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Depuis la tribune de l’Unesco à Paris : Patrice Talon plaide pour la restitution des biens culturels béninois

Le président Patrice Talon a saisi l’occasion de la Conférence internationale sur la circulation des biens culturels et patrimoine en partage, le 1er juin 2018 à Paris, pour plaider pour la restitution des biens culturels par la France. Pour le Chef de l’Etat, cela participera à la création d’emploi et de richesse, et donc à la lutte contre la pauvreté. Dans cette dynamique, le Président béninois a annoncé la construction de trois musées dotés des moyens les plus modernes de conservation et d’exposition.
Lire ci-dessous l’intégralité de la déclaration du Président Patrice Talon à la tribune de l’Unesco à Paris

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– Mesdames et messieurs les ministres,
– Madame la Directrice Générale de L’UNESCO,
– Mesdames et messieurs les ambassadeurs et délégués permanents,
– Mesdames et messieurs,

Mon pays le Bénin se réjouit de la tenue de cette conférence dont le thème, depuis peu est au cœur de son programme de développement culturel et touristique. Depuis deux ans en effet, le Bénin s’est engagé dans un important programme de développement du secteur de la culture et du tourisme pour augmenter son potentiel d’attractivité d’investissement, dans un secteur réputé porteur de développement socio-économique. Au-delà des questions d’ordre politique, historique, sociologique ou philosophique, la restitution, la circulation et le partage des biens culturels sont désormais pour le Bénin un moyen de lutte contre la pauvreté, un facteur de création d’emplois et de richesses, un outil de développement socio-économique. Toute chose qui relève de l’aide au développement, de la coopération.
C’est dans cette dynamique que le Bénin a entrepris de construire trois musées dotés des moyens les plus modernes de conservation et d’exposition de biens culturels pour révéler au monde, dans un esprit nouveau, sa contribution et son rôle dans l’évolution de l’humanité. Ce faisant, le Bénin compte avec la circulation de ses biens culturels, réhabiliter et offrir au monde l’épopée de ses rois, de ses amazones, les vestiges du plus grand port de l’histoire de l’esclavage ainsi que la richesse des arts et des cultures de son patrimoine Vodoun. Une telle ambition, comme on peut l’imaginer, exige de la volonté et des actions fortes au plan de la coopération internationale. C’est dans cet esprit que le gouvernement du Bénin a formellement saisi le 26 août 2016, les autorités françaises d’une demande de restitution des biens patrimoniaux détenus dans des musées français. Ces biens uniques et exceptionnels dont l’histoire a du mal à être comptée avec aisance dans leurs milieux actuels de rétention n’attendent qu’à être retournés dans leur environnement naturel en vue de leur renaissance.

Mesdames et messieurs,
Vous convenez avec moi que ces biens ont une âme et que revenir sur la terre de leur création exposés parmi les leurs, là où tout est en cohérence avec leur essence et où leur histoire révèle davantage leur grandeur, que leur asservissement. Que ces témoins exceptionnels de notre histoire vivent enfin, le rayonnement que vivent leurs semblables des autres contrées de ce même monde. Vous convenez enfin, avec moi mesdames et messieurs, que les biens culturels sont une composante majeure de l’identité des peuples dont ils incarnent l’histoire. De ce fait, ils doivent restés la propriété de ces peuples tout en continuant d’être accessibles à toute personne en quête de découvertes et de savoirs. C’est pourquoi la question de la circulation des biens culturels et patrimoines partagés est indissociable de celle de leur histoire originelle et surtout de la reconnaissance des vrais dépositaires de cette histoire.

Mesdames et messieurs,
Bien que les uns et les autres aient évolués dans l’approche réparatrice de cette question, il n’est pas superflus de rappeler à notre attention le consensus que traduit la résolution 3187 de l’Assemblée Générale des Nations unies qui stipule que <>. Dans ce même esprit, je m’en voudrais de ne pas rappeler l’appel du secrétaire général de L’UNESCO, il y’a 40 ans en faveur du retour des biens culturels à ceux qui les ont créés. Pour sa part, le Bénin reste convaincu d’une chose, quelles que soient les circonstances historiques de délocalisation des biens, la coopération et le partenariat restent les moyens le plus efficace pour leur reconnaissance, de leur rayonnement durable au profit de tous.

Mesdames et messieurs,
La restitution et la circulation des biens culturels et patrimoines partagés est une cause que devra servir la coopération internationale. Pour nous, les pays en quête de développement, c’est aussi un moyen franc, sincère et efficace d’aide au développement. Le retour des biens culturels dans les pays qui les ont créés, qui leur ont donné naissance, dans les pays en voie de développement serait un geste de bonne volonté mais au-delà de cela, un geste de développement partagé, de prospérité partagée que les grandes nations qui n’ont pas grand-chose à perdre que d’acquérir de la grandeur, que d’accompagner ce mouvement qui semble naître, celui de permettre à ces biens et que d’une valeur historique, mais au-delà, d’une valeur économique parce que objet de tourisme potentiel, serait pour ces pays développés un geste de coopération efficace. C’est pour cela madame la directrice, que L’UNESCO dans son rôle a raison, a l’obligation d’œuvrer à faire prospérer cette vision que le président Macron a exprimé à Ouagadougou et qui si, elle est sincère, relance le débat sous un nouveau jour. Je ne doute pas que les éminences spécialistes, décideurs, intellectuels du monde entier ici réunis trouveront l’inspiration nécessaire à la bonne formulation des recommandations et approches qui permettront de relever un défi désormais à notre portée : celui de la reconnaissance de certains biens culturels. Il en va de la vocation universelle du patrimoine culturel qui nous la reconnaissons tous, constitue un élément essentiel de la construction des nations. Il en va de sa préservation et de sa circulation entre les sociétés tout en reconnaissant l’exigence de propriété.

Mesdames et messieurs,
Il en va enfin, du dialogue approfondi entre les États tant ces biens culturels sont porteurs d’identité, de diversités, facteurs de bien-être partagé, de cohésion et de paix. Je voudrais de cette tribune souhaiter que l’année dans laquelle nous sommes, madame la directrice, 2018, soit celle d’un nouveau départ pour ce dialogue entre les peuples, entre les États, entre les juristes afin que la restitution des biens, le retour sur leur terre de création honore le monde.
Je souhaite plein succès à vos échanges,
Je vous remercie.

4-06-2018, La rédaction


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