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Affaire perquisition au domicile de l’honorable Hinnouho : Une enquête judiciaire dans un dossier de faux médicaments

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L’opinion publique a été très vite alertée dans l’après-midi d’hier, au sujet d’une enquête judiciaire qui a conduit au domicile de dame Akinocho Karim Salamatou, épouse de l’honorable Atao Hinnouho. Les faits tels que relatés par le Directeur adjoint de la police judiciaire, le commissaire principal de police, Brice Allowanou, font état de ce que dans leur mission de lutte contre la criminalité pharmaceutique, les officiers ont réussi à mettre la main sur un trafiquant de faux médicaments, le sieur Toviessi Sourou Rock, agent de santé en service à l’hôpital de zone de Sakété, arrêté à Cotonou en possession de quarante (40) kilogrammes de ces médicaments qu’il convoyait à Ita Kpaco dans la commune d’Ifangni où se trouve son cabinet de soins privé. Désormais dans les mailles de la police, ce trafiquant aurait fini par collaborer en livrant son fournisseur, qui à son tour, a conduit les officiers au domicile de dame Akinocho Karim Salamatou, épouse de l’honorable Atao Hinnouho. « Il a accepté de collaborer à l’identification de son fournisseur. C’est ainsi qu’il a conduit les policiers sur les lieux de livraison où un livreur est venu effectivement lui remettre un emballage de sérum de 20 kg. Interpellé, le livreur a conduit l’équipe de policiers au domicile de dame Akinocho Karim Salamatou », a déclaré le commissaire Brice Allowanou.
La suite, le député a rejoint son épouse et exigé un mandat des officiers qui ont manifesté le désir de perquisitionner son domicile. Il s’en est suivi une vive protestation des populations qui très tôt, sont venues à la rescousse de leur élu. Plusieurs figures de l’opposition dont l’honorable Candide Azannaï, et l’ancien président Nicéphore Dieudonné Soglo ont aussi effectué le déplacement pour soutenir l’honorable Atao Hinnouho qui, il faut le rappeler, est également membre de la minorité parlementaire. Les officiers ont donc rebroussé chemin, et le député Hinnouho, son épouse, le chef quartier et le chef d’arrondissement sont mis sous convocation et devront se présenter à la Sous-direction des Affaires Économiques et Financières (Sdaef). « Selon des informations dignes de foi, ce domicile contiendrait d’importantes quantités de faux médicaments et c’est pour en avoir le cœur net que la Police a entrepris de procéder à la perquisition », a laissé entendre le commissaire Brice Allowanou, qui regrette des actes portant obstruction à une procédure judiciaire. L’enquête se poursuit donc.

Les faits selon la police
Mesdames et messieurs les journalistes,
Le 04 décembre 2017, sur information, le nommé Toviessi Sourou Rock, agent de santé en service à l’hôpital de zone de Sakété, a été arrêté à Cotonou en possession de quarante (40) kilogrammes de faux médicaments. Au cours de son audition, il a reconnu être le propriétaire des faux médicaments découverts dans la voiture du nommé Houndehogan Codjo. Il a ajouté qu’il est venu réceptionner ces faux médicaments auprès de son délégué médical à Cotonou et qu’il voulait convoyer lesdits produits à Ita Kpaco dans la commune d’Ifangni où se trouve son cabinet de soins privé.
Dans un premier temps, il a indiqué qu’il s’approvisionne auprès de son délégué médical qui serait à Cotonou sans aucune précision d’adresse. A la question de savoir les conditions de livraison des produits, TOVIESSI Sourou Rock a signifié que c’est depuis sa localité qu’il a commandé les faux médicaments via WHATSAPP et qu’il a été rappelé par son fournisseur, le soit disant délégué médical, pour venir les chercher. C’est pour ce faire qu’il est venu à Cotonou où ledit délégué médical l’a joint au téléphone et lui a envoyé par la suite son chauffeur qui est allé lui remettre les produits. Il a aussi dit que c’est la première fois que ce délégué médical lui livre les faux médicaments. Il a enfin ajouté qu’il n’est pas un pharmacien de profession mais qu’il a un agrément de la Centrale d’Achat des Médicaments Essentiels (CAME) qui l’autorise à vendre les médicaments essentiels.
À son second interrogatoire, il a accepté de collaborer à l’identification de son fournisseur. C’est ainsi qu’il a conduit les policiers sur les lieux de livraison où un livreur est venu effectivement lui remettre un emballage de sérum de 20 kg. Interpellé, le livreur a conduit l’équipe de policiers au domicile de dame Akinocho Karim Salamatou.
Les informations recueillies sur place ont permis de comprendre que celle-ci se trouve être la conjointe du Député Mohamed Atao Hinnouho, lequel a fait son apparition sur les lieux et s’est opposé à l’action de la police qui a senti la nécessité de perquisitionner ledit domicile.
En effet, selon des informations dignes de foi, ce domicile contiendrait d’importantes quantités de faux médicaments et c’est pour en avoir le cœur net que la Police a entrepris de procéder à la perquisition. Le Député a alors ameuté les populations et certains acteurs politiques contre les policiers pour faire obstruction à la procédure de perquisition. Des convocations ont été notifiées à l’honorable, à sa conjointe, au chef quartier et au chef d’arrondissement pour se présenter à la Sous-direction des Affaires Économiques et Financières (SDAEF).
Signalons qu’à l’occasion de l’obstruction orchestrée, le pare-brise d’un véhicule de police a été cassé. En l’état actuel de la procédure, il convient de signaler que l’enquête se poursuit.
Enfin, je dois préciser que c’est se prévalant de l’immunité attachée à son titre de Député que M. Hinnouho s’est opposé à la perquisition et a exigé la présentation d’un mandat. Le mandat, faut-il rappeler, n’est pas une exigence prescrite en l’espèce par notre droit positif. De même, il convient de préciser que l’immunité du député est attachée à sa personne et surtout à sa fonction et n’interdit pas l’accomplissement des actes de police ne nécessitant pas l’autorisation de l’Assemblée nationale.
En tout état de cause, je tiens à affirmer que mes services ont agi, jusqu’ici, dans le strict respect des textes et de la procédure.

Je vous remercie.

8-12-2017, La rédaction


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