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Contrôle du bureau de l’Assemblée Nationale : Un casse-tête pour Talon

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Patrice Talon a placé son mandat qu’il veut unique sous le signe des réformes politiques. Une réalité qui s’impose et à laquelle les acteurs politiques eux-mêmes ne peuvent plus se dérober. Haut lieu de la politique, l’Assemblée nationale est un passage obligé pour le chef de l’Etat qui a tôt fait de vêtir le manteau de réformateur.
Dans les tout prochains jours, sera mis sur pied le comité de réflexion sur les réformes politiques proposées par le gouvernement. Une fois ce travail de réflexion et de propositions achevé, le texte sera soumis à l’Assemblée nationale pour étude, amendement et adoption. C’est donc au niveau du parlement que tout se jouera. L’aboutissement ou le rejet des réformes chères au président de la République dépend du bon vouloir des députés mais d’abord et avant tout de celui du bureau, de la commission des lois, puis de la conférence des présidents.
A première vue, le chef de l’Etat ne dispose pas de ses hommes de main au sein du bureau de l’Assemblée nationale. Certes, il y compte des soutiens, mais pas des artisans de première heure à l’exception de Alexis Agbélessessi, deuxième secrétaire parlementaire. Le président Adrien Houngbédji, le deuxième vice-président Robert Gbian, le premier questeur Valentin Aditi Houdé, la première secrétaire parlementaire Sofiath Schanou ont rejoint le camp du candidat du nouveau départ entre les deux tours pour certains et au terme de la présidentielle pour d’autres. Par contre, le premier vice-président, Eric Houndété et le deuxième questeur Boniface Yèhouétomè sont pour l’instant catalogués dans l’opposition. La situation évoluera au fil des mois. Soit, nous aurons un bureau monocolore acquis à la cause du gouvernement, soit un bureau d’opposition, ou encore un bureau où on retrouve les deux tendances comme c’est le cas actuellement.
Quand on sait que c’est le bureau de l’Assemblée nationale élargi à la conférence des présidents, composée des présidents des groupes parlementaires et ceux des cinq commissions permanentes, qui programme les points à inscrire à l’ordre du jour, il va de soi que le chef de l’Etat a besoin de « contrôler » le bureau du parlement. Mais la réalité est toute autre. Les soutiens à lui déclarés étant essentiellement révocables, il se peut qu’il perde la face à l’Assemblée nationale et bonjour les dégâts ! Mieux, la nouvelle configuration politique qui se dessinera sous peu ne sera pas forcément en sa faveur. Boni Yayi en sait quelque chose.

L’équation de la commission des lois
Avant même que la conférence des présidents ne se prononce sur les sujets de l’ordre du jour des plénières, il y a un travail préparatoire à effectuer par la commission des lois dès que le projet de réforme est transmis à la représentation nationale. Or, son avocat et homme de confiance, Joseph Djogbénou, naguère président de la commission des lois est au gouvernement en qualité de ministre de la justice. Son poste désormais vacant doit être pourvu. Des candidatures comme celles de Antoine Idji Kolawolé, Orden Alladatin, Abdoulaye Gounou et Alexis Agbélessessi ont été évoquées. Ce dernier, déjà élu dans le bureau de l’institution parlementaire n’accepterait pas de descendre en grade pour se retrouver à la présidence d’une commission, à moins que des assurances fermes et des compensations lui soient garanties par le chef de l’Etat. Même dans ce cas, il n’est pas sûr de l’emporter, car Abdoulaye Gounou, épaulé par les Forces cauris pour un Bénin émergent et homme de main de Sébastien Ajavon, veille au grain.
A priori, tel que les événements se dessinent, Patrice Talon risque de se retrouver bien seul en amont à l’Assemblée nationale (commission des lois) comme en aval (conférence des présidents). Comment pourra-t-il faire aboutir les réformes politiques dont la pertinence n’est plus à démontrer mais auxquelles les députés peuvent opposer une fin de non recevoir juste pour nourrir le terreau des intrigues politiciennes ? La voie du référendum n’est pas la meilleure, ni la plus sûre pour obtenir gain de cause. Car, les élections se suivent mais ne se ressemblent pas.

3-05-2016, Moïse DOSSOUMOU


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