En vérité : Imposteurs pour moustiquaires imprégnées !

Angelo DOSSOUMOU 27 septembre 2017

L’alerte donnée contre les indélicats n’aura pas suffi. Les précautions pour éviter la corruption autour d’une campagne de bienfaisance lancée en juillet dernier n’y ont rien changé. Toujours prêts à tout pour se faire de l’argent, il y a de ces Béninois qui, au grand jour et au grand dam des Ptf et des gouvernants, étalent leur cupidité et leur inhumanité. Avant même la phase de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées à longue durée d’action aux Béninois, des dénonciations sur des actes répréhensibles pleuvent déjà. Cette semaine, il a été révélé, à l’issue de la phase de dénombrement des ménages, une explosion de la population de Lokossa.
Tenez ! Sur une estimation initiale de 50 000 habitants, suivant les données de l’Institut national de la statistique (Insae), au terme de l’opération, la population est passée à 98 000 habitants. Et, une seule raison pour expliquer ce boom démographique à Lokossa : l’imminence de la distribution gratuite des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action.
Finalement, avec cette augmentation inexplicable de ménages et d’habitants, obligation est faite aux autorités d’initier une phase de toilettage des données avant la distribution proprement dite. Encore que, si on évoque le cas de Lokossa, c’est parce qu’il est flagrant. Sur l’ensemble du territoire national, il y a des brebis galeuses. Et malheureusement, quoi qu’on fasse, je parie que toutes les moustiquaires n’iront pas à l’endroit des bénéficiaires ou, il y aura certains qui en auront en surplus.
A la vérité, au Bénin, les corrompus et les corrupteurs sont sans état d’âme. Imaginez qu’au risque de la santé de leurs compatriotes, ils détournent des moustiquaires pour aller les revendre. Des jours après la distribution gratuite, ne soyez pas surpris de les retrouver dans nos marchés. Il y a même de ces cyniques qui, comme si de rien n’était, iront bonnement dans leur jardin, les utiliser pour protéger leurs cultures maraîchères. Le comble, c’est qu’il y en a de ces voleurs de moustiquaires qui les garderont chez eux, juste pour la forme.
En somme, l’opération de dénombrement des ménages démontre que le Bénin a un sérieux problème sociétal à résoudre. Bien vrai, la pauvreté règne. Mais, elle n’explique pas tout. Car, en amont, il y a souvent des cadres qui ne sont pas exempts de tout reproche.
Et sans doute à Lokossa, si la population est passée du simple au double, c’est qu’il y a certainement quelqu’un de haut perché qui tirait les ficelles à son propre profit. N’en déplaise à ceux qui pensent que le Béninois n’aime pas le gratuit et jettent tout le tort sur les pauvres populations, il y a urgence de savoir si, à l’origine, il n’y a pas de vautours qui, tout simplement, voulaient se faire de l’argent en multipliant les bénéficiaires fictifs.
A présent que le pot-aux-roses est découvert, au plus tôt, il faut situer les responsabilités et sanctionner. Sinon, mauvaise habitude, diront-ils pour camoufler un délit. Mais, à la longue, pays d’inconscients et d’égoïstes serons-nous. Et, avant qu’il



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