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Come-back politique du leader de la « Nouvelle conscience » : Koupaki comme un phénix

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Il donnait l’impression d’avoir enterré ses rêves politiques. Lui qui était omniprésent sur la scène publique s’est accordé des vacances. Il faut dire que les fonctions qui sont les siennes depuis avril 2016 ne lui permettent pas vraiment de se mettre en évidence. Néanmoins, il avait cru devoir tenir la dragée haute en jouant le rôle controversé de porte-parole du Conseil des ministres, pour ainsi dire. Cet exercice à risque ne lui a été d’aucune utilité. Bien au contraire, à ce jeu, il a laissé des plumes. Ce rôle qui lui a été attribué aux premières heures du régime du Nouveau départ n’a pas fait son bonheur. Les critiques les plus virulentes et les sobriquets dont il était affublé l’ont contraint à jeter l’éponge et à se réfugier désormais dans son bureau, loin des projecteurs.
Mais en silence, avec minutie, il préparait son retour. A présent, c’est chose faite. Samedi dernier, à l’occasion du Conseil national du Rassemblement nouvelle conscience, celui que les Béninois désignent affectueusement par Pik est enfin sorti de sa réserve. Tout de go, il prend l’opinion de court en déclarant son soutien à Patrice Talon. « Nous encourageons le président de la République à aller le plus loin possible dans les réformes et en particulier dans la mise en œuvre de la charte des partis politiques », a-t-il indiqué. Poursuivant sur cette lancée, il se met à nouveau dans la peau de l’homme politique désireux d’aller au bout du parcours qu’il a entamé.

Les années Yayi…
En 2006, Koupaki était apparu pour bon nombre de Béninois comme un intellectuel valeureux et compétent. Super ministre de Boni Yayi, il a, tour à tour, tenu les rênes du ministère du développement, de l’économie et des finances, puis du ministère de la planification et du développement. Le summum de sa présence au gouvernement fut atteint lorsqu’il a été désigné comme premier ministre. Sept années durant, Pascal Irenée Koupaki a été un collaborateur de choix de l’ex chef d’Etat. Son éjection du gouvernement, en ce temps-là, n’a pas vraiment écorché son image. Ses compatriotes voyaient en lui un technocrate accompli à même de présider aux destinées du pays. L’engouement suscité par sa candidature en 2016 et l’accompagnement dont il a bénéficié de la part des élites lui ont valu un score honorable. Arrivé cinquième, Koupaki n’a pas démérité. Dans un autre contexte, il aurait pu décrocher le graal.

Question de crédibilité
Juste après cette expérience, on l’a revu à nouveau au gouvernement avec cette fois-ci, Patrice Talon comme chef d’Etat. Nommé ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République, Pascal Irenée Koupaki est tombé en disgrâce. Avec grand étonnement, les populations l’ont vu annoncer et justifier des mesures qu’il trouvait pertinentes alors qu’il était aux côtés de Boni Yayi. La dualité du personnage ainsi révélé n’a pas été en sa faveur. Il a dû, malgré lui, se retirer de la scène publique. Visiblement, il a retenu la leçon. Samedi dernier, il faisait une confidence à ses militants en ces termes : « A l’épreuve de l’action du nouveau départ, j’apprécie les encouragements, je prends bonne note de vos commentaires, j’entends aussi vos récriminations et déceptions. J’analyse les incompréhensions qui ont fait dérouter certains parmi nous ».
Ce qui compte à présent, c’est que le secrétaire général de la présidence redore son blason. En exprimant son adhésion au Bloc progressiste, il signe son retour en politique et annonce ses futures ambitions. Peut-être sera-t-il candidat aux prochaines législatives. Dans un contexte de réforme du système partisan, l’homme a sans doute encore des choses à prouver. D’aucuns pensent à raison qu’il s’est déjà fait griller. Fort de son expérience de la présidence fugace de l’Union pour le développement d’un Bénin nouveau (Udbn), leader du Rassemblement de la Nouvelle conscience, Pascal Irenée Koupaki veut renaître de ses cendres, comme un phénix. En a-t-il encore les ressources ?

17-09-2018, Moïse DOSSOUMOU


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