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LE GOUVERNEMENT POIGNARDE LA DEMOCRATIE AU BENIN

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La liberté d’association, de réunion, de cortège et de manifestation est un droit inaliénable de l’homme reconnu et consacré par la Constitution du Bénin du 11 décembre 1990 en son article 25. Il en est de même pour la liberté d’association et de réunion dans les articles 10 et 11 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples adoptée en 1981 par l’OUA, puis ratifiée par le Bénin le 20 janvier 1986.
Au Bénin ce droit est conquis par le peuple aux prix de sang, de vies humaines, d’esprit d’abnégation et d’autres sacrifices. Ce n’est donc pas un cadeau offert gracieusement par un homme.
Plusieurs combats sont à l’origine de cette conquête, par exemple :
En 1974, Mathieu KEREKOU dissout administrativement la JUD et les organisations de jeunesse formant sa base. Mais le peuple a su garder son esprit de lutte pour reconquérir les libertés démocratiques, notamment par l’UGEED (Union Générale des Etudiants et Elèves du Dahomey).
En 1979, la grève des étudiants de l’UNB ébranla le pouvoir de KEREKOU qui pourchassa et emprisonna des dizaines d’étudiants et de travailleurs. Mais le peuple se redressa par la glorieuse et mémorable grève des étudiants du 6 mai 1985. Par une nouvelle chasse à l’homme KEREKOU emprisonna des centaines de démocrates béninois.
Cependant le peuple tînt debout et remporta la victoire du 11 décembre 1989 sur KEREKOU qui fut lapidé et prit la fuite. Cette victoire du 11 décembre 1989 sonna le glas du régime du PrpB. Elle fut en vérité le facteur déclenchant du processus d’organisation de la Conférence Nationale de février 1990 qui a élaboré l’actuelle Constitution du Bénin. Incontestablement cette Conférence a consacré une nouvelle et grande victoire du peuple béninois pour la démocratie.
Leçon à retenir en conséquence par tout pouvoir public, à ne jamais oublier, et à prendre toujours en compte : on ne touche pas impunément aux droits fondamentaux du peuple béninois, notamment à ses libertés démocratiques.
Or le gouvernement du Président Patrice TALON vient de piétiner ces droits par sa décision du 5 octobre 2016 interdisant les activités des fédérations, unions, associations et organisations faîtières des étudiants dans les campus des universités nationales du Bénin.
Les motifs évoqués pour justifier cette décision criminelle ne sont ni crédibles, ni convaincants, car : une enquête administrative, même bien conduite, ne peut remplacer une enquête policière qui a l’avantage d’être professionnelle et permet l’identification de personnes à déférer en Justice si besoin ; après la radiation contestée de 21 étudiants de l’université par l’administration, l’impartialité des conclusions de l’enquête menée par cette dernière est très douteuse. Or c’est en se fondant sur ces enquêtes à fort risque de biais que le gouvernement, autorité supérieure hiérarchique de l’administration, s’érige en juge et prononce sa sentence contre les étudiants. Les limites de l’acceptable sont alors franchies. Dans quel Etat de Droit le juge se fonde-t-il sur la version d’un parti pour prononcer son verdict ?
On n’est pas juge et parti à la fois. Mais par sa répression liberticide contre les étudiants le gouvernement foule aux pieds ce principe de conduite dans sa gouvernance.
Ainsi la décision gouvernementale du 5 octobre 2016 poignarde la démocratie dans le dos au Bénin. Cet acte laisse déjà craindre une dictature en préparation contre le peuple comme ce fut le cas sous KEREKOU. C’est en effet le commencement d’un assassinat programmé des syndicats, partis politiques et autres organisations pour réduire tout le peuple au silence.
Pour rappel : c’est au nom du respect des droits de l’homme que Monsieur Patrice TALON avec son épouse et leur fils ont été soutenus par le peuple, notamment par les étudiants, quand ils étaient exilés en France sous le régime précédent. Ce qui leur a permis de retourner ultérieurement au Bénin. C’est aussi grâce aux libertés démocratiques conquises que Monsieur TALON a été élu Président de la république. De plus il a prêté le serment de respecter notre Constitution du 11 décembre 1990. Mais aujourd’hui il tourne le dos à son serment en violant l’article 25 de la Constitution béninoise ainsi que les articles 10 et 11 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
Tandis que la situation socioéconomique au Bénin est morose avec son indicateur de gravité qu’est la faim pour le peuple,
Tandis que ces préoccupations vitales pour le peuple interpellent chaque jour le gouvernement pour les juguler de toute urgence,
Le gouvernement s’emploie à justifier sa décision liberticide contre les étudiants en alléguant qu’on va à l’université pour les diplômes. Certes c’est le but noble visé par un étudiant, mais « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Le Bénin n’a pas besoin d’intellectuels carriéristes, mais de cadres à la fois techniquement compétents et politiquement conscients, engagés dans la lutte pour le développement aux côtés de leur peuple.
Il appartient à présent au gouvernement d’annuler purement et simplement sa décision. Ce sera à son honneur. En tout état de cause tout le peuple se battra en son temps pour défendre ses droits.
Sans les libertés démocratiques il n’y a pas de développement économique et social. Tant il est vrai que c’est l’exercice véritable de la démocratie qui impulse la production et permet au peuple de contrôler puis d’assainir la gestion des affaires publiques pour son bonheur.
Alors peuple béninois tout entier, la lutte des étudiants pour le respect des droits de l’homme est pleinement la tienne. Lève-toi et soutiens-la. C’est le moment de te mobiliser pour ce faire, sinon ce sera trop tard et dommageable pour toi.
Le 18 octobre 2016
Docteur Afolabi BIAOU
Mail : biafola2000@yahoo.fr Tél : + 336 95 60 84 99

19-10-2016, La rédaction


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