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Hommages de la nation au général Mathieu Kérékou : Pourquoi le stade de l’amitié était si vide ?

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L’excès en toute chose nuit. Cet adage a été, une fois encore, vérifié hier lors des hommages officiels à lui décernés au stade de l’amitié de Cotonou qui porté désormais son nom par la volonté du gouvernement et de son chef. Ce temple du sport national choisi pour accueillir la dépouille de l’illustre disparu, le temps de la messe catholique en sa mémoire et des oraisons funèbres, dispose de 35 000 places assises. Mais à la surprise générale, les gradins sont restés désespérément vides jusqu’à la fin de la cérémonie. Pis, les places officielles installées sur la pelouse n’ont pas été entièrement occupées. Des rangées entières de chaises vides soigneusement disposées ont attendu en vain leurs occupants. Qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que les Béninois qui vouent une réelle admiration au Général Mathieu Kérékou n’aient pas daigné se rendre sur les lieux pour faire leurs adieux à leur idole ?
Primo, la décision tardive de chômer la journée du jeudi intervenue officiellement la veille aux environs de 21h a pu bousculer les programmes de ceux qui désiraient effectuer le déplacement du stade. Les fonctionnaires en quittant leurs bureaux la veille s’étaient préparés pour s’y rendre le lendemain. Ce n’est que dans la nuit qu’ils se sont rendus compte que la journée était chômée. Or, pour ces genres de rassemblement, les gens y vont rarement individuellement. La plupart du temps, ils prennent un certain nombre de dispositions pour marquer leur présence une fois sur les lieux. Difficile donc à cette heure de la nuit de se retrouver pour désigner les délégués, régler les petits détails à savoir les sites de regroupement, les tenues à arborer, les cotisations éventuelles pour la location des bus etc…
Secundo, le stade était franchement encerclé par une horde d’agents des forces de défense et de sécurité. C’est évident pour un événement d’une telle envergure où il a été annoncé la présence de chefs d’Etat étrangers que la sécurité soit renforcée. Mais les forces de défense et de sécurité commises à cet effet ont été beaucoup trop strictes vis-à-vis des populations, qui ont néanmoins tenu à adresser leurs hommages au Général Mathieu Kérékou. La condition non négociable pour accéder aux gradins consistait à se munir d’une carte nationale d’identité. Lorsqu’on sait que les Béninois, dans leur grande majorité ne disposent pas de cette pièce d’état civil et que même ceux qui la détiennent n’ont pas l’habitude de se déplacer avec, il aurait fallu les dispenser de cette formalité ou au contraire annoncer plus tôt la mesure pour que les populations puissent s’y conformer.
Tertio, le peu de personnes qui ont pu avoir accès aux gradins n’ont pas vraiment communié avec les privilégiés installés sur la pelouse. Exposées au soleil, l’essentiel de leur vision s’est limité aux bâches. Dans ces genres de situation, lorsque la foule est attendue, on fait l’effort de prévoir des écrans géants pour permettre à tout le monde de participer de bout en bout aux hommages.
Si le Comité national d’organisation des manifestations officielles avait pris en compte beaucoup de paramètres dans les choix qui ont été faits, nul doute que l’affluence serait effective. L’objectif recherché était que les populations se déplacement par milliers. C’est cette raison qui a d’ailleurs justifié l’option du stade de l’amitié. Sinon, un autre endroit de faible capacité, comme le hall des arts ou le palais des sports, aurait pu faire l’affaire. Mieux, s’il c’était agi d’un meeting politique, le stade serait plein à craquer. Malheureusement, compte tenu d’un certain nombre d’handicaps, les citoyens ont préféré suivre les hommages chez eux, les yeux rivés sur leur petit écran.

11-12-2015, Moïse DOSSOUMOU


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