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Coffi Eric Lazare Akakpo, Président de Caco : « L’heure a sonné, il faut une révolution culturelle pour Ouidah »

Coffi Eric Lazare Akakpo préside depuis quelques années l’association Sonagnon et le Collectif des acteurs culturels de Ouidah (Caco). Percussionniste de profession, il dévoile ici ses ambitions pour le développement du secteur culturel dans la cité de Kpassè.

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Parlez-nous de l’association Sonagnon ?
C’est une association qui, depuis 2005, œuvre pour le dialogue interculturel et des échanges culturels entre des artistes du monde entier, sans distinction de race et de religion. Nous avons commencé par des formations aux danseurs professionnels du ballet national. Nous avons pris par Centre culturel Français d’alors avant d’évoluer au Centre artistique Africa de Ousmane Alédji. Je me suis demandé après pourquoi ne pas mettre en œuvre cette initiative dans ma ville, à Ouidah. C’est ainsi que depuis 2ans, nous avons commencé par organiser des formations sur la danse, la musique.

Comment êtes-vous passés de Sonagnon à Tambour ?
Tambour du Bénin, c’est une idée que j’avais depuis fort longtemps. J’ai toujours su qu’il y a des formations pour les danseurs, les chanteurs et les musiciens. J’ai donc démarré ce projet il y a 2ans. C’est ainsi que Tambour du Bénin est né. C’est un projet qui comporte une formation des musiciens traditionnels après des stages de percussion et des présélections. Après ça, il aura un festival qui va se dénommer tambour du Bénin et une école de percussion sera installée à Ouidah. Tout se fera ici au Bénin.

Est-ce qu’on peut dire que nos rythmes traditionnels ont évolué ?
Non, parce que la plupart de nos rythmes traditionnels vient des couvents, du vodoun, des temples et dans ce domaine, c’est toujours un cercle un peu fermé. Quand tu n’as pas accès, tu ne peux pas intégrer, cela fait que nos rythmes n’ont pas pu évoluer. Ils n’ont pas eu d’ouverture par rapport à d’autres univers malgré leurs richesses.

Quelle est votre opinion par rapport à cette identité culturelle ?
J’apprécie beaucoup le travail que bat l’Ensemble artistique national. Mais je pense qu’on pourrait toujours le faire. Les musiciens ont besoin d’une formation. Le Bénin étant un pays animiste, nous vivons ces rythmes depuis l’enfance sans savoir réellement ce que c’est. Quand on vous dit de jouer Sakpata, vous le faites sans jamais comprendre l’importance de la cloche, ses éléments constitutifs, comment harmoniser les tambours, etc. Ainsi, pour l’Ensemble artistique national, il faut un travail de base pour les musiciens qui veulent rester, le Bénin peut plus se faire voir à l’extérieur parce que quand même tu es musicien, quand tu voyages, pour collaborer avec d’autres musiciens il faudrait que dans les rythmes des autres, mais quand c’est tellement fermé, c’est difficile de trouver une ouverture pour pouvoir intégrer autre chose d’autre.

Quand vous avez des icônes comme Alladé Coffi Adolphe, Richard Adossou qui a fait l’école des sables au Sénégal, on se dit qu’un travail a été fait.
Oui j’apprécie beaucoup le travail parce que ça fait un mélange. J’ai beaucoup travaillé avec Richard Adossou, très jeune avec tellement de formations. Il y a Alladé Coffi Adolphe qui est un baobab qui est bien ancré dans la tradition. Cela a ravivé les couleurs. je parlais surtout de la musique parce qu’il nous faut créer quelque chose de nouveau à partir de ces rythmes traditionnels au lieu de continuer avec la routine de toujours.

En tant que porte étendard des acteurs culturels à Ouidah, quels sont vos projets ?
Comme je disais tout à l’heure. Quand j’ai commencé, je ne faisais rien à Ouidah. Je faisais tout à Cotonou ou à l’extérieur. Mais à un moment donné, je me suis dit pourquoi Ouidah va rester dans ce silence avec toutes ses richesses. Donc, j’ai commencé par penser énormément à Ouidah, à la richesse culturelle de Ouidah. Et je pense que Ouidah a besoin d’une réorganisation dans le secteur artistique, dans le secteur culturel. Et c’est d’ailleurs ce pourquoi on s’est mis en association. Tous les acteurs culturels, même les journalistes culturels, les écrivains, les sculpteurs, acteurs de théâtre, les danseurs, les musiciens, les sérigraphes, tous, nous nous sommes associés. Parce que, quand un secteur est organisé, on peut toujours mieux faire. Actuellement, chacun fait de son côté et on ne voit pas réellement la valeur que nous avons à Ouidah. La première chose, s’est de réorganiser ce secteur. Que les plasticiens par exemple se mettent dans une association, une organisation légale et que les danseurs et les groupes de ballet se mettent ensemble pour qu’il y ait une structure digne du nom pour chaque catégorie. Donc, c’est le premier travail que nous allons faire, et après c’est de commencer à valoriser. Parce qu’on a besoin de formation. Pourquoi ne pas inviter des experts de l’Europe pour venir nous donner des idées, des plans de développement dans notre secteur. Je pense que ce sera la première chose que nous allons faire et nous allons amener beaucoup de formation de l’extérieur pour former les jeunes danseurs, les jeunes musiciens déjà dès la base parce que nous avons déjà raté notre base. Ça prend vite dès le bas âge. Je crois que le travail que nous sommes en train de faire est pour la génération qui nous suit. Nous allons essayer de faire quelque chose pour que désormais, quand on vient à Ouidah, on sente que Ouidah est culturellement au top.

Il se fait que le Président de la République est originaire de Ouidah. Votre association n’est-elle pas un creuset de circonstance ?
Non, je ne pense pas. C’est peut-être une coïncidence. Mais c’est l’heure qui a sonné pour Ouidah. C’est notre grand frère, notre papa qui est au pouvoir. Il faut une révolution culturelle pour Ouidah. Je pense que c’est l’heure qui a sonné pour Ouidah.

Votre mot de la fin
Aux acteurs, je dirai que ce n’est pas facile de se réunir, ce n’est pas facile de collaborer, de rester ensemble pour faire un travail, et dans le monde artistique nous avons un défaut, celui de ne pas nous aimer, de ne pas pouvoir collaborer. Chacun reste dans son coin. Je demanderai à tout un chacun de ne pas rater cette chance qui est de se mettre ensemble de penser aux intérêts de la commune plutôt que de penser à ses propres intérêts. Comme ça nous pouvons rendre visible Ouidah. Je ne peux pas conclure cet entretien sans remercier le maire de la commune de Ouidah madame Célestine Adjanohoun. Elle est une femme battante qui a beaucoup donné pour que ce collectif soit effectif, pour que la culture soit appréciée à sa juste valeur dans la commune de Ouidah. Je remercie aussi le Président de la République qui a eu un grand projet pour Ouidah sur le plan du tourisme et culturel. Nous sommes en pleine organisation pour ne pas le décevoir sur le plan culturel.
Propos recueillis par Arnaud DOUMANHOUN

17-10-2018, Arnaud DOUMANHOUN


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