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Interview avec le Pdt de l’Ugdo Christophe Chodaton : « …Ouidah a un rayonnement dans le monde et une notoriété … »

Le 23 août 2017, sous la bannière de l’Ugdo-France, la communauté béninoise a commémoré à la Porte du Non-Retour à Ouidah, la Journée Internationale du Souvenir de la Traite Négrière et de son Abolition (Jistna). L’événement qui en est à sa 19ème édition, se célèbre pour la 4ème fois au Bénin. Quels sont les tenants et aboutissants de cette commémoration ? Votre journal a reçu pour vous Christophe Chodaton, président de l’Union Générale pour le Développement de Ouidah (Ugdo) section France.

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Ces jours-ci, nous avons entendu parler de l’Ugdo et de la commémoration de la Jistna. De quoi s’agit-il réellement ?
Comme nous vivons en France, nous côtoyons beaucoup d’afro-descendants. Nous sommes au courant de leurs préoccupations. Nombreux veulent faire le voyage de retour. Il faut se préparer à ce voyage-là ; et la meilleure manière, c’est de profiter de cette commémoration qui est le symbole du 23 août. C’est un symbole pour l’histoire de la traite négrière, et il est nécessaire que quelque chose se fasse de notre côté pour accompagner ceux qui expriment le désir de revenir à la source. Nous avons eu avec le gouvernement précédent, qui a compris que cette tragédie ne devrait pas être oubliée, et ensemble en 2014 nous avons commencé par organiser cette commémoration. Egalement en 2015, nous l’avons célébrée ; c’était toujours le gouvernement Yayi. J’en profite pour remercier les ministres Michel Abimbola et Paul Hounkpè. En 2016, le nouveau gouvernement n’était pas prêt et, c’est nous associations, qui avions avec nos moyens de bord assuré. C’est ainsi que l’Ugdo-France a pris pour son compte, l’organisation de la commémoration de la Journée Internationale du Souvenir de la Traite Négrière et de son Abolition (Jistna).

Pourquoi c’est l’Ugdo qui a pris le devant de cette organisation et non une association ?
Ouidah est une place de l’histoire. Ouidah a un rayonnement dans le monde et une notoriété. Je vais donner pour preuve, lorsque l’Assemblée générale de l’Unesco a accepté en 1993 de confirmer ce devoir de mémoire par un projet qui s’appelle : « Projet Route des Esclaves », on devrait choisir une seule ville dans le monde entier ; et c’était Ouidah. Le lancement de ce projet a été fait à Ouidah en 1994. Je crois que c’est un symbole fort et nous devons maintenir ce rang. C’est aussi un avantage pour Ouidah d’organiser cette commémoration, et une occasion pour moi de dire qu’on a souvent parlé de l’Ugdo-France, mais il n’y a pas que cette association. C’est un Comité de Commémoration du 23 août que nous appelons Ccom 23. Dans ce comité, nous avons l’Ugdo Bénin, l’Ugdo France, l’Ifado, Afdo-Vignilé, les cadres de Ouidah à travers Comoco, l’Institut de Développement et des Echanges Endogènes (Idee), les artisans, les scouts etc… Bien vrai que c’est l’Ugdo France qui est initiatrice de l’événement, mais le mérite revient au Ccom 23.

Quel bilan peut-on faire de la Jistna 2017 ?
Le bilan est relativement simple et peut être décliné en 5 points : D’abord, la commémoration a eu lieu. C’était une première, et un peu partout, il y avait des sceptiques, parce que nous n’étions pas accompagnés par le gouvernement. Certains se demandaient si nous étions en mesure de l’organiser tout seul. Eh bien, nous l’avons fait. Nous avons dimensionné l’événement en fonction de nos ressources. Cette année, on l’a célébré sur 2 jours, et selon les ressources, nous pouvons l’établir sur 3, 4 voire 5 jours. Secundo, je dirai que nous avons eu 4 délégations étrangères (américaine, martiniquaise, guadeloupéenne et réunionnaise). Tous ceux-là nous ont fait l’honneur de participer à nos manifestations à partir du Musée d’histoire jusqu’à la plage de Ouidah. Les messages des différentes délégations témoignent de la réussite de la Jistna 2017. Aussi, cette commémoration devient populaire. Jusque-là, elle n’était réservée qu’à quelques élites de Cotonou et du ministère. Mais nous, nous avons réussi à le faire rentrer dans la couche populaire. Nous avons eu 150 personnes à la conférence de presse au Musée d’Histoire, 250 personnes à la projection de film au Fort Français et 650 personnes à la plage de Ouidah pour la cérémonie officielle. Je dirai que c’est 5 fois plus que le monde que nous avons eu l’année dernière.
Nous avons réussi notre plan de communication qui a permis de sensibiliser la population en fon et en français. Même ceux qui n’ont pas été à l’école parviennent à discuter de la traite négrière. La population a commencé à comprendre ce qui s’est passé de l’autre côté de l’Atlantique. Ça, nous-mêmes nous ne le savions pas, ils ont appris et ils sont demandeurs de la pérennisation de cette commémoration. Donc, la population de Ouidah a montré l’intérêt qu’elle porte désormais à la Jistna.
Le dernier point que je peux soulever dans ce bilan, est que nos invités ont goûté aux mets du terroir. Nous avons ressuscité les recettes anciennes qui commençaient à disparaitre. Je vais citer pêle-mêle : le féchouada, le sarabouya, le bèoundjou qui est une sorte de crêpe de gari, il y a le lèlè, le andou, le cohouncada en noix de coco, le ata etc… Puis, c’était un plaisir pour eux de voir la cuisson de tévi (l’igname) sur place, ce qu’ils ont mangé chaux. La boisson qui l’accompagnait : il y avait le atan, un peu de Tchakpalo, le jus d’ananas ou le jus de fruit de la passion pressé ou le lait de coco frais. On est sorti un peu des mets classiques européanisés pour montrer à nos invités et à nous-mêmes, cette facilité que nous avons à ressortir les recettes anciennes.

Pourquoi avez-vous choisi le 23 août pour commémorer la Jistna ?
Cette date a été choisie par l’Unesco. En effet, en 1993, l’Unesco, sous l’impulsion de l’Haïti et du Bénin, a suscité le projet Route de l’Esclave. Ce projet contient plusieurs volets dont ce devoir de mémoire. L’Unesco, en 1998, en son assemblée générale a décrété le 23 août comme Journée Internationale du Souvenir de la Traite Négrière et de son Abolition (Jistna). Pourquoi cette date, pour être précis, c’est dans la nuit du 22 au 23 août 1791 qu’il a eu la plus grande révolte des esclaves à Saint Domingue, actuel Haïti. Il faut signaler que les esclaves se révoltaient tous les jours pour sortir des conditions ignobles dans lesquelles ils vivaient et travaillaient. Il y a le marronnage, ceux-là qui fuyaient, qui étaient parfois attrapés et tués. Donc au péril de leurs vies, il y avait des luttes. Selon tous les historiens, cette révolte de la nuit du 22 au 23 août a été la plus grande, et a été à la base de l’abolition de l’esclavage. Il y avait plus de 1000 maîtres de plantations tués, plus de 1500 habitations brûlées, et les Européens, donc les négriers ont compris qu’il fallait négocier. Donc, c’est une date qui a marqué l’histoire de l’esclavage. Elle a été choisie par l’Unesco et quel que soit le jour, lundi, mardi ou mercredi, on la célèbre.

Parlez-nous des objectifs de l’Ugdo
Déjà, l’objectif de développement est immense. Si nous arrivons à nous concentrer sur le développement, ce serait une bonne chose. Mais avant le développement, nous avons l’union, l’union pour le développement. Dans cette union, nous avons beaucoup de manifestations pour pouvoir être ensemble, pour pouvoir nous souder. Il y a notamment le Gléxwé xwé que nous organisons souvent ensemble ; cette fête permet aux membres d’une même famille de Ouidah de se retrouver. C’est l’occasion de se rencontrer et ensuite nous faisons connaitre l’histoire et la culture du Bénin et de Ouidah à travers d’autres manifestations que nous organisons en France.

Quels sont vos projets pour le développement de la ville de Ouidah ?
Le gros de notre travail, ce qui consomme le plus notre budget, ce sont nos projets pour Ouidah. Nous en avons réalisé un certain nombre. Je cite par exemple la mise en place de micro crédits au profit de plus de 400 bénéficiaires. Actuellement, ce projet est mis en veilleuse. Nous avons amélioré les conditions de vie des enfants de l’orphelinat de Ouidah en mettant les objets de première nécessité à leur disposition, des volailles dans leur bassecour, en équipant le laboratoire d’analyses médicales. Tout ceci permet de créer des activités génératrices de revenus et d’assurer la prise en charge rapide des enfants aussi bien médicalement que financièrement. Nous avons initié également le projet insertion professionnelle des jeunes pour 18 jeunes hommes et jeunes dames de la ville. Ils sont pour la plupart des tailleurs, menuisiers, électriciens, couturières, coiffeuses, etc., à avoir bénéficié de l’Ugdo, un don pour créer leur propre emploi et pouvoir s’installer. En 2016, au Ceg 2 Gbènan de Ouidah, nous avons réalisé un module de 3 classes équipées avec un magasin et un bureau de directeur. Actuellement, au Ceg 3 d’Agondji, nous sommes en train de construire un module de 4 classes entièrement équipées, et dont l’inauguration se fera le 03 octobre prochain.

21-09-2017, Alassane AROUNA


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