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Intervention des militaires dans le processus démocratique : Le Burkina ou l’exemple de la fragilité des démocraties africaines

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La médiation de Boni devient de plus en plus difficile

Mission compliquée au pays des hommes intègres pour le président Boni Yayi. Depuis hier, le chef de l’Etat béninois, Boni Yayi a de gros soucis à se faire quant à l’issue de sa mission au Burkina-Faso. Désigné par le président sénégalais, Macky Sall, président en exercice de la Cedeao (15 pays membres) comme facilitateur du dialogue entre les candidats à l’élection présidentielle et aux législatives du 11 octobre prochain, au Burkina Faso, il a vu sa tâche se compliquer davantage avec les événements d’hier à Ouaga. En effet, les yeux étaient rivés sur la recette que devait préconiser le président Yayi pour que les élections se déroulent dans un contexte plus serein dans ce pays, surtout que toutes les forces politiques n’ont pas accordé leurs violons sur le code électoral quand subitement, le Rsp c’est à dire les éléments de la garde présidentielle, vient en ajouter à la confusion et à l’incertitude du lendemain.
Désormais, pour le président Boni Yayi, il ne s’agit plus seulement de faire en sorte que toutes les chapelles politiques au Burkina Faso puissent se mettre d’accord afin que les prochaines élections soient libres, transparentes et démocratiques. L’urgence depuis hier, c’est de ramener les éléments de la garde présidentielle qui retiennent le président Kafando, le premier ministre Isaac Zida et tout le gouvernement en otage à la raison.
Démocratie tropicale !
Mais au delà de la situation toujours confuse au palais de Kosyam, le siège de la présidence à Ouagadougou et le pire qui est à craindre dans ce pays voisin, il est à remarquer que la démocratie sous les tropiques continue d’être très fragile. Le non respect des textes, les désaccords entre les acteurs politiques et bien évidemment, les interventions intempestives des militaires en sont le lot quotidien. Aujourd’hui, c’est le Burkina-Faso. Mais hier, il y a eu le Niger, la Côte d’Ivoire, Madagascar, le Burundi, la Tunisie…Demain, qui sait ?
En somme, aucun pays en Afrique n’est à l’abri de ce qui se passe actuellement au Burkina-Faso. Sauf, et c’est le plus important, si les acteurs politiques cessent de jouer à se faire peur et de favoriser par leurs actes l’intervention des militaires. C’est dire qu’au Bénin, chaque acteur politique doit savoir raison garder. Notre démocratie n’est pas à l’abri. Vingt cinq ans après la conférence nationale des forces vives de la nation, elle est encore fragile et l’essentiel, c’est de poser des actes pour son renforcement. Rien d’autre.

17-09-2015, Angelo DOSSOUMOU


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