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1 mois après l’avènement de la Rupture : La classe politique toujours attentiste

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Une classe politique endormie sous une démocratie ensoleillée. C’est le Bénin de la rupture, sinon du Nouveau départ pour rester collé au langage politique actuel. Une nouvelle ère qui plonge curieusement les acteurs politiques dans une torpeur énigmatique. En effet, un mois après l’installation du nouveau régime, c’est le calme plat au niveau de l’animation de la vie politique nationale, bien que le gouvernement Talon ne se soit pas muré dans une inertie. Trois conseils des ministres décisifs et la rupture pose ses marques dans une indifférence inexpliquée de la classe politique. Même les propos du Chef de l’Etat à Paris et la réconciliation avec son prédécesseur à Abidjan, qui ont suscité de vives réactions, notamment dans le rang des acteurs de la société civile n’ont pas suffi à réveiller les animateurs du jeu politique. Au-delà de l’état de grâce accordé à tout nouveau régime, il faut remarquer que Talon, le sponsor politique a les faveurs de ses ‘‘amis’’. La plupart, sinon que tous jouent à la prudence. Qui sera le pourfendeur d’un régime qui vient à peine de naître ? Dans un pays où la peur d’appartenir à l’opposition donne lieu aux transhumances les plus sordides au sein de la classe politique, il n’est pas à craindre que les obstacles surgissent de sitôt sur la route de la rupture. Tous les feux sont au vert. La classe politique est tétanisée par l’état de grâce et le régime Talon peut s’en réjouir. C’est un terrain propice pour l’élaboration et la mise en œuvre des réformes.

A quand le réveil ?
L’animation de la vie politique nationale est une mission dévolue aux partis par la Constitution du 11 décembre 1990. C’est dire qu’il faut bien, pour leur survie, que ces acteurs se décident à quitter leur torpeur pour une contribution objective à l’animation de la vie politique. Déjà, la dernière élection présidentielle qui a consacré la victoire d’un homme d’affaires au sommet de l’Etat, et qui n’a pas vu une candidature politique émerger, a quelque peu fragilisé ces acteurs qui ont grand intérêt à travailler aujourd’hui pour revenir au devant de la scène. A défaut d’une opposition affichée, qui devrait selon les dispositions de l’article 4 de la Constitution, ‘’critiquer le programme, les décisions et les actions du gouvernement, développer des programmes propres’’, il faut une classe politique active qui joue sa partition et participe au débat sur les questions liées au développement de la Nation. De la pluralité des opinions naissent de bonnes idées pour le bonheur de tous. Alors, les acteurs politiques béninois doivent reprendre leur pouvoir à la société civile.

9-05-2016, Arnaud DOUMANHOUN


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