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Conférence de presse de Patrice Talon : « … Rien ne pourra me distraire, ni me faire perdre du temps… »

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« Ça fait en effet une douzaine de jours que je suis parti de Cotonou, à destination de la Côte d’Ivoire, puis la France. C’était un voyage privé, mais aussi de travail et de santé. Je suis parti de Cotonou le vendredi 15 avril en destination de Côte d’Ivoire, et j’ai eu l’occasion le dimanche17 avril de prendre un déjeuner et de travailler avec le Président Ouattara, déjeuner au cours duquel nous avons évoqué les préoccupations relatives à la sécurité dans la sous-région ainsi qu’à l’énergie électrique. Vous savez que la Côte d’Ivoire nous fournit parfois de l’énergie électrique, vu la crise que nous connaissons actuellement. Il était normal que j’entreprenne quelques démarches pour la résolution rapide de ce drame. Le lundi 18 avril, j’ai eu à nouveau un déjeuner avec le Président Ouattara, cette fois-ci, avec la participation du Président Faure Gnassingbé ainsi que mon prédécesseur Boni Yayi. A cette occasion, les présidents Ouattara et Gnassingbé ont tenu à saluer et à féliciter le peuple béninois et sa classe politique pour le bel exemple de maturité démocratique que nous avons donnée tout le long du processus électoral. Ils ont souhaité que rien ne vienne entraver ce parcours. Ils nous ont priés, le Président Boni Yayi et moi, de demeurer un exemple pour notre sous-continent. Lors de ce déjeuner, le Président Boni Yayi m’a assuré de son soutien et a exprimé son espoir que je réussisse mon mandat et que je sois un bon président pour tous les Béninois. Je l’ai remercié et je l’ai rassuré. Je lui ai réitéré en sa qualité de citoyen béninois mon engagement et mon serment à être un bon président pour tout le monde. Cela a été l’occasion pour nous de prouver à la face du monde qu’il n’y a pas de conflit entre nous et que la compétition politique est derrière nous et qu’ensemble, nous allons construire notre pays. Je voudrais rappeler à tous que je ne me suis engagé dans aucun compromis, encore moins dans aucune compromission de nature à porter préjudice à mon engagement de bonne gouvernance, de rupture et de nouveau départ. Il n’y a pas et il n’y aura pas de changement de cap. Et rien ne pourra me distraire, ni me faire perdre du temps. Au lendemain de ce déjeuner, le mardi 19 avril, je suis parti le soir de la Côte d’Ivoire pour la France. Les jeudi 21 et vendredi 22 avril, j’ai procédé à une ‘’révision de la machine’’ à l’hôpital de la Croix St Simon à Paris où j’ai pris l’habitude de faire ce genre d’exercice depuis bientôt 4 ans. Le verdict médical est favorable et je peux donc entreprendre ma course sans précaution particulière. Hier, mardi 26 avril 2016, j’ai eu l’occasion de rendre une visite de courtoisie et de travail au président François Hollande à l’Elysée. Visite au cours de laquelle, nous avons eu, une séance de travail, et à l’occasion, nous avons abordé plusieurs sujets, dont notamment mon programme d’urgence, parce que, dans les tout prochains jours, mon gouvernement va soumettre aux partenaires bilatéraux et multilatéraux, un programme d’urgence. J’ai donc présenté quelques grandes lignes de ce programme au président français, et j’ai indiqué dans quel sens je souhaitais avoir l’appui de la France. Dans ce cadre, nous avons évoqué le problème de l’énergie qui est une urgence pour nous. J’ai indiqué qu’il convenait pour mon gouvernement de résoudre ce problème dans les tout prochains mois, sinon dans les toutes prochaines semaines. Vous savez que c’était un point de mon engagement de campagne et cela a figuré en bonne place dans mon discours d’investiture. Donc, pour moi, aucun sacrifice ne sera de trop pour résoudre ce problème assez rapidement. J’ai évoqué avec le Président Hollande, toujours dans le cadre du programme d’urgence, la nécessité pour nous de résoudre rapidement les problèmes de formation, de compétence qui se posent à notre administration. Tout le monde sait que notre administration se dégarnit. Un grand nombre de nos cadres, de nos compétences sont admis à la retraite. Certains ont quitté l’administration pour le secteur privé, beaucoup d’autres sont expatriés. Tout le monde sait que depuis longtemps, le clientélisme ne fait plus la promotion des valeurs dans le pays. C’est fort naturellement que beaucoup ont quitté l’administration. Toujours est-il que le défaut de bonne programmation des recrutements et de la formation, sinon les quelques recrutements qui ont été opérés et qui n’ont pas tenu compte des besoins en nombre et en qualité ont fini par décimer notre administration. Nous sommes donc confrontés à un problème crucial de compétence. Nous allons recruter au plan national et international ce qu’il faut. Nous avons des compétences. Mais la compétence coûte cher. On a beau être béninois. C’est fini ce temps où les slogans nous amènent à servir le pays au sacrifice du confort et de notre train de vie. On ne peut pas aujourd’hui mobiliser les cadres, aussi bien du secteur privé que ceux qui sont hors du pays, pour venir servir le pays à zéro franc. Donc, le programme d’urgence que nous allons mettre en place comporte un volet de mobilisation des ressources financières pour faire face à ces besoins. Dans les domaines spécifiques dans lesquels nous aurons besoin de compétences internationales, si nous ne les avons pas auprès des compatriotes, nous n’aurons pas de complexe à solliciter des assistances techniques. Je précise bien, dans quelques domaines très limités. Ce sont ces éléments qui ont fait l’objet d’une partie de nos entretiens. Nous avons également parlé de la Cop21, du climat, de l’environnement et des problèmes de sécurité et de terrorisme. Nous avons eu l’impression que nous avons été convaincant et que le Président français et ses collaborateurs ont compris nos besoins. D’ailleurs, le Président français n’a pas manqué de s’engager tout de suite, à envoyer une mission à Cotonou. Mais il a décidé de renforcer cette mission qui va arriver à Cotonou dans une dizaine de jours pour une séance de travail afin d’apprécier nos besoins dans les domaines que je viens de citer pour que nous ne perdions pas de temps. Cette démarche, on va l’avoir auprès de tous nos partenaires traditionnels, aussi bien bilatéraux que multilatéraux, ainsi que les partenaires potentiels. Il est vrai que nous allons compter d’abord et avant tout sur nos propres capacités avant de mobiliser avec énergie les ressources et les appuis dont nous aurons besoin en dehors de nos propres capacités.Mon pays m’a manqué pendant ces 12 jours. J’ai trouvé cela très long. Dès demain, je me mettrai au boulot. Je voudrais rassurer les uns et les autres que je vais bien et que les voyages que j’ai effectués aussi bien en Côte d’Ivoire qu’en France augurent de bonnes choses. Je vous remercie ».

28-04-2016, La rédaction


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