine de touristes croisent notre barque de retour de Ganvié. Selon Romain, le conducteur de la barque, la cité lacustre peut mieux. « Je crois que si on rend plus attractif Ganvié, les touristes vont beaucoup nous visiter. Sinon, les gens ne viennent découvrir que les mêmes choses et les mêmes populations précaires », déclare Romain. L’Etat le pense également. Et des actions, impliquant les quatre communes du Grand Nokoué, sont envisagées pour la réhabilitation du lac et l’aménagement de ses berges à des fins touristiques.
La plupart des zones humides du sud du Bénin, c’est-à-dire les sites Ramsar 1017 et 1018, constituent des habitats idéals pour des oiseaux migrateurs. Raison pour laquelle, le Professeur Toussaint Lougbégnon, spécialiste de l’écologie des oiseaux, estime que cela reste une opportunité à saisir, non seulement pour le tourisme mais pour la préservation de la biodiversité. « So-ava et Ganvié constituent des zones de grandes concentrations aviaires. Aujourd’hui, nous sommes autour de 581 espèces d’oiseaux connues, de passage ou résidentes au Bénin. C’est bien que nous Bénin puisse exhiber à la face du monde cette richesse importante », pense Toussaint Lougbégnon, pour qui c’est possible de faire du milieu, une réserve.

La réglementation : un préalable
Nostalgique du passé, Kèyè Hadjagoun, pêcheur et guérisseur traditionnel résidant à Guèdèvié sur le lac, conditionne tout essor économique du Nokoué à plus de rigueur dans la règlementation de la pêche. « Quand j’étais enfant, et que je suivais mon père à la pêche, on n’avait pas besoin d’aller loin avant de pêcher. Aujourd’hui, il faut s’échiner, voire faire des acadjas et attendre trois ans avant d’en bénéficier. Tout simplement parce que nous sommes nombreux, et les gens ne veulent pas suivre les règles », déplore-t-il.
De Sô-ava aux berges de Cotonou, les pêcheurs espèrent des actions pour la renaissance de la lagune. En attendant, certains vivent mieux du transport lagunaire, une autre opportunité, pour le moment beaucoup plus exploitée par la contrebande. « Nous vivons pauvres sur une richesse. Quand on aura nettoyé le lac, dégagé la berge, demain sera meilleur pour tous », projette Romain, pointant du doigt l’horizon illuminé par le soleil.
Fulbert ADJIMEHOSSOU

31-08-2017, Isac A. YAÏ, La rédaction


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