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1ère Session ordinaire de l’Assemblée nationale : Houngbédji prononce un discours d’engagement au service du peuple

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Le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, a procédé hier à l’ouverture solennelle de la première session ordinaire de l’institution pour le compte de l’année 2017. C’était à la faveur d’une cérémonie protocolaire en présence du président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, accompagné de plusieurs parlementaires Burkinabè, des présidents des institutions de la République, des membres des corps diplomatique et consulaire accrédités au Bénin, du haut commandement militaire, des chefs religieux et traditionnels, des anciens parlementaires, du Maire de Porto-Novo, Emmanuel Zossou et du Préfet du département de l’Ouémé. Deux moments forts ont marqué ladite cérémonie. Les parlementaires et les invités ont d’abord écouté l’allocution du président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, Salifou Diallo avant de suivre le discours d’ouverture du président du Parlement du Bénin, Me Adrien Houngbédji. Dans son allocution, le président Salifou Diallo a d’abord rendu hommage à son hôte avant de saluer la vitalité de la démocratie béninoise. « …J’adresse mes vifs et sincères remerciements à Son Excellence Monsieur Adrien Hounbgédji, président de l’Assemblée nationale du Bénin, brillant juriste et homme politique avisé dont le renom transcende les frontières de son pays. Monsieur Adrien Houngbédji est pour nous un exemple et je voudrais lui rendre hommage. Nous lui rendons hommage et nous le remercions de nous avoir associés à cette rentrée solennelle de l’Assemblée nationale du Bénin… », a déclaré le président Salifou Diallo.
Le président de l’Assemblée nationale du Bénin, Me Adrien Houngbédji quant à lui, a prononcé un discours axé sur le récent rejet de la prise en considération du projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990 et ce qui reste à faire par les députés pour aider le gouvernement à mieux répondre aux attentes du peuple. « …Je crois sincèrement que nous aurions pu profiter de l’opportunité que nous offrait le projet de révision, pour engager et faire aboutir ces réformes là, dont chacun reconnaît la nécessité. Je garde espoir que la fièvre tombée, notre peuple trouvera un jour, les voies qui lui permettront d’accomplir les réformes constitutionnelles indispensables à son développement. En attendant que vienne ce jour, permettez-moi de vous exprimer mes sincères félicitations pour la qualité de vos interventions. C’est en toute liberté que vous avez librement exprimé vos convictions, dans un débat riche de sens, respectueux des opinions de chacun, soucieux que vous étiez les uns et les autres, de l’intérêt supérieur de notre Pays… », a dit Me Adrien Houngbédji. Il n’a pas manqué de rendre hommage à son homologue Burkinabè, Salifou Diallo. « …Le Président Salifou Diallo est à la fois un homme qu’on présente, et un homme qu’on ne présente plus. Militant de la cause panafricaine, depuis sa jeunesse et de la lutte contre le néocolonialisme à l’Université de Dakar, puis ministre, ambassadeur, conseiller spécial, grand voyageur et enfin, Président de l’Assemblée Nationale, doté d’une grande culture, celui que nous recevons aujourd’hui est à lui tout seul, un condensé de l’histoire post-coloniale et de l’histoire récente du pays des hommes intègres, le Burkina-Faso… », a déclaré Me Adrien Houngbédji.

Lire le discours du Président Adrien Houngbédji

Distingués invités en vos rangs et qualités respectifs ;
-  Mesdames et Messieurs

Au nom du Bureau de l’Assemblée nationale, au nom de sa Conférence des Présidents, au nom de tous les Députés à l’Assemblé Nationale, et en mon nom propre, je vous souhaite la bienvenue à cette cérémonie d’ouverture de la première session ordinaire de l’année 2017.
Je vous remercie les uns et les autres,de nous honorer de votre présence, malgré les circonstances.

Je souhaite la plus chaleureuse des bienvenues, à notre invité d’honneur, mon collègue et frère, Son Excellence Salifou DIALLO, Président de l’Assemblée Nationale du Burkina-Faso, et aux membres de sa délégation.

Sa présence ici, ce matin, n’est pas un simple échange de bons procédés. Elle est plutôt le témoignage de la pérennité des liens qui existent entre nos deux pays et nos deux parlements. Elle est aussi le témoignage de notre aspiration commune à bâtir la nation africaine sur les fondamentaux que constituent la démocratie parlementaire, et la coopération interparlementaire ; l’une et l’autre contribuent sans nul doute, au développement économique et social durable de nos pays.

Ainsi qu’il l’a rappelé, le Bénin et le Burkina-Faso partagent de longues dates, une même foi dans la réalisation de l’Unité Africaine, dans la CEDEAO et dans l’UEMOA qui constituent au plan régional, des manifestations intangibles de notre foi.

Le Président Salifou DIALLO est à la fois un homme qu’on présente, et un homme qu’on ne présente plus.

Militant de la cause panafricaine, depuis sa première jeunesse, militant de la lutte contre le néocolonialisme à l’Université de Dakar, puis ministre, ambassadeur, conseiller spécial, grand voyageur, homme de culture et enfin, Président de l’Assemblée Nationale, celui que nous recevons aujourd’hui est à lui tout seul, un condensé de l’histoire post-coloniale et de l’histoire récente du pays des hommes intègres, le Burkina-Faso.

Merci Monsieur le Président et cher collègue de nous avoir honorés de votre présence. Merci pour votre message personnel d’amitié et pour celui dont vous êtes porteur, de la part du Président Rock Marc KABORE, à l’endroit du Président de la République du Bénin, Son Excellence Patrice TALON, à l’endroit de notre Peuple et de vos collègues députés à l’Assemblée Nationale du Bénin, pays de Béhanzin, de Bio-Guerra, et de Toffa, pays de la Révolution marxiste du 26 octobre 1972, devenu pays de la Conférence Nationale, et de la démocratie consensuelle de l’arbre à palabres.

Mes chers collègues,
La séance de ce jour, qui inaugure la première session ordinaire de l’année 2017, s’ouvre au lendemain de la clôture de la 3ème session extraordinaire de cette même année, que nous avons consacrée à l’étude et au débat sur le projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Débat clôturé le mardi 04 avril par un vote de rejet, faute pour le projet de révision d’avoir obtenu les ¾ de vos suffrages : 60 oui ; 22 non ; le non l’emporte. C’est la démocratie.

Chers collègues,
Ce moment fut un moment historique. Historique par la fièvre qui s’est emparée du Pays dans les jours précédents.

De cette fièvre, nous devons tirer la leçon que le peuple béninois demeure attaché à la Constitution du 11 décembre 1990 : un attachement émotionnel qui frise le fétichisme, qui frappe de suspicion toute initiative de révision et qui condamne à l’échec toute tentative de révision, et qui malheureusement laisse sans solution les problèmes réels : la peine de mort qu’il faut abolir ; la Haute Cour de Justice qu’il faut rendre opérationnelle ; la Cour des Comptes qu’il faut créer, la représentation des femmes dans les instances de décision ‘’qu’il faut améliorer’’, la réforme de notre ‘’système partisan’’ ; et j’en passe.

Je crois sincèrement que nous aurions pu profiter de l’opportunité que nous offrait le projet de révision, pour engager et faire aboutir ces réformes là, dont chacun reconnaît la nécessité, et j’ai la faiblesse de croire pour en avoir discuter avec chacune et chacun d’entre vous que nous aurions été capable de réunir le consensus sur ces points là.

Je garde espoir que la fièvre tombée, notre peuple trouvera un jour, les voies qui lui permettront d’accomplir les réformes constitutionnelles indispensables à son développement.

En attendant que vienne ce jour, permettez moi de vous exprimer mes sincères félicitations pour la qualité de vos interventions. C’est en toute liberté que vous avez librement exprimé vos convictions, dans un débat riche de sens, respectueux des opinions de chacun, soucieux que vous étiez les uns et les autres, de l’intérêt supérieur de notre Pays. Un vrai débat de parlementaires, contradictoire, argumenté, sans éclat de voix. Ce faisant, vous avez honoré l’Assemblée Nationale ; vous avez honoré le Bénin et nous buvons comme de petits laits les compliments que notre frère SALIFOU DIALLO nous a adressé tout à l’heure, à toute la classe politique béninoise et au-delà de la classe politique béninoise à tout le Bénin.

Un fait de procédure, passé inaperçu, ou sous silence, illustre mon propos : lorsqu’à la fin de la discussion générale, et en application des textes de notre Règlement Intérieur, la question fut posée de savoir quel était le mode de scrutin de votre choix, public ou secret, c’est unanimement, comme un seul homme, que vous avez choisi le scrutin public.

Vous auriez pu choisir le contraire ; car la foule grondait, les réseaux sociaux s’agitaient, vos numéros de téléphone étaient publiés, vous étiez promis à la vindicte populaire. Malgré le danger qui menaçait de toutes parts, vous avez voté publiquement ‘’pour’’ ou ‘’contre’’. Vous avez pris vos responsabilités ; publiquement. En le faisant comme vous l’avez fait, vous avez honoré notre démocratie. Car la démocratie, la vraie, est celle où chaque institution est respectée dans ses prérogatives, et non pas celle où chaque groupe d’intérêt prétend assujettir les institutions à son bon vouloir. Vous avez prouvé que vous êtes ensemble à l’Assemblée Nationale du Bénin. Vous avez prouvé qu’en dehors de vous, il ne restait que deux alternatives. Les alternatives qui nous faisaient rentrer dans une autre spirale, dans un autre système dont notre peuple a déjà fait l’expérience.

Messieurs les Présidents des Groupes Parlementaires,
Je faillirais à mon devoir si au cours de cette cérémonie solennelle, je feignais de n’avoir pas entendu les déclarations publiques que d’un côté à l’autre de l’hémicycle vous avez tenu à faire à la tribune le soir du 04 avril. Je les fais miennes ; j’en suis solidaire.

Face à ce qui n’était ni plus ni moins un appel au lynchage, vous avez fait une mise en garde, qui était un appel à la responsabilité.

L’Assemblée Nationale est le réceptacle, le point vers lequel convergent toutes les contradictions de notre société. Qu’elle explose, et c’est le Bénin qui explose. Notre principal atout dans cette institution, c’est notre cohésion ; c’est notre crédibilité. Je vous suis reconnaissant, aux uns et aux autres, de votre contribution sans cesse renouvelée, au maintien de cette cohésion et de cette crédibilité, malgré nos différences de sensibilité ; malgré nos divergences d’opinion. L’oiseau qui du haut de l’arbre, attire la pluie, ne s’en tirera lui même que comme un oiseau mouillé.

Je vous propose donc, Messieurs les Présidents, que nous en restions là, et que nous passions aux choses sérieuses.

Mes chers Collègues
Mesdames et Messieurs

Le défi le plus sérieux auquel nous sommes confrontés, est l’accompagnement parlementaire du Programme d’action du Gouvernement.
Le PAG a été présenté le 16 décembre 2016 dans un contexte national caractérisé par la morosité économique et la détérioration des conditions de vie des populations.

La perspective de sa mise en œuvre a redonné un immense espoir aux Béninois des villes et des campagnes.
Evalué à plus de 9000 milliards CFA, sur une courte période 2017-2021, ambitieux dans son contenu, dans son volume, dans la qualité et la pertinence des actions qu’il induit, le PAG donne des raisons de rêver à un mieux-être pour les populations, et constitue l’ébauche d’un plan de développement intégral.

Un programme séduisant ! A condition bien sûr qu’il soit mis en œuvre de façon rigoureuse et efficace.

C’est à la réalisation de ce programme que nous devons nous atteler. C’est à cela que nous invitent les populations lorsqu’elles nous disent aux quatre coins du pays qu’elles ont faim.

La réussite de ce programme ne sera pas la victoire d’un homme ; ni même celle d’une équipe.
Elle sera la victoire du BENIN ; elle sera la victoire de la démocratie.

La politique en général et la démocratie en particulier, ne peuvent pas continuer à promettre des lendemains qui chantent, et à repousser toujours à demain, la résolution des problèmes du quotidien.

La démocratie ne survivra dans notre pays, que si elle a un contenu concret, et apporte des solutions aux difficultés de chaque citoyen.
Elle ne survivra que si le Béninois peut manger à sa faim, se soigner, scolariser ses enfants, avoir du travail, un logement décent, la lumière électrique, rouler sur des routes praticables, donner de l’emploi à ces jeunes et du commerce à ces femmes.
Il n’y a aucune illusion à se faire : si elle n’améliore pas leurs conditions de vie, les Béninois feront échec à la démocratie.
Car comme le dit l’adage latin, ‘’primum vivere ; deinde philosophari’’. Il faut vivre d’abord avant de philosopher

Pour la première année de sa mise en œuvre, le Programme d’Action du Gouvernement s’appuie sur un budget de 2010 milliards CFA, soit pratiquement le double du budget des années antérieures.

Cela signifie que les structures impliquées doivent être plus efficaces dans la mobilisation des ressources.
Cela signifie que les capacités et les performances de l’administration publique doivent être améliorées.
Le Gouvernement en a la charge et la responsabilité.

Ce qui est de notre ressort à nous autres, Assemblée Nationale, c’est d’adopter les réformes législatives qui contribueront à cette efficacité et à cette amélioration.

Je n’éprouve aucune appréhension quant à notre capacité à relever ce défi. L’Assemblée Nationale a une conscience aigue de ses responsabilités et saura placer l’intérêt général au dessus des considérations partisanes.
Elle l’a déjà prouvé lors du vote du budget 2017, budget voté à l’unanimité, non pas suivisme, mais parce que le Gouvernement a jugé pertinents, et a pris en compte, les nombreux amendements émanés des Députés, de toutes les tendances de cette Assemblée Nationale.

L’Assemblée Nationale l’a aussi démontré, lors du vote de la loi sur le partenariat public privé, qui finira bien par être rendue exécutoire. De même pour la loi portant organisation de la concurrence ; de la loi portant réglementation des bureaux d’information sur le crédit ; de la loi relative à l’activité d’affacturage ; de la loi relative au crédit-bail ; de la loi portant régime général d’emploi des collaborateurs extérieurs de l’Etat ; de la loi portant code des marchés publics et des délégations de service public ; la loi fixant les conditions et la procédure d’embauche, de placement de la main d’œuvre et de résiliation de contrat.
Toutes ces lois ont été votées, par nous, sinon à l’unanimité, du moins à une très large majorité, avec célérité pour accompagner le Programme d’Action du Gouvernement.

Je n’éprouve aucune appréhension sur notre capacité à relever le défi, parce que nous avons nous même, Assemblée Nationale, déployé des efforts soutenus au cours de l’année 2016, pour être nous aussi, plus efficaces et plus performants.
En témoigne le Plan Stratégique de développement et de modernisation, que nous avons élaboré et adopté, qui a fait l’objet d’une Table Ronde le 05 décembre 2016, et qui est soutenu par nos partenaires techniques et financiers.

Ce plan connaît un commencement d’exécution depuis le début de cette année. Il nous permet de renforcer nos capacités de produire des lois. Il nous permet de réduire les délais de traitement des dossiers.
Il nous permet aussi d’être plus actifs sur le terrain du contrôle de l’action du Gouvernement.

Notre Parlement est déterminé à jouer sa partition, et à la jouer avec compétence et diligence.
C’est dans cet état d’esprit que nous étudierons prochainement :

- La proposition de loi fixant le régime des zones économiques spéciales ;

- La proposition de loi d’orientation relative à la promotion et au développement des micros, petites et moyennes entreprises (MPME) ;

- la proposition de loi portant règlementation des cautions et avances sur loyer des immeubles à usage d’habitation ;

- La proposition de loi portant règlementation du bail à usage d’habitation ;

- La proposition de loi portant code du numérique ;
- La proposition de loi portant identification des personnes physiques.
Et plusieurs autres qui s’inscrivent dans la dynamique du développement.

Mes chers collègues
Mesdames et Messieurs

La session ordinaire qui s’ouvre sera donc une session très active. Je sais pouvoir compter sur la disponibilité, l’assiduité, le discernement et l’esprit de tolérance de chacun d’entre vous, afin que le bilan soit satisfaisant.

Je remercie très sincèrement tous nos partenaires pour leur contribution très appréciée à nos efforts de modernisation.

Je remercie très sincèrement notre frère et collègue le président SALIFOU DIALLO pour le message d’espoir, le message d’unité, le message de solidarité qu’il a bien voulu nous adresser.

Je saisis aussi cette solennelle occasion pour remercier le personnel administratif pour son dévouement, la presse pour son accompagnement, sans oublier permettez le moi, les conducteurs de véhicules administratifs et les membres du groupe de sécurité pour leur délicate attention à mon endroit, il y a de cela cinq semaines.

Merci à tous nos invités pour leur constante sollicitude.
Je déclare ouverte la Première Session Ordinaire de l’année 2017 de l’Assemblée Nationale du Bénin.
Vive l’Assemblée Nationale ;
Vive la démocratie ;
Vive la coopération interparlementaire ;
Vive le Bénin ;
Je vous remercie.

11-04-2017, Karim O. ANONRIN


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