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L’He Ahossi apprécie la gouvernance Talon et évoque les raisons du rejet du projet de révision

Comlan Léon Ahossi, député de la 7ème législature, élu sur la liste Union fait la Nation (Un), fait un bref bilan du 1er anniversaire de l’avènement du régime du Nouveau départ. Il ne manque pas de se prononcer sur les raisons du rejet par l’Assemblée nationale du projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990. ‘’Si le gouvernement veut, il ramène le projet. Il faudra un consensus autour…’’.

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Honorable Ahossi, nous venons de boucler un an de gouvernance Talon. Quelles sont les avancées, les couacs à corriger et les perspectives pour un Bénin meilleur ?
Merci de me donner l’occasion de dire quelques mots sur l’an 1 du Président Patrice Talon. La première décision choc que j’ai notée et qui est tout à son honneur, est la fixation des chefs lieux des douze départements de notre pays. Parce que c’est une question glissante qui brûle les doigts, et ses prédécesseurs n’ont pas pu la régler, et pour ça, je voudrais bien le féliciter. Je voudrais souligner que depuis un moment, les mesures de sécurité sont renforcées. Depuis environ six ou sept mois, je crois que les cas de braquages ont diminué, et je me réjouis de ce qu’il ait apporté une réplique à la mesure de la menace qui planait sur nous. Je voudrais aussi le saluer pour la diminution des nombreux contrôles routiers, car ça fait partie des décisions chocs qui ne sont pas faciles à prendre. Les contrôles routiers ont diminué sensiblement et même aujourd’hui, les agents de sécurité ne sont plus aussi menaçants. Ils craignent désormais pour faire certaines choses, ce que je trouve bien. J’ai également appris que le reclassement automatique des fonctionnaires a commencé. C’est un acte de très haute portée parce que ce n’est pas évident, car au moment où vous partez à la retraite, on vous demande des pièces que vous devez avoir reçues, il y a 20 ans en arrière. Je crois que c’est une réforme à saluer. Cela dit, j’ai appris deux petites choses. La route des pêches qui est entre-temps bloquée, je comprends ce blocage, cette route a été relancée et je voudrais vraiment le féliciter. Il y a quelques projets qui sont en train d’être relancés dont le contournement Nord de Cotonou, nous en avons vraiment besoin pour éviter les embouteillages dans la ville de Cotonou.
Toutes ces choses en un an, je dois avouer que je ne suis pas déçu des initiatives qui ont été entreprises. Mais par contre, les rumeurs qui circulent sur le fait que lui et un petit groupe, notamment ses lieutenants immédiats, sont en train de mettre la main sur l’économie du pays, ce sont des choses qui viennent salir le drap blanc de tout ce que je viens de dire. Je dois le dire aussi, étant donné que je suis un homme politique, je constate qu’il y va à un rythme qui ne permet pas à ceux qui doivent l’accompagner, je ne parle pas de ses collaborateurs immédiats, mais plutôt les députés, et certainement aussi quelques ministres, de prendre du recul et d’analyser les choses. La vitesse qu’il imprime aux choses, aux décisions à prendre (…). On vous envoie des lois à l’Assemblée, des lois qui sont capitales, majeures, des lois qui contiennent parfois des choses pas très bien. Mais on vous dit en session extraordinaire et cela se passe en trois, quatre ou cinq jours avec un Président de l’Assemblée qui avance tête baissée, parce que lui, il y trouve ses intérêts, et comme il l’a dit le jour où ses militants lui ont présenté les vœux, il a dit ‘’ah ! Nous trouvons notre petit compte dedans’’. Ces choses-là ne sont pas de nature à nous rassurer, et cela fait partie des choses que ceux qui sont proches de lui doivent lui dire de corriger, sinon la volonté manifeste de travailler pour le peuple n’est pas absente. Comme disent les gens, il fait pour le peuple, il fait pour lui. Mais en un an, il a fait beaucoup de choses positives. Etant donné qu’il n’est pas politicien et qu’il ne connait pas les méandres de la politique, je crois qu’il faut qu’il s’entoure suffisamment de conseillers politiques pour améliorer les quatre ans qui viennent en espérant qu’il va nous laisser un pays beau et Prosper.

Monsieur Ahossi, vous n’êtes pas sans savoir que beaucoup de béninois crient la mévente et le panier de la ménagère est en souffrance, et avec les opérations de déguerpissement qui sont venues aggraver la situation sociale, pensez-vous que dans l’opinion, les béninois sont encore fiers d’avoir porté Patrice Talon au pouvoir ?
Il est difficile d’avoir la fierté, avoir une bonne appréciation d’un chef qui fonce comme il le fait. Mais je crois très sincèrement que tout n’est pas à lui imputer. Parlant de difficultés économiques, ce n’est pas seulement au Bénin, quand bien même son entourage immédiat ne partage pas ces difficultés avec le peuple. C’est ça qui est à déplorer. La question des déguerpissements est une question malheureuse. J’aurais compris et accepté qu’on le fasse dans les grandes villes qui sont la vitrine de notre pays. Mais quand on va casser dans mon village, parce que dès que ça prend à Cotonou, la fièvre gagne les villages. On a fait des casses inutiles. Sinon que si c’était limité à des endroits où on doit faire des aménagements, j’avoue qu’il faut qu’un jour ça se fasse. J’ai appris aussi qu’on a commencé à aménager nos berges lagunaires. Ce sont de bonnes choses. Une fois encore, il ne faut pas que tout ça là, qu’il l’impose au peuple. Mais qu’il l’explique, qu’il obtienne l’adhésion du peuple. En politique, c’est nécessaire. Qu’il accepte d’apporter des corrections à ce qu’il a envie de faire. Que le déguerpissement aille jusque dans les villages qu’on ne réaménagera pas avant 10 ou 15 ans, je trouve que ce n’est pas bien.

Vous êtes député à de l’Union fait la Nation, donc membre de la mouvance présidentielle. Au regard de ce qui se passe à l’hémicycle, dites-nous s’il y a un débat entre le chef de l’Etat et la mouvance ?
Je dois vous dire qu’il n’y a pas véritablement d’échange. C’est quand il y a un sujet pointu qui est un peu inquiétant que le chef de l’Etat reçoit les groupes parlementaires. Sinon nous avons des présidents de groupe qui nous trafiquent. Sinon ils vont dire au Chef de l’Etat que c’est bon : « nous avons le contrôle de la troupe ». Nous-mêmes en tant que tels, nous ne sommes pas souvent en contact avec le chef de l’Etat. Et ça va se faire sentir un jour parce qu’à un moment donné le ras-le- bol va faire que des oiseaux vont commencer à sortir des cages. Et ce serait dommage.

Particulièrement vous Monsieur Ahossi, vous ne suivez pas toujours les consignes de votre formation. Vous avez fait abstention au moment où l’UN dans sa majorité a essayé de soutenir le projet de révision. Pourquoi cet état de chose ?
Oui, j’ai voté abstention et j’ai essaye de m’assurer que ça correspond à un non. Quelqu’un d’autre a voté carrément un non avec le rouge. C’est des signes de malaise au sein du groupe qui n’ont rien à avoir avec le chef de l’Etat directement. Et si ces malaises-là ne sont pas corrigées, le déclic ou les comportements que vous avez observés iront crescendo. Donc, ce n’est pas un affront au Chef de l’Etat, mais ce sont des malaises que nous vivons globalement à l’Assemblée nationale où certains se sont arrogé le droit d’être nos porte-paroles, ce sont eux qui placent leurs parents dans le système. Le Chef de l’Etat s’adresse à eux et ils placent leurs enfants et amis dans le système. Et ils se servent de la troupe pour avoir cette force. Tout ça va finir bientôt.

Pourquoi avoir systématiquement rejeté le projet de révision alors même que des amendements étaient possibles ?
L’He Rosine Soglo a parlé, les gens ont crié, mais j’ai rigolé. Elle n’a pas inventé ce qu’elle dit. Et lorsque le gouvernement dit que si on ne fait pas passer les 4/5, il ira au référendum avec le projet initial, ça ne rassure personne. Et par rapport à cela, il faudra tout remettre à plat. Voilà l’une des raisons que je vous donne. Les paysans ne comprennent rien au contenu de la Constitution. Il faut qu’on reprenne tout et que nous allions le leur expliquer. Le délai que nous avons eu pour le faire n’était pas suffisant. Vous allez aussi remarquer qu’aucun constitutionnaliste n’a soutenu le projet. Ça inquiète. C’était une erreur de dire qu’on ne va pas voter pour punir le Chef de l’Etat. C’est pour cela que je dis qu’il faut dire les choses telles qu’elles sont. Mais tel que c’est parti avec des menaces, on ne peut pas cautionner cela. Si le gouvernement veut, il ramène le projet. Il faudra un consensus autour. Les choses qui sont claires, personne n’y touchera. Mais tel que c’était, c’est la meilleure option que l’Assemblée nationale a prise.

Si le Prd qui est venu se greffer à la mouvance s’y sent à l’aise, pourquoi l’Union fait la Nation qui revendique avoir mouillé le maillot se sent autant mal à l’aise ?
Être à l’aise signifie-t-il chercher à profiter ? Je ne veux pas parler d’un parti. Etre à l’aise pour moi, ce n’est pas chercher à profiter comme je l’entends dire. Il faut avoir de l’honneur et de la fierté. Il faut avoir de l’éthique. Dans les difficultés, je préfère encore ce qui se passe à l’Union fait la Nation que ce qui passe dans certains groupes parlementaires. On vous trouve ridicule et même incapable d’avoir des gens dans les gouvernements. Ce n’est pas une morale à soutenir. Je préfère rester à l’union fait la Nation que d’aller dans un autre groupe.

Votre mot de la fin
Je demande à notre peuple de ne pas rejeter systématiquement le Programme d’Actions du Gouvernement. Il y a des choses excellentes là-dedans, de ne pas braquer contre le Chef de l’Etat. Mais toutes les fois qu’il sera nécessaire de lui dire ce qui n’est pas bon, on doit avoir le courage de le lui dire et en face. On ne peut pas le laisser penser et agir à lui seul pour le pays. Il faut qu’on l’accompagne.

10-04-2017, Arnaud DOUMANHOUN


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