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Père Clément Marie Bonou au sujet de la fête de Toussaint : « La sainteté n’est pas une voie réservée à une élite »

Les chrétiens catholiques célèbrent demain les saints et le2 prochain les défunts. Deux fêtes qui se suivent sans pour autant avoir les mêmes fondements. A travers cette interview, Père. Clément Marie Bonou, Frère Franciscain de l’Immaculée, fait l’historique de ces deux célébrations et précise quelques attitudes que doit avoir le chrétien à l’occasion.

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Quelle est l’origine de la Toussaint ?
Parler de l’origine de la fête de Toussaint, c’est parler de l’origine de la chrétienté. Dans le Credo, la version la plus ancienne appelée le « Symbole des apôtres » dont l’origine remonte au début du christianisme, nous lisons ceci : « Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints… ».
Mais pour l’histoire, il faudra préciser que dès le 4è siècle, l’Eglise syrienne consacrait un jour à fêter tous les martyrs dont le nombre était devenu si grand qu’il rendait impossible toute commémoration individuelle. Trois siècles plus tard, dans son effort pour christianiser les traditions païennes, le pape Boniface IV transformait un temple romain dédié à tous les dieux, le Panthéon, en une église consacrée à tous les saints. Cette coutume se répandit en Occident, mais chaque Eglise locale les fêtait à des dates différentes jusqu’en 835, où la fête fut fixée au 1er novembre. Dans l’Eglise byzantine, c’est le dimanche après la Pentecôte qui est consacré à la fête de tous les saints.

Quelle est la signification de cette fête ?
Comme son nom l’indique, la Toussaint est la fête de tous les saints. Chaque 1er novembre, l’Église honore ainsi la foule innombrable de ceux et celles qui ont été de vivants de lumineux et témoins du Christ. Si un certain nombre d’entre eux ont été officiellement reconnus, à l’issue d’une procédure dite de « canonisation », et nous sont donnés en modèles, l’Eglise sait bien que beaucoup d’autres ont également vécu dans la fidélité à l’Evangile et au service de tous. C’est bien pourquoi, en ce jour de la Toussaint, les chrétiens célèbrent tous les saints, connus ou inconnus. Cette fête est aussi l’occasion de rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté, par des chemins différents, parfois surprenants ou inattendus, mais tous accessibles.
La sainteté n’est pas une voie réservée à une élite : elle concerne tous ceux et celles qui choisissent de mettre leurs pas dans ceux du Christ. Le pape Jean-Paul II nous l’a fait comprendre en béatifiant et canonisant un grand nombre de personnes, parmi lesquelles des figures aussi différentes que le Père Maximilien Kolbe, Edith Stein, Padre Pio ou Mère Térésa…et même des politiciens comme Thomas Moore.
Le Pape François, dans sa dernière exhortation « Gaudete et Exultate » disait bien : « Les saints qui sont déjà parvenus en la présence de Dieu gardent avec nous des liens d’amour et de communion. Le Livre de l’Apocalypse en témoigne quand il parle des martyrs qui intercèdent : « Je vis sous l’autel les âmes de ceux qui furent égorgés pour la Parole de Dieu et le témoignage qu’ils avaient rendu. Ils crièrent d’une voix puissante : ‘‘jusqu’’ à quand, Maître saint et vrai, tarderas-tu à faire Justice ?’’ » (6, 9-10). Nous pouvons dire que « nous nous savions entourés, conduits et guidés par les amis de Dieu […] Je ne dois pas porter seul ce que, en réalité, je ne pourrais jamais porter seul. La troupe des saints de Dieu me protège, me soutient et me porte ».
La vie de ces saints constitue une véritable catéchèse, vivante et proche de nous. Elle nous montre l’actualité de la Bonne nouvelle et la présence agissante de l’Esprit Saint parmi les hommes. Témoins de l’amour de Dieu, ces hommes et ces femmes nous sont aussi proches par leur cheminement, ils ne sont pas devenus saints du jour au lendemain. La Toussaint a été longtemps célébrée à proximité des fêtes de Pâques et de la Pentecôte. Ce lien avec ces deux grandes fêtes donne le sens originel de la fête de la Toussaint : goûter déjà à la joie de ceux qui ont mis le Christ au centre de leur vie et vivre dans l’espérance de la Résurrection.

Quelle est la différence entre la fête de la Toussaint et celle des défunts ?
A la fête de la Toussaint, l’Église honore la foule innombrable de ceux et celles qui ont été de vivants et lumineux témoins du Christ. Par contre, le 02 novembre, après avoir célébré tous les saints, les catholiques prient pour leurs défunts. Dans la lumière de la Toussaint, cette journée du 02 Novembre est pour les chrétiens l’occasion d’affirmer et de vivre l’espérance en la vie éternelle donnée par la Résurrection du Christ. C’est bien pour signifier cela, qu’à l’occasion de ces célébrations, un grand nombre de personnes se rendent dans les cimetières pour honorer leurs proches disparus et fleurir leurs tombes.

Quelles sont les attitudes que le chrétien doit avoir au cours de cette fête ?
Un grand désir d’être saint ! Un grand désir de voir Dieu un jour face à face. Désirer d’être saint, ce n’est pas de l’orgueil…c’est un devoir qui découle du baptême. Un chrétien baptisé est appelé à la sainteté. Ecoutons encore le Pape François à ce sujet dans Gaudete et Exultate : « Soyez dans la joie et l’allégresse » (Mt 5, 12), dit Jésus à ceux qui sont persécutés ou humiliés à cause de lui. Le Seigneur demande tout ; et ce qu’il offre est la vraie vie, le bonheur pour lequel nous avons été créés. Il veut que nous soyons saints, il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance. En réalité, dès les premières pages de la Bible, il y a, sous diverses formes, l’appel à la sainteté. Voici comment le Seigneur le proposait à Abraham : « Marche en ma présence et sois parfait » (Gn 17, 1).

Pourquoi sommes-nous appelés à prier pour les défunts dans le mois de novembre ?
C’est toujours dans la ligne de la communion des saints. La conviction que les vivants ont à prier pour les morts s’est établie dès les premiers temps du christianisme. L’idée d’une journée spéciale de prière pour les défunts dans le prolongement de la Toussaint a vu le jour avant le Xe siècle. Le lien ainsi établi avec la fête de tous les saints répond à une vue cohérente : le 1er novembre, les catholiques célèbrent dans l’allégresse la fête de tous les saints ; le lendemain, ils prient généralement pour tous ceux qui sont morts.
Par ce jour consacré aux défunts, l’Église signifie aussi que la mort est une réalité qu’il est nécessaire et possible d’assumer puisqu’elle est un passage à la suite du Christ ressuscité. Dans la lumière de la Toussaint, cette journée est pour les chrétiens l’occasion d’affirmer et de vivre l’espérance en la vie éternelle donnée par la résurrection du Christ. L’Evangile de la messe du jour de prière pour les défunts rappelle ces propos du Christ :
« Tous ceux que le Père me donne viendront à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. Car je ne suis pas descendu du ciel pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de celui qui m’a envoyé. Or, la volonté du Père qui m’a envoyé, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite tous au dernier jour. Car la volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle ; et moi, je les ressusciterai au dernier jour. » (Jean 6, 37-40). C’est cette foi qui anime les fidèles chrétiens catholiques.

En quoi cette période est utile pour les âmes du purgatoire ?
Il faut remonter à l’histoire de l’Eglise. En 998, le monastère bénédictin de Cluny instaura la commémoration de tous les frères défunts, le 2 novembre. Cette pratique s’étendit aux autres monastères, puis aux paroisses desservies par le clergé séculier. Au XIIIe siècle, Rome inscrivit ce jour de commémoration sur le calendrier de l’Eglise universelle. Cette même date fut maintenue, ainsi tous les membres défunts de la communion des saints pouvaient être rappelés en des jours successifs : les saints parvenus à la gloire du ciel le 1er novembre, et les autres le 2. Dès les premiers temps du christianisme, la conviction s’est établie que les vivants ont à prier pour les morts. Au moment de mourir, sainte Monique, mère de saint Augustin, demandait à son fils de se souvenir d’elle "à l’autel du Seigneur, partout où tu seras". Pendant le haut Moyen Âge, on célèbre l’Office des morts à l’anniversaire du décès de la personne. Et tous les puissants de ce monde, princes, rois, évêques, demandent dans leur testament des prières pour le salut de leur âme. En 998, saint Odilon, abbé de Cluny, demande à tous les monastères dépendants de son abbaye de célébrer un office le lendemain de la Toussaint pour "la mémoire de tous ceux qui reposent dans le Christ". Cet usage s’est répandu à toute l’Église et y demeure aujourd’hui. Penser et prier pour ceux que nous avons aimés fait partie de notre foi. Mais n’oublions pas qu’on peut aussi leur demander de prier pour nous, de s’associer aux difficultés de notre vie et, le jour venu, de nous aider à faire, à notre tour, le grand passage. Vivre dans la mémoire de nos disparus ne doit pas être considéré comme mortifère et déprimant. C’est au contraire un vrai témoignage de foi dans la résurrection et la vie éternelle. La prière pour les défunts est, en matière de traditions religieuses, la pratique la plus répandue. Ces prières évoquent les âmes du purgatoire dans le mystère de la communion des saints, et donc dans leur relation avec les vivants. Elles sont également faites dans l’espoir d’améliorer la condition des morts, s’ils en sont encore au stade d’une purification. Elles peuvent avoir des formes variées : pensée ou prière spontanée en direction de ceux qui nous sont chers, prière plus formelle ou encore mention dc leurs noms au cours d’une messe. La visite au cimetière le Jour des morts est une tradition très ancienne.

Votre mot de la fin
Un journaliste demandait un jour à Mère Teresa de Calcutta : « Ma Mère, que faut-il changer dans l’Eglise pour qu’Elle réponde à sa mission ? ». La Sainte Mère répond ; « Vous et moi ». Oui, c’est bien cela la Sainteté… notre propre changement dans le sens du bien. C’est cela …Mettre Dieu au cœur de sa vie. Nous sommes en pèlerinage dans cette vie et nous la quitterons un jour pour rencontrer l’Eternel ! La Toussaint célèbre la victoire de Dieu et la victoire de l’humanité sur les puissances du mal. Réussite de Dieu, réussite de l’homme.
Réalisation : Hospice KOUMONDJI (Stag)

31-10-2018, La rédaction


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