En vérité : Diplomatie en ébullition !

Angelo DOSSOUMOU 13 décembre 2017

Il n’y a pas deux sans trois. En une semaine, les bonnes nouvelles se sont multipliées pour la diplomatie béninoise. Et, comme par hasard, elles ont spécifiquement des saveurs féminines. Après Madame Reine Alapini Gansou élue juge à la Cour pénale internationale, c’est la Directrice générale du Fmi, Christine Lagarde qui a honoré le Bénin de sa visite. Aussitôt partie, c’est Michaëlle Jean, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) qui rehausse l’image du Bénin de sa présence.
En définitive, en cette fin d’année, ça bouge dans tous les sens pour la diplomatie béninoise. J’exagère à peine. En une semaine, elle a pratiquement fait mieux qu’en un an. Au cours de cette année, mes souvenirs n’ont retenu que le passage de Doris Leuthard, la présidente de la confédération Suisse. Si, a priori, l’enjeu de la visite de la Secrétaire générale de l’Oif n’est pas tout aussi perceptible que celui du Fmi, c’est tout de même l’accord-cadre « libres-Ensemble » à signer.
En clair, en termes de retombées immédiates, ce n’est pas fameux. Mais, cette priorité de l’Oif qui prône l’unité dans la diversité et une jeunesse formée et proactive n’est pas anodine. D’ailleurs, l’Oif se définit comme une plateforme de financement participatif, de formation et est un creuset politique.
En somme, en une semaine, la diplomatie béninoise, jusqu’ici amorphe et qui a laissé une triste impression lors de la dernière visite du président Talon à Paris, a émerveillé. En tout cas, elle retrouve des couleurs. Comme s’il fallait le tonitruant échec de Paris, pour la remettre en selle, elle gambade et multiplie les offensives. Tant mieux !
Mais, pour véritablement décrocher des lauriers, il est impérieux qu’en 2018 et au-delà, qu’elle continue dans cette dynamique. Autrement, cette semaine diplomatiquement riche ne serait qu’anecdotique. Ainsi, pour renforcer l’image de la destination Bénin à l’international, le ministre Aurélien Agbénonci et ses collaborateurs devront davantage redoubler d’ardeur. Car, tant qu’à Cotonou, ne défileront pas des présidents de grande notoriété, on fera toujours à la diplomatie, marquée du sceau de la Rupture, le procès de l’immobilisme et du manque d’ambition.
D’ailleurs, si par le passé, l’argument du manque d’infrastructures a longtemps tenu, il est désormais inopérant. Depuis, que la présidente Suisse Doris Leuthard, la Directrice générale du Fmi, Christine Lagarde et dès ce jour, Michaëlle Jean de l’Oif ont été et seront convenablement logées à Cotonou, il n’y a pas de raison que d’autres personnalités, même plus prestigieuses, ne le soient pas.
C’est dire qu’en 2018, le défi diplomatique devrait être tout autre. Plus d’offensives, plus de retombées et pas de répit. Mieux que la gloire d’une semaine, il faut, à la diplomatie béninoise, pérenniser et oser pour qu’il ne soit pas dit que le hasard fait parfois de bonnes choses. De toute façon, pour son développement, le Bénin a besoin de coopérations bilatérales et multilatérales agissantes. Nos diplomates doivent aller les chercher et les renforcer. Et, malheur à eux, s’ils ne bougent pas et surtout ne triomphent pas. Malheur à eux et malheur au Bénin !



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