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Entretien avec Christian Yènoussi, conseiller municipal de Cotonou : « …les décisions concernant Cotonou se prennent dans la précipitation par le préfet… »

Conseiller municipal, élu sur la liste Union fait la Nation, Christian Yènoussi décrypte à travers cette interview les sujets qui font l’actualité dans la ville de Cotonou. De la stabilité au sein du conseil communal aux mesures de dégagement des occupants des trottoirs en passant par les relations entre la mairie et la préfecture, Christian Yènoussi donne son appréciation. L’Expert en management des Partenariats Public-Privé revient également sur les modalités de la réussite des Ppp.

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Comment se porte aujourd’hui le conseil municipal de Cotonou ?
Le Conseil municipal de Cotonou se porte bien. Cotonou aujourd’hui se retrouve face à ses responsabilités. Le maire doit faire beaucoup d’efforts et s’appuyer sur ses conseillers. S’il ne le fait pas, l’histoire retiendra qu’il est passé et les résultats seront consignés. Je crois que chaque parti ou groupe joue sa partition dans le conseil communal.

Comment Cotonou a-t-elle pu résister jusque-là au vent de destitution des maires ?
Je ne crois pas que la destitution des maires soit la norme en matière de gouvernance locale. Il faut qu’il y ait de la stabilité au sein de tous les conseils communaux pour favoriser l’atteinte des objectifs de développement à la base. Nous, nous voudrions qu’il y ait de la stabilité et l’important, c’est le suivi des plans d’actions des maires. Léhady Soglo n’est pas menacé de destitution à la date d’aujourd’hui. Personne ne m’a approché encore pour une quelconque destitution. Je me pose plutôt la question de savoir qui commandite les destitutions. Que Léhady Soglo soit maire ou pas, ce n’est pas mon problème. Ma préoccupation, c’est ce qu’on veut faire de Cotonou.

Comment appréciez-vous les relations entre la préfecture du Littoral et la Mairie de Cotonou ?
Ça devrait être des relations entre deux institutions basées sur les textes. Les personnes ne comptent pas. Je comprends que Cotonou est la seule ville du département. C’est un préfet qui est créatif, qui prend des initiatives. Bien que tout ne soit pas rose, c’est déjà bien qu’un jeune comme Modeste Toboula réussisse à attirer l’attention de tout le monde sur ce qu’il fait.

Qu’est ce qui ne vous semble pas bien dans la gestion du préfet Toboula ?
En réalité, le Préfet n’est qu’un agent d’exécution des décisions de l’Exécutif. Je suis un peu gêné de constater que les décisions concernant Cotonou se prennent dans la précipitation par le préfet. C’est un peu comme si on met la charrue avant les bœufs. Il y a eu l’interdiction de circulation des engins dans le périmètre de Tokpa, Gbogbanou. Et quelque temps après, on est encore revenu sur cette même décision. Si ça continue comme cela, ce n’est pas bon. On aurait dû en tant que gouvernant réfléchir, trouver des solutions. On a tôt fait de déplacer des problèmes. Aujourd’hui, il y a des parkings spontanés qui se créent à l’entrée de chaque rue. Ce sont des choses qui ne sont pas bien. Dans une approche de durabilité, on règle les problèmes pour de bon.

Est-ce que la mesure de dégagement des domaines publics ne reçoit pas elle aussi votre assentiment ?
Il est tout à fait important de dégager les emprises publiques et les trottoirs. Mais ça ne se décrète pas. C’est dans les actes que ça se constate et les gens se disciplinent d’eux-mêmes. Il y a des endroits où vous ne pourrez pas jeter des sachets de biscuits ou de bonbons parce que vous allez voir tout de suite quelqu’un en train de nettoyer. La propreté autour de vous, vous contraint à vous abstenir de salir. Il faut créer le cadre qui nous emmène à nous discipliner. On ne décrète pas la discipline. On amène les populations à se discipliner. Il y a deux catégories de personnes concernées par ces mesures. Il y a ceux qui ont les moyens de faire des infrastructures sérieuses et il y a les pauvres dames qui n’ont pas les moyens et qui se gèrent au bord des voies. Normalement, dans une démarche scientifique et intellectuelle, il faut se demander pourquoi la bonne dame s’est installée à ces endroits. Lui a-t-on offert des infrastructures marchandes dans son quartier ou dans son arrondissement ? Si oui, on les emmène à rejoindre les marchés pour exercer leurs activités commerciales. On définit et on aménage des zones dédiées aux activités commerciales. Il faut réorganiser Cotonou d’abord sur papier avant de mettre cela en œuvre sur le terrain. On a dégagé des gens dans la zone de l’école Charles Guillot à Zongo, mais ils reviennent encore s’installer, faute d’un aménagement de l’espace. Au-delà de la Bluezone, en allant vers le carrefour de la Bourse du travail, vous ferez le constat. Les gens n’ont pas où aller et dans le même temps, l’espace est laissé comme cela. Et dans le cadre des dégagements annoncés, c’est la mairie qui va en pâtir. La mairie a l’obligation de recaser tous ceux-là puisque les petits commerçants constituent les grands contributeurs de la municipalité.

Alors là, la municipalité craint-elle déjà une baisse des recettes ?
L’évidence est là. La mairie est en difficulté. La trésorerie est très tendue. La baisse des activités commerciales liée aux mesures de déguerpissement, à la crise du Naira et autres impacte négativement sur l’économie locale.

Pourquoi la municipalité de Cotonou a mis sous le boisseau la revendication liée au transfert des ressources ?
Je ne m’inscris pas dans cette logique. Il faut que nous apprenions à gérer le peu que nous avons à la satisfaction de nos administrés. Il faut qu’on parle de ce qu’on a comme acquis d’abord. Le reste suivra. Si on ne fait rien pour une gestion transparente pour rassurer les partenaires, on ne peut pas aller revendiquer Dantokpa et autres.

Est-ce à dire que les acquis ne sont pas bien gérés ?
Non, ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Il faut optimiser la gestion. Il faut une gestion efficiente. Face à la situation actuelle, nous sommes dans l’obligation de densifier les marchés secondaires, de quadrupler à la limite leur capacité pour garantir des recettes.

Huit mois après l’avènement de Talon au pouvoir, qu’est ce qui retient votre attention ?
Il y a deux mesures de façon fondamentale qui m’ont réjoui. Il y a d’abord l’interdiction des lotissements. C’est inévitable. Mais après l’interdiction, plus rien. Cette annonce était bien. D’abord, le Gouvernement fait trop d’annonces. Il faut que les actes nous amènent à des résultats. Je veux voir le gouvernement s’inscrire dans une démarche qui aboutisse à un résultat au lieu d’annoncer la finalité sans pouvoir apprêter le démarrage. Ensuite, il y a la loi sur le partenariat public privé. La loi sur le partenariat public-privé est indispensable. On ne peut plus construire le Bénin par les ressources de l’Etat. Ce sont là les deux mesures que j’approuve mais dont la mise en œuvre pose problème.

Que reprochez-vous concrètement à la mise en œuvre du Ppp ?
J’avais fait des observations au début pour que ceux-là qui travaillent sur la loi aient des éléments sérieux. Il faut d’abord dire que le Ppp n’est pas une litanie. C’est une démarche. J’ai toujours dit qu’il faut cinq principes pour que cette démarche réussisse. Il faut la volonté politique, le cadre juridique et institutionnel, la programmation et la planification budgétaire des Ppp et la gouvernance. Ce sont les cinq piliers sur lesquels reposent les Ppp pour l’atteinte des résultats. Si un seul de ces piliers est laissé, l’économie est à terre. Sans volonté politique, il ne peut rien avoir. Sans une bonne gouvernance, les partenaires ne peuvent être rassurés non plus. Chaque principe est indispensable.

Le Gouvernement compte se baser sur les Ppp pour concrétiser certaines ambitions dévoilées dans le budget 2017. Quelle est votre appréciation sur cette option ?
J’ai pu lire le budget exercice 2017. J’ai constaté que des gens ont mis simplement des montants. Les gens ne savent pas de quoi il s’agit quand on parle de Partenariat public-privé. On ne planifie pas le coût d’objectif des projets dans le budget dans le cadre des Ppp. Vous voulez construire une route qui coûte 100 milliards en deux ans. Pour 2017 seule vous ne pouvez pas mettre les 100 milliards dans le budget. Les investisseurs apportent des ressources privées. On a le portefeuille de projet et ensuite le budget de l’Etat. Ne figureront dans le budget de l’Etat que les engagements de l’Etat au titre de l’année 2017 par rapport aux projets Ppp. C’est seulement l’engagement de l’Etat qui est planifié. Si vous mettez par exemple les 100 milliards dans le budget, dans le meilleur des cas, cela ne pourra pas être mobilisé en 2017 parce que les procédures de passation de marchés vous prennent au moins 6 mois.

Pouvez-vous être plus clair ?
Le Ppp est une démarche comme je l’ai dit. Vous avez des engagements. Ce sont ces engagements qu’on met dans le budget et non le coût d’objectif du projet. Si on doit être sérieux dans la démarche PPP, il y a 5 études en moyenne qu’il faut commanditer. Il faut commencer par les marchés publics classiques. Après six mois, il faut valider les études. Donc, on sera à 9 mois. Et c’est après 9 mois qu’il faut lancer le processus Ppp. Donc, le processus Ppp ne prendra corps qu’en 2018. Et c’est faux de mettre autant de milliards au nom des Ppp. C’est un travail bâclé. Seuls les engagements de l’Etat à rembourser les partenaires privés ou les subventions de l’Etat au profit du projet et les coûts liés aux différentes études préliminaires peuvent être planifiés.

Peut-être qu’il y a des études qui ont été déjà menées…
C’est faux. Le processus PPp est plus long que celui des marchés publics classiques qui dure en moyenne 6 mois. Au cas où le privé envoie une offre spontanée, elle doit être remise en concurrence. Cette procédure de concurrence va nous amener à 6 mois. Il n’y a donc pas de magie en la matière. Je dis que le budget est mal monté. Les éléments qui doivent faire partie du budget n’y figurent pas. On s’est trompé de chiffres parce qu’on ne sait pas comment planifier les Ppp.

Que pensez-vous du Programme d’actions du Gouvernement ?
Au sujet des 9.000 milliards de Francs Cfa, ce n’est qu’une annonce. Je n’ai pas vu la démarche qui a conduit à ce montant. On a vu à travers les réseaux sociaux un extrait de document qui a listé simplement les projets. Je ne sais pas si vous avez lu un autre document qui a retracé les démarches qui ont abouti à 9000 milliards de Francs Cfa. On attend le 16 décembre prochain pour apprécier.

Qu’est ce qui a retenu encore votre attention au cours de ces huit derniers mois ?
Talon a dit qu’il vient au pouvoir pour faire des réformes constitutionnelles et politiques. A vrai dire, il est déjà à 50% de son projet de société. A la campagne présidentielle, il n’a jamais dit qu’il fera des infrastructures. Il a dit qu’il veut faire des réformes. Il a mis en place la Commission Djogbénou. Après quelques semaines, la commission a déposé son rapport. Il reste que le projet soit envoyé à l’Assemblée Nationale pour validation ou non. Et il va finir son mandat sur ce qu’il nous a promis. Il ne nous a pas promis électricité, ni route, ni écoles, ni hôpitaux…S’il arrive à nous le faire, ce serait aussi bien. Chaque gouvernant adopte ses choix. Le président a opté pour une gestion capitaliste. Pour lui, il faut gérer le pays comme une société et engranger des gains. J’ai l’impression que l’aspect social ne préoccupe pas trop le gouvernement. Au ministère de l’agriculture, 1045 agents ont été licenciés. Il en est de même à la Sonapra et autres. Celui qui est soucieux du social n’agit jamais de la sorte.
Le gouvernement face à la crise du Nigéria devrait normalement nous dire les mesures d’adaptation du Bénin. Le gouvernement n’en a pas. Normalement, dans un pays sérieux où l’économie est tributaire de l’économie nigériane qui est en difficulté, un groupe doit réfléchir déjà sur les mesures d’adaptation. Ça veut dire qu’on n’a aucune boussole. C’est une équipe où les gens fonctionnent de manière à venir au boulot, à s’occuper de leurs propres affaires et retourner chez eux. C’est ma lecture des faits. Ne soyez pas étonnés que tout le monde soit renvoyé. En avril, Patrice Talon est allé en France, il a parlé de désert de compétences. Ensuite, il dit ‘’je serai porté en triomphe…Je ferai de miracles. Huit mois après, le monsieur continue de dire ‘’je serai porté en triomphe….je vais faire des miracles’’. Nous ne sommes pas à l’église. On n’est pas à l’église pour faire du miracle. Après huit mois, l’autorité doit nous montrer sa démarche pour arriver à ce miracle. On ne voit pas où il nous conduit. A la fin, il va faire un miracle, et tout va changer. Si le président fait bien, on le lui dira. Dans le cas contraire, il nous verra sur son chemin.

Au regard de tout ce qui s’est passé ces dernières semaines, pensez-vous que le président Ajavon est bien parti pour aller grossir les rangs de l’opposition ?
Le président Ajavon n’était pas politique. Et jusqu’aujourd’hui, il n’est vraiment pas politique. Il est un homme d’affaires très aimé. Il a surfé sur tout ça pour avoir le résultat qu’il a eu. Mais, ce qui s’est passé, c’est douloureux d’en parler. J’étais à un forum la dernière fois à Johannesburg. Je parlais du partenariat public privé avec un Japonais. Mais, il a pris sa tablette et m’a dit qu’au Bénin, c’est de la cocaïne qu’on trouve. Si quelqu’un, depuis l’extérieur tape dans Google, les affaires au Bénin et en première ligne on voit le président du patronat persécuté et tous les jours on trouve cocaïne, ce n’est pas bien. J’ai vu encore un commerçant nigérien qui me dit « je n’ai personne. Je ne viens plus au port de Cotonou. Si on trouve cocaïne dans mes marchandises, qui va marcher pour moi ? » C’est exactement ce qu’il a dit, il est parti et est maintenant à Lomé. Ce sera ainsi pour les Burkinabés, les Maliens et les Tchadiens. Mais si tous ceux-là quittent ici, qui sont ceux-là qui vont fréquenter le port ? Je ne crois pas que ce soit le groupe qui est très écouté par le président aujourd’hui. A eux seuls, ils peuvent faire quoi, ils peuvent contribuer à quoi par rapport à l’économie nationale ?

Ce qui voudrait dire qu’il faut rassurer pour que le port retrouve ses lettres de noblesse ?
Pas seulement le port. Dans le processus du développement, on a besoin du privé, c’est pour cela qu’on a créé l’outil Ppp. Je dis toujours que pour parvenir au Ppp, il faut avoir l’adhésion et l’engagement du privé. Si on n’a pas ces deux choses, aucun Ppp ne marche. Si vous avez quelqu’un qui appartient à un secteur privé étranger et qui veut venir au Bénin y mettre son argent, il y a deux choses qu’il observe. C’est l’état des affaires et la célérité dans le traitement des dossiers au niveau des tribunaux de commerce. Si on lui dit la justice ne fonctionne pas bien, les dossiers tardent… Lui qui n’a personne, il va se dire en cas de problème, je peux me confier à la justice. Il se confie à la justice, la justice traite peut-être bien les dossiers mais, on lui dit que les hommes d’affaires locaux sont menacés, persécutés, s’ils ne sont pas avec le Président de la République, l’étranger va fuir. J’ai vu le président de la République aller en Turquie. Il a fait le même périple que Yayi Boni avait fait. C’est les mêmes personnes qu’il a rencontrées. Ça veut dire que c’était lui qui avait orienté Yayi Boni vers là. Ça n’a rien donné. Il est encore revenu sur les mêmes choses. Donc, dans ce processus, il n’y aura encore rien. Moi, je suis encore un peu gêné parce que quand on parle de partenariat public-privé dans le monde, surtout en milieu francophone, il y a certaines sociétés qui sont incontournables. Dans ces sociétés, ils ont le savoir-faire et la technologie. C’est pour ça qu’il est nécessaire d’ouvrir les processus de partenariat public-privé pour que le privé apporte son savoir-faire, sa technologie. Mais, si on se renferme ici et on croit que les entreprises qui sont ici aillent vers les banques de la place pour mobiliser des ressources, elles n’auront pas le savoir-faire, elles n’auront pas la technologie à nous apporter pour plus d’innovations.

Quelle est personnellement votre position dans la Rupture ?
Moi, je ne suis qu’un petit morceau. Je n’ai pas de position, je dis ce qui ne va pas et ce qui va. Surtout pour les histoires de Ppp, c’est la clé du développement aujourd’hui. Mais, si ça se conduit mal, on reculera à plus de cent ans en arrière. J’ai suivi dernièrement une décision du gouvernement visant à faire passer les camions par la plage pour aller à Allada. Vraiment, je ne reconnaissais plus les hommes qui sont au gouvernement. Je ne les reconnais pas. Un gouvernement qui vous dit « je veux développer le tourisme et en faire un secteur de mobilisation de ressources », ce même gouvernement dit que je vais faire passer les camions par la plage. Dans quel pays on fait passer des camions par la plage ? Ce qu’on a de plus cher dans ce domaine, c’est la route des pêches, mais on dit qu’on va faire passer des camions par là. Est-ce que c’est les mêmes que j’ai connus et qu’on croyait intelligents, travailleurs qui sont encore dans ce gouvernement ? Si c’est ça, cela veut dire qu’avant, ils ne travaillaient pas. C’est les autres qui faisaient et ils s’accaparaient les résultats. Ils nous faisaient croire qu’ils étaient les plus intelligents, les travailleurs... Ça veut dire qu’ils affichent leurs limites, ils ne savent rien faire. Pourquoi ne pas mettre les marchandises dans les trains et sortir de Cotonou puisque les rails existent, les vieux wagons existent. Pour quelqu’un qui ne connait rien, c’est la première des solutions. Mais pour celui qui va réfléchir autrement, il va dire, il faut un nouveau plan de développement pour Cotonou, il faut peut-être prévoir un tunnel où les camions rentrent depuis le port et sortent à Calavi ou encore un autre contournement de voie, c’est ce qu’il va dire. Mais un gouvernement de vingt-et-une personnes, ils sont tous déserts ou ils sont tous les fruits du désert ? Vingt-et-une personnes ne peuvent pas se réunir et dire qu’on va faire passer des camions par la plage. La plage est prisée. On a toujours décrié qu’on fasse de nos plages des parcs automobiles.

Un mot pour conclure cet entretien ?
Il faut dire que les Ppp sont indispensables aujourd’hui pour un essor des nouvelles technologies, des infrastructures, de l’énergie et autres au Bénin. Mais pour y parvenir, il faut une démarche méthodique. On a déjà un cadre juridique malgré les insuffisances, on peut faire avec. Le cadre institutionnel appelle forcément les acteurs, il faut que les acteurs soient bien formés, s’ils ne savent pas de quoi il s’agit, qu’ils aient l’humilité d’écouter ceux qui ont déjà de l’expérience et suivre les orientations de ceux-là qui s’y connaissent. Après le cadre juridique, on a la planification budgétaire des Ppp. J’insiste sur ça. Pour les Ppp, ce n’est pas les montants qu’on met dans un budget mais les engagements de l’Etat par rapport à ce projet. Et c’est ça qui a fait qu’il y a deux mille et quelque milliards. Si on sort tout ça, vous allez voir, le budget de façon réaliste ne sera pas plus de 1100 milliards. Une bonne gouvernance appelle les bonnes pratiques. Les bonnes pratiques appellent la transparence, la communication saine dans les Ppp. Quand vous faites ça, vous avez l’adhésion et l’engagement du privé. Quand vous avez ces deux choses, ça vous sert d’échelle pour rassurer le privé international. Car, si le privé local n’est pas rassuré, le privé international ne viendra jamais vers vous. Pour finir, je dirai également que le gouvernement a de bonnes idées mais les annonces ne sont pas bien, c’est les actions qui comptent. On fait trop d’annonces, on ne voit pas le gouvernement s’inscrire dans une démarche. Il se lève et dit « je vais faire ». On ne veut pas des « je vais faire ». On ne veut pas de magiciens. On veut un sachant. Un sachant qui nous conduise dans une démarche jusqu’à atteindre un résultat fixé. Voilà ce que je peux apporter comme contribution pour l’instant.

Propos recueillis par : Adrien TCHOMAKOU et Fulbert ADJIMEHOSSOU
Transcription : La rédaction

14-12-2016, Adrien TCHOMAKOU


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