En toute sincérit : Galérer Ensemble et après ?

La rédaction 6 décembre 2019

Parlons peu, mais parlons bien. Des succès d’autrui, exiger un laurier quelconque, peu importe le rôle qu’on a bien pu jouer ou les sacrifices consentis, il faudra bien relativiser.
On ne peut nier certes à un parent, géniteur ou non, un proche, un ami, une épouse ou même une simple compagne, d’être enjoué à l’idée que son coup de main ait été salvateur, ou que sa présence constante, son attention, ses soins, ou son simple accompagnement moral aient été déterminants quant au dénouement. Pour ne pas être ingrat, ce n’est pas toujours faux.
Mais de là à prendre des postures bigarrées ou tenir des exigences insensées, on devrait savoir raison garder. Pour nos parents, on comprend. Leurs sacrifices ne sont pas des moindres. Leur mérite, n’en parlons pas. Pourtant, presque jamais, ils ne revendiquent rien. Pas les vrais en tout cas. Les irresponsables et les démissionnaires peut-être. Là n’est pas le débat.
Les tapageuses, on les connaît. Pas besoin de chercher loin, ce sont elles les ‘’j’ai souffert avec lui’’ et les ‘’on a souffert ensemble’’. Et il se fait que ce n’est pas toujours vrai.
Bien souvent, elles sont consciemment ou inconsciemment victimes d’une confusion ridicule qui procède de la difficulté séculaire à faire la part entre avoir connu quelqu’un avant ses heures de gloire et souffrir avec lui. Quelle bonne souffrance ! Quelques fois, c’est de la pure victimisation. Quand la relation finit en queue de poisson, presque jamais tu ne les verras comme de sérieuses gens, ou des personnes matures, regarder et assumer leur part de responsabilité, si ce n’est que les ‘’je l’ai connu quand il était ceci, j’ai fait ceci, et j’ai fait cela…..’’. Presque toujours des histoires cousues de fil blanc et des scénarios à dormir debout.
Il y a lieu à cette étape de clarifier la notion de souffrance. Est-ce avoir été là, du temps ou le bonhomme trimait pour régler les factures et assurer le gîte et le couvert ? Suffit-il de l’avoir connu quand il n’avait presque rien, quand ce qu’il gagnait était dérisoire sans que cela ne vous empêche de manger dedans ?
Où se trouve la souffrance quand vous l’avez connu étudiant, venu de si loin, et que vous avez partagé avec lui votre petit déjeuner pendant des mois, consciente de son potentiel et de combien il pouvait du jour au lendemain devenir un bon parti ?
Quel mérite particulier a-t-on, quand on n’a pas dormi avec quelqu’un à même la natte, des années durant, dans son taudis, au milieu d’une zone marécageuse, ou au fin fond d’une maison remplie de moustiques et inondée dix mois sur douze, la conscience claire toutefois que demain sera meilleure ?
On sait que ce n’est pas toujours par générosité et que bien souvent, tout ça a procédé d’un flair d’éléphant.
Maintenant, admettons que ce soit vrai, que l’on ait réellement souffert. Que revendique-t-on au juste ? Ça doit se savoir, être continuellement le centre de l’attention d’une personne nécessite un investissement quotidien. Connaître son passé ne suffit toujours pas. A bon entendeur, salut !



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