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Entretien avec Atao Hinnouho, candidat à la présidentielle de 2016 : « Naturellement, je suis le candidat de la jeunesse »

Président du parti Réso-Atao, Mohamed Atao Hinnouho n’est pas un passionné des interviews. Mais le député de la 7ème législature fraîchement désigné candidat à la présidentielle avait des choses à dire. Apparemment affecté par la polémique sur son vote lors de l’élection du bureau de l’Assemblée nationale, le jeune élu a donné sa part de vérité. Atao a paru prolixe et projeté vers la présidentielle de février prochain.

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Les primaires vous ont désigné candidat de votre parti. Dites-nous honorable, comment cela a été possible ?
Cela découle de la volonté des hauts responsables du parti Réso-Atao comme cela a été le cas lors des élections législatives et locales. Chaque candidat avait pris par les primaires avant d’être proposé sur la liste. C’est vrai que ce n’était pas médiatisé. Au fil des discussions et réunions, nous avons décidé d’aller aux primaires et de montrer au peuple béninois que nous avons fait un vote libre et transparent. C’est ce que vous avez constaté le 7 novembre passé. J’étais le plus heureux du monde ce jour-là, parce que j’aime la démocratie. J’étais vraiment heureux et je l’ai exprimé. J’avoue que je ne connaissais pas les délégués qui ont voté ce jour-là. Je n’étais même pas dans l’équipe qui a sélectionné les délégués qui devraient voter. C’est bien après les délibérations que j’ai constaté que je constitue un poids dans le parti.

Peut-il avoir d’ouverture pour le parti Réso-Atao ?
Je crois qu’il y aura d’ouverture. Mais la possibilité que nous soyons nous même candidat est forte. Il est important que la jeunesse ait son mot à dire lors de ce scrutin. Il faut que les pauvres et les jeunes, toutes tendances confondues, aient leur mot à dire. Moi je vis dans un quartier pauvre, à Cotonou, malgré tout ce que Dieu m’a donné. Donc, j’estime qu’en étant candidat, les gens pourraient voter pour un candidat qui vit les mêmes réalités qu’eux. J’ai été deux fois déjà le plus jeune député de l’Assemblée nationale. Depuis l’avènement de la démocratie au Bénin, j’estime que pour une première fois, il faut que je me présente. Je sais me battre pour les autres car j’ai appris à le faire. C’est ce qui justifie tout le combat que j’ai mené derrière le président Houngbédji. J’ai soutenu le président Houngbédji afin qu’il soit président de la République, mais cela n’a pas marché. Je ne regrette rien, mais j’ai beaucoup perdu dans cette histoire. Même le siège national du Réso-Atao, je l’ai conçu pour faire la campagne présidentielle de 2011. Mais je ne regrette rien même si le président Houngbédji n’a pas été élu. J’ai appris beaucoup de choses. Aujourd’hui, c’est avec plaisir que je gère le parti Réso-Atao.

Est-ce-que nous pouvons dire aujourd’hui que vous êtes le candidat de la jeunesse et des pauvres ?
Naturellement, je suis le candidat de la jeunesse. De plus, je suis un enfant de pauvres. Mon défunt père est pauvre, de même que ma mère. Moi et certains de mes frères essayons de changer la donne. Bref, je suis un enfant de pauvres et je me plais à vivre aux côtés des pauvres.

Qu’est-ce qui s’est passé lors de l’élection du président de l’Assemblée nationale ? Est-ce que Atao Hinnouho a effectivement voté pour le président Houngbédji ?
Je crois que j’ai été à l’école du président Houngbédji. Vous aurez constaté que depuis que j’ai démissionné du Prd, je ne suis jamais monté sur un plateau pour dire quoi que ce soit en vue de salir la réputation de celui qui m’a fait. J’estime que le président Houngbédji a déjà fait ses preuves, et il faut que quelqu’un d’autre poursuive son œuvre. Bien que je n’ai pas voulu poursuivre le chemin avec le Prd et que j’ai créé mon parti, je l’ai d’abord contacté pour le lui dire. Et quand bien je ne fais plus partie du Prd, certains continuent de salir mon nom. Revenant au vote, s’il est réellement secret, comment un individu peut-il dire, « je connais celui qui n’a pas voté pour le président Houngbédji et que c’est Atao ». Quand on m’a annoncé que c’est tel qui a tenu de pareils propos, j’ai tout compris. J’ai compris qu’il ne voulait pas que je me rapproche à nouveau du président Houngbédji. En disant cela, il cherchait à créer plus de barrière entre nous. Mais cette distance ne peut m’empêcher de réaliser mon rêve. Moi, je ne fais rien dans le bruit, même quand j’ai voté pour Kassa, avant de rentrer, j’ai dit à tout le monde que j’ai voté pour lui. Je ne suis pas un enfant, je sais très bien ce que je fais. Celui qui a dit que je n’ai pas voté pour le président Houngbédji, je ne veux pas le dénoncer. Ce dernier se connaît et sait très bien que je suis au courant de tout ce qu’il raconte. Et il se reconnaîtra dans mes propos et explications. Je comprends ce grand frère, parce que quand vous estimez avoir tout pour vous et rien pour les autres, tous ceux qui vont vous faire ombrage, il faut trouver des formules pour écarter. Mais moi, je ne suis pas ce grand-frère là. Je voudrais profiter de cette opportunité pour dire à ce dernier qu’il perd son temps, et je regrette que la politique béninoise excelle dans le mensonge. Et ce dernier, malgré sa mauvaise gestion à la tête de nombreuses structures du pays, on lui confie encore d’autres tâches publiques. Et j’espère vivement que la structure qu’on lui a confiée aujourd’hui, il n’en fera pas la même chose que celles précédentes. S’il pense que je veux revenir au Prd pour lui faire ombrage, il se trompe. J’ai été son vice-président et j’ai vu comment il a géré. J’ai honte eu égard à toutes les calomnies dont je fais l’objet de sa part. J’ai dit même sur la chaîne Africa 24 que j’ai voté pour le candidat Adrien Houngbédji et je le confirme. Dans ce vote, celui qui m’a convaincu de voter pour Houngbédji n’était même pas au pays, il m’a fait des promesses. Vous savez, nous sommes en politique, ils m’ont suggéré le poste de président de commission. Ils se sont rapprochés de moi pour me demander si j’étais d’accord et je leur ai donné ma parole. Donc, je ne comprends pas pourquoi les gens disent que je n’ai pas honoré ma parole. Et au finish, ils ne m’ont pas donné la commission. Pour voter pour Houngbédji, je n’ai pas besoin de prendre de l’argent. Le président Houngbédji, je l’ai rencontré dans la vie, je l’ai soutenu moralement, financièrement quand il voulait être président de la République. Et maintenant, pour le poste de président de l’Assemblée nationale, pourquoi je ne le soutiendrai pas ? Mais, j’ai compris beaucoup de choses dans cette élection. Pour toutes les promesses qu’on m’a faites, je n’ai rien eu, je ne lui en veux pas. Je n’ai rien perdu dans ce dossier, mais cela n’a fait que m’édifier pour les prochaines tractations.

Est-ce-que aujourd’hui, vous regrettez d’avoir voté pour Houngbédji ?
Je ne peux pas regretter d’avoir voté pour Houngbédji, car il y a eu une main divine qui a pris par là. Le vote s’est soldé par 41 voix contre 42. Cela veut dire qu’il y a une différence d’un député. Tôt ou tard, la vérité triomphera. Je l’ai dit à mon assistant, seul un président de la République peut me donner quelque chose et je serais heureux. Mais un président de l’Assemblée est loin de me satisfaire. J’ai vécu le règne de Nago durant 4 ans, je ne lui jamais demandé quoi que ce soit. La première fois que je lui ai demandé service, c’est pour un responsable de l’Un. Quelqu’un que j’ai voulu qu’il soit président de la République, pour lequel j’ai dépensé, comment ne voudrais-je pas qu’il soit président de l’Assemblée nationale ? Je suis fier de le voir à ce poste. C’est le président Houngbédji qui m’a montré Godomey. C’est toi qui vas me coordonner cette zone là, je m’en rappelle comme si c’était hier. C’est là que je suis revenu et j’ai vu qu’il me faut beaucoup de responsables pour m’accompagner dans cette tâche. C’est de là que j’ai demandé à un entrepreneur de me construire au moins 20 bureaux. Houngbédji me disait vas-y et j’allais faire, c’était notre entente. C’est comme des ordres. En son temps, quand je suis avec mon papa et que le président Houngbédji m’appelait, mon père savait aussitôt qu’il fallait que je lui fausse compagnie.

Après l’élection du président de l’Assemblée nationale, il y a eu un autre vote au niveau de la questure, est-ce-que vous pouvez dire que la mouvance vous a soutenu sur ce point ?
Je fais la politique de façon très honnête, car je me dis qu’il y a une vie après la mort. Je jure que même pour me porter candidat, c’est un membre de l’opposition qui m’a proposé d’être candidat au poste de questeur. Et il m’a réaffirmé son soutien. Et qu’il associera d’autres collègues afin que j’aie leurs voix. Je peux même dire qu’il y a deux membres du bureau de l’opposition qui ont sollicité ma candidature. C’est de là que j’ai décidé de me porter candidat. Et après, certains ainés m’ont également demandé d’être candidat, ce que je fis. C’est même eux qui ont saisi ma demande de candidature à l’Assemblée nationale. J’ai des preuves. Les députés que ce soit de la mouvance ou de l’opposition ont voté pour moi. Et vu les tractations, j’avais la majorité avant d’aller déposer ma candidature. Si ce n’était pas le cas, je n’allais pas déposer. Il y avait même un collègue de l’opposition qui m’a fait une procuration. Mais les gens m’ont dit que le président Houngbédji ne voulait pas de moi comme questeur. Moi, je ne m’accroche pas à un poste. Ce n’est pas trop mon genre. C’est l’honorable Bida qui a estimé qu’il fallait laisser un jeune occuper ce poste. De plus, j’ai fait le marketing international et je maîtrise toutes les normes en la matière. Je suis un cadre de ce pays, contrairement à ce que les gens racontent sur moi. Je suis fier de ce que je suis aujourd’hui. Donc, c’est Bida qui a été mon manager au sein des Fcbe. On avait déjà la majorité. Même le député Agoua m’a annoncé que si je suis candidat, qu’il allait se désister. On s’était entendu mais une main invisible a maintenu la candidature de Agoua. Je ne suis pas naïf. J’ai su au dernier moment que cela m’échappait. L’honorable Agoua m’a dit que la seule chose que je pouvais faire pour qu’il retire sa candidature est d’appeler le président Yayi pour discuter avec lui. J’étais arrivé à un moment où, j’étais prêt à retirer ma candidature, et si ce n’est pas l’intervention des jeunes de mon parti, j’allais le faire avant le jour J. J’ai eu 27 voix au finish, Agoua même qui faisait des ‘‘grimaces’’ s’est retrouvé avec deux voix. Voilà un peu ce qui s’est passé. Je n’ai pas voulu associer une tierce personne à ce vote, car je voulais apprendre et en tirer des leçons.

A propos du dernier vote à la mairie de Cotonou, quel a été le comportement du parti Réso-Atao ?
Je disais tout à l’heure que l’homme que je suis ne perd jamais et sort toujours gagnant de toutes les situations. Et comme je le disais, le vote qui a consacré l’élection du président de l’Assemblée nationale m’a édifié et j’en ai appris beaucoup. J’ai compris que les fois antérieures, j’ai été naïf, et cela m’a permis de mieux me comporter pour le vote à la mairie de Cotonou. Ce vote a été un vote politique parce que j’ai été approché très tôt par un candidat. Mais vu ce que j’ai vécu à l’Assemblée nationale, je ne pouvais plus commettre les mêmes erreurs. Vu les nombreuses promesses non tenues à mon égard, je n’ai pas voulu me précipiter. Là, j’ai décidé de faire le bon choix, donc j’ai préféré que Lehady soit maire. J’ai opté pour lui et j’assume ce choix. Par ce choix, j’ai voulu faire comprendre aux Béninois que la guerre qu’il y avait eu entre le président-maire Soglo et le président Houngbédji faisait partie du passé. Et c’est de là que je suis rentré dans les négociations avec le maire Lehady Soglo. En fin de compte, le Protocole a été signé devant moi. J’étais le plus heureux car, j’ai œuvré pour la cause de la jeunesse. J’ai permis à un jeune d’être maire, et je crois que demain, je peux aussi rêver d’être maire. Parce qu’actuellement, je n’ai pas encore 40 ans et mon frère Léhady a déjà 50 ans.

Pouvez-vous nous dire avec certitude si vous aurez 40 ans avant le dépôt des candidatures ?
J’aurai 40 ans le 1er janvier 2016. Je suis né le jour de l’épiphanie, donc le 4 janvier 1976 et on peut vérifier cela, je suis né au grand hôpital de Porto-Novo. Je ne suis pas un enfant bâtard. Donc, ceux qui veulent vérifier n’ont qu’à aller le faire. Je rassure tout le monde que j’aurai 40 ans avant le dépôt des dossiers.

Un mot sur la candidature des hommes d’affaires ?
J’attends personnellement de voir s’ils iront vraiment déposer leurs dossiers de candidatures, parce que je n’y crois pas trop. Je préfère attendre pour voir s’ils se présenteront avant de me prononcer. Tous deux sont mes aînés et je les respecte beaucoup. J’ai eu déjà à me retrouver autour d’une même table avec eux pour des questions de développement. Et s’ils se retrouvent tous deux candidats, je crois qu’il y a quelque chose qui ne va pas entre les deux, au vu de tout ce qu’on s’était dit par le passé. C’est pourquoi, je ne me vois pas soutenir l’un d’eux. Dans un pays où ceux qui contribuent au développement se retrouvent candidats, j’estime que quelque chose ne va pas et qu’il ne faille pas les soutenir. C’est vrai que je n’ai pas eu le temps d’approfondir mes discussions avec eux. J’ai discuté avec l’un d’eux qui m’a dit que c’est parce que l’autre veut être candidat qu’il le sera aussi. Je ne suis pas rentré dans les détails, mais j’estime que dans un pays où ce sont eux les gros contributeurs au budget national, s’ils deviennent tous deux présidents, qui va mettre l’argent dans la caisse de l’Etat ? Je pense que c’est comme mettre la charrue devant les bœufs. Mais en tant que citoyens, ils sont libres de déposer leurs candidatures. Je voyais en eux des hommes d’affaires à l’image de Dangoté, des gens qui font la fierté du Bénin à l’international. Aujourd’hui où ils sont sur le terrain politique, ils sont exposés à tous les coups bas. Moi, je voudrais rassurer la jeunesse béninoise que je suis leur modèle. Je ne suis pas un homme accroché aux biens matériels, je suis un homme qui a des ambitions pour le développement de notre pays. Je suis conscient qu’il y a des milliers de diplômés sans emploi, je les rassure que c’est ensemble que nous allons relever ces défis. Ma candidature est portée par les jeunes et à travers moi, la jeunesse sera autour de la table des décisions à défaut de prendre le pouvoir. Je voudrais aussi rassurer les sages, les hommes et les femmes qui m’estiment, que je ne vais pas les décevoir. Ma candidature est pour une mission dans cette République et je ne fonctionne plus à travers mes intérêts personnels. J’ai dit que je vais appartenir à l’opposition et j’ai été au cœur de grandes marches depuis 2006 jusqu’à la dernière marche de la Plateforme. Ce n’est pas aujourd’hui qu’on va mentir à la jeunesse pour lui dire que Atao est avec la mouvance. Je ne suis pas un homme hypocrite. Quand je ne veux pas, c’est que je ne veux pas. Et quand je veux, c’est que je veux. Qu’ils sachent que je vais relever les défis, j’aurai 40 ans le 1er janvier 2016 et par rapport à notre Constitution, j’ai encore 30 ans devant moi pour ce combat.
Propos recueillis par Arnaud DOUMANHOUN

13-11-2015, Arnaud DOUMANHOUN


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