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Après douze mois à la tête du département de l’Alibori : Le préfet Mohamadou Moussa fait son bilan et lance l’appropriation du Pag

Mohamadou Moussa, préfet du département de l’Alibori boucle ce jour 12 mois à la tête de ce département. Nommé le 22 juin 2016, Mohamadou Moussa fait le bilan et promet de faire du Programme d’actions du gouvernement (Pag) une boussole pour les 12 prochains mois.

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Fraternité : Après 365 jours passés à la tête du département de l’Alibori, quel bilan faites-vous de vos actions en faveur des administrés ?
Mohamadou Moussa : Le président de la République a fait preuve de courage et de vision en fixant les chefs-lieux des départements tout en procédant aux nominations des préfets. En effet, il était impérieux que l’administration se rapproche davantage des administrés pour les aider dans la résolution de leurs problèmes en vue du décollage des localités. Si vous interrogez nos administrés, douze mois après la mise en œuvre de ce processus de déconcentration de l’administration centrale, ils vous diront qu’ils saluent cette mesure prise par le chef de l’Etat.
Revenant à votre question, qu’il vous souvienne qu’à ma prise de fonction, j’avais souligné que l’Alibori regorge d’assez de potentialités qui n’étaient pas encore exploitées. Nous avons donc mis en place une stratégie pour attaquer le mal à la racine en amenant dans un premier temps les communautés à comprendre que le développement local passe par leur disponibilité et leurs contributions. Avec les élus communaux, nous avons cherché à instaurer une tutelle apaisée et avons recommandé que les organes communaux ou intra-communaux fonctionnent normalement. Dans ce cadre, nous avons rencontré des communes qui avaient des difficultés de leadership et nous leur avons indiqué qu’au-delà de la politique, elles doivent penser au développement.
Le département de l’Alibori est le bassin cotonnier de notre pays. Présentement, quand vous interrogez un acteur de cette filière (paysan, transporteur et commerçant), il vous confiera que sous le leadership du président de la République, le taureau a été pris par les cornes à travers la mise à disposition à temps des engrais puis l’accompagnement des producteurs. Les transporteurs qui, dès le départ, hésitaient à convoyer le coton des champs vers les usines, sont plus que jamais déterminés à jouer leur partition. Une séance-bilan sera organisée au niveau de la préfecture avec tous ces acteurs dans la perspective de capitaliser les acquis.

Vous parliez des potentialités dont regorge le département. Restons dans ce sillage pour évoquer la question du Parc W. Vu de Cotonou, l’Etat est entrain de brader le patrimoine national au profit du secteur privé. Quelle est la réalité sur le terrain ?
Le Parc W est un patrimoine de l’Etat. Mais ne perdons pas de vue que notre pays a beaucoup souffert de la mauvaise gouvernance. Conséquence, nous avons laissé main libre à des individus, voire à des étrangers qui ont pris d’assaut le parc. Ainsi, les animaux se sentant menacés se sont réfugiés sur d’autres territoires. Conclusion, l’Etat a échoué dans la gestion du Parc W.
Dans le cas d’espèce, on fait généralement appel à l’expertise des opérateurs privés pour redresser la barque. Vous comprenez avec moi qu’il ne s’agit pas, comme vous le dites, d’un bradage du patrimoine national. Le gouvernement a décidé de remettre les choses en ordre en vertu des textes qui régissent les parcs.
Les parcs du Burkina-Faso et du Niger sont présentement plus attrayants que le nôtre. Nous avons l’obligation de renverser la tendance pour engranger plus de devises.

Quelle est votre relation avec votre ministre de tutelle ?
La communication est bonne. Et nous préfets, sommes en train de bénéficier des expériences du ministre Barnabé Dassigli, qui a été par ailleurs préfet. Donc, il n’ignore pas nos difficultés et sait nous orienter à les aplanir, puis nous apporte un accompagnement dans la gestion des services déconcentrés et des communes.
Le département de l’Alibori est effectivement loin de Cotonou, mais le chef de l’Etat, via son ministre, est en train d’œuvrer pour nous doter de matériels de communication performants pour réduire cette distance physique.

Dans un an, quels sont les aspects sur lesquels les populations de l’Alibori constateront une amélioration ?
En un an, nous avons fait asseoir les services de la préfecture. Nous disposons des locaux qui abritent provisoirement les bureaux de la préfecture et la résidence du préfet. Les dispositions sont en train d’être prises pour la construction d’un siège et d’une résidence pour le préfet. Toutes choses qui montrent que les conditions de travail sont réunies. En dehors de ces moyens matériels, les moyens humains sont déjà mis à disposition. Nous avons un secrétaire général de la préfecture et deux chargés de mission du préfet. Le corps préfectoral ainsi au complet, il nous revient de prouver que nous méritons la confiance du chef de l’Etat.
Prochainement, les élus communaux et locaux doivent être formés afin qu’ils maitrisent leurs droits et devoirs pour assurer le développement local. A cet effet, des modules sont en cours d’élaboration : la déontologie administrative, la maîtrise d’ouvrage, la gestion du foncier et transfrontalière...
De même, le contenu très impressionnant du Programme d’actions du gouvernement (Pag) mérite une appropriation par les populations de chaque commune du département. Pour ce faire, nous envisageons d’effectuer une tournée de sensibilisation au niveau de chaque commune afin de mieux exposer aux populations le contenu du Pag pour les amener à aussi jouer leur partition.
Nous allons essayer, avec le concours du chef de l’Etat, de renforcer en matériel comme en personnel l’administration préfectorale.
Nous avons un département frontalier à plusieurs pays (le Niger, le Nigeria et le Burkina-Faso). Nous allons essayer, avec le concours du ministère de l’Intérieur, de matérialiser la présence de l’Etat le long de ces frontières.

Nous sommes à quelques jours de la fête du Ramadan. Quel message avez-vous à l’endroit de votre population, majoritairement musulmane ?
Au début du mois du jeûne, j’ai déjà eu l’honneur de m’adresser à la population en leur souhaitant un très bon temps de privations, de prières et de grâces. Maintenant que nous sommes à la fin, et nous nous préparons pour le Ramadan, je passe par votre canal pour leur demander à nouveau de prier pour le département, pour tout le gouvernement et aussi pour le chef de l’Etat afin que son ambition de faire reculer la pauvreté en changeant le visage du pays aboutisse. Je demande aux populations de prier également pour elles-mêmes pour changer de comportement et se sentir redevables à la nation qui a besoin de tout le monde pour son développement.

Propos recueillis par Isac A. YAÏ

22-06-2017, Isac A. YAÏ


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