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Assainissement de la ville de Cotonou : Léhady Soglo soutient le déguerpissement, mais…

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Enfin ! Le maire de la ville de Cotonou, président de la Renaissance du Bénin, s’est prononcé sur l’opération de déguerpissement des occupants des domaines publics. Léhady Soglo s’est exprimé hier à ce sujet, à l’occasion de l’ouverture de la 4e session ordinaire du conseil municipal de Cotonou. « Tout en appréciant ces opérations à leur juste valeur, nous invitons les occupants des domaines publics à libérer les lieux conformément à la décision de l’Etat central », a déclaré le patron de la municipalité de Cotonou. Le soutien du maire est sans équivoque. Il a d’ailleurs saisi la balle au bond en annonçant que le conseil communal place officiellement l’année 2017 sous le signe de la salubrité et du civisme dans la ville. Une orientation qui cadre avec la vision du gouvernement, lequel a instruit le 15 juin dernier, dans le cadre de la lutte contre l’occupation anarchique des domaines publics, le ministre du cadre de vie et du développement durable, aux fins de procéder à l’élaboration et à la mise en œuvre d’un programme de déguerpissement assorti de délai qui ne devrait pas excéder le 31 décembre 2016. Léhady Soglo est en phase avec le pouvoir sur cette question. L’échéance approche à grands pas et des agents recrutés par l’Institut géographique national (Ign) ont déjà annoncé les couleurs en marquant, en guise d’avertissement, plusieurs infrastructures érigées sur l’espace public, dans la plupart des grandes villes. Mais, il est clair que Cotonou sera de loin très affecté par cette décision.

Quid des plaintes des populations ?
Cette opération qui s’annonce comme un véritable tsunami dans la capitale économique où foisonnent des boutiques et autres centres commerciaux a suscité de vive polémique et continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. La nouvelle du déguerpissement des occupants de ces domaines devenus pour certains des espaces de survie, a créé la panique générale. C’est une couleuvre qui sera bien difficile à avaler par les Cotonois, surtout en ces temps de morosité économique. Léhady Soglo en prend la mesure et, contrairement au radicalisme du préfet Toboula, pense qu’il faut gérer le choc social que la mise en œuvre de cette mesure va engendrer : « De notre côté, nous nous faisons le devoir de nous mettre résolument à la tâche en synergie avec l’ensemble des parties prenantes pour mettre en œuvre des mesures d’accompagnement visant à amoindrir l’impact social de cette décision ».

Un langage politique bien mûri
Léhady Soglo n’a pas eu beaucoup de chance en politique ces dernières années et compte visiblement bien rebondir lors des prochains rendez-vous électoraux. Il n’est donc pas question pour le maire de perdre davantage l’estime de ses électeurs. Que faire pour à la fois préserver jusqu’à nouvel ordre une bonne collaboration avec le pouvoir, et aussi passer pour un sauveur aux yeux de ses électeurs ? Le président des renaissants a résolu l’équation. Il est d’accord pour l’opération de déguerpissement, mais met en évidence la nécessité de prise en compte de l’impact social. Pourtant, le maire de Cotonou sait que l’autorité préfectorale n’est pas dans une logique de mesures d’accompagnement. Pour le « tout puissant » Toboula qu’on ne présente plus désormais aux Cotonois, c’est la fermeté : L’espace est illégalement occupé, il faut vider les lieux de son gré, où il le fera avec la force publique. Il sera intransigeant vis-à-vis de ceux qui ne s’exécuteront pas. Le préfet du département du Littoral ne manque d’ailleurs aucune occasion pour chanter qu’il détient la force publique.
Que fera le pouvoir face au cœur d’un maire, qui visiblement, a voulu montrer qu’il est à l’écoute de ses administrés ? En tout cas, Léhady Soglo a encore l’amer arrière-goût laissé par, son échec aux élections législatives, la débâcle du parti à la présidentielle, et le difficile virage pour le contrôle du conseil communal, où il succéda à son père. Il est donc évident que le maire de la ville de Cotonou ne veuille pas passer pour un bourreau. Son langage est empreint d’une grande diplomatie et le renaissant veut saisir l’occasion pour se refaire une santé électorale. Les Cotonois l’entendront-ils de cette oreille ? Le temps nous le dira.

29-11-2016, Arnaud DOUMANHOUN


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