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Le pasteur Michel Alokpo sort de son silence : « La politique, c’est du gangstérisme… »

Pressé par l’envie de parler, notre hôte a libéré la parole avec enthousiasme. Le sourire large, la voix fluette, traînante et rythmée, c’est un pasteur Michel Alokpo, resté toujours égal à lui-même qui a reçu Fraternité à son bureau au Ministère de l’intérieur de la sécurité publique et des cultes où il est actuellement chargé de mission. Président de l’Ong Ambition Bénin et Secrétaire général, porte-parole du Cadre de concertation des confessions religieuses au Bénin, Michel Alokpo revient au devant de l’actualité nationale avec des révélations. Sur ses relations avec le président Boni Yayi, la pratique de la politique au Bénin, la crise à la Cena, la présidentielle de 2016…Le pasteur Alokpo dit tout ce qu’il pense et sans fard. Entretien.

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Il y a longtemps qu’on vous a entendu vous prononcer sur les questions brûlantes de l’actualité de notre pays. Pourquoi ce silence ?
Il y a longtemps que le public béninois ne suit plus le Pasteur Alokpo, le chargé de mission et ami du Chef de l’Etat, sur les ondes. Il faut reconnaître que nous sommes en politique et qu’autour du Chef de l’Etat, il y a des gens qui lui mentent en faisant de fausses fiches pour nuire à leur prochain. Mais, il y a aussi des gens qui lui disent la vérité. Il faut retenir que suite à mon intervention sur Canal 3 en 2014, j’ai demandé au clergé catholique de se saisir du dossier de la crise Talon-Yayi, en vue de participer à une réconciliation des deux hommes, des deux amis. Mais des réactions ont surgi de toutes parts et c’est des réactions des proches du Président de la République qui m’ont traité de traître et de tout, surtout que moi j’ai pris de l’argent chez Talon pour faire ce travail. Mais moi, je suis fier d’avoir fait une telle déclaration parce que la suite m’a donné raison. J’ai reçu des coups de fil de félicitations. Au finish, les hommes ont lâché prise. Le Chef de l’Etat a accepté cette réconciliation. Devant les fous du roi, j’ai reçu une douche froide. Ensuite, quand Monsieur Ajavon Sébastien a animé sa toute première conférence à Azalaï, j’y étais dans le cadre d’une activité organisée par l’Uemoa, mais une fausse fiche a été envoyée par mon ministre d’alors, au Chef de l’Etat par les services de renseignement pour dire que j’ai participé à cette conférence de presse animée par Ajavon et que désormais, je suis membre de l’opposition. Et ça a fait que depuis ce temps, le président ne me parle plus, bien qu’il me porte toujours dans son cœur, il m’apporte des soutiens de temps en temps et c’est la marque que notre amitié demeure toujours. Mais, il porte des réserves sur moi. Moi, je rends grâce à Dieu…

Voulez-vous dire que vous êtes toujours de la mouvance ?
Suite à ce que j’ai vécu, j’ai commencé par prendre du recul. Je soutiens Yayi jusqu’à son départ, je demeure loyal à Yayi. Mais, pour les activités politiques, je porte des réserves. Et comme vous le savez, la politique, c’est le mensonge. La politique n’est pas la vérité. La politique, c’est du gangstérisme. La politique, c’est de détruire son prochain pour prendre sa place. Et pour préserver ma santé spirituelle et morale, j’ai préféré prendre du recul. Mais, je continue de soutenir le Chef de l’Etat vaille que vaille. S’il me sollicite, je suis prêt à le soutenir.

En 2007, vous étiez membre de la Cena. L’opinion a retenu une féroce adversité entre vous et le président Antonin Akpinkoun. Avez-vous aujourd’hui de ses nouvelles ?
Ça me ramène un peu en 2007. Ce qui s’est passé à la Cena en 2007, j’en ai souffert. J’ai souffert non seulement des hommes de l’opposition, mais aussi des hommes de la mouvance. Je veux dire, les membres du bureau de la Cena qui sont de la mouvance, à un moment donné, m’ont lâché dans cette crise qui m’opposait à Akpinkoun. Ça s’est bien passé parce qu’en fin de compte, le peuple béninois a compris que j’ai eu raison. Même les membres de la Cour constitutionnelle devant qui j’ai pleuré comme un petit enfant ont compris que j’ai eu raison et que c’est lui qui semait du désordre au sein de la Cena. On s’est vu une ou deux fois au ministère de la justice et après au ministère de l’industrie. Il est membre du parti de l’honorable Azannaï. Depuis quelques années, je ne le vois plus. Je lui souhaite du bonheur. Au ministère de la justice également, il a commis des impairs et il a été remercié. Voilà ce que je sais d’Akpinkoun.

Et que dites-vous de la crise qui a cours actuellement à la Cena ?
Eh bien ! On pensait que la Cena 2007 est la Cena la plus tumultueuse. Qu’est-ce que les gens n’ont pas dit ? C’est le pasteur Alokpo, pourquoi il est allé à la Cena, il a troublé le peuple. Aujourd’hui, nous sommes en train de constater que la Cena est un lieu diabolique. La Cena est un lieu où l’argent ne pardonne pas les amis. La crise qui secoue actuellement la Cena me surprend. Parce que les hommes politiques ont pensé qu’en professionnalisant la Cena, on pourrait régler les problèmes de dysfonctionnement qui ont eu lieu depuis des années. Aujourd’hui, c’est le pire ! Vous avez suivi les marches, les protestations tous azimuts sur toute l’étendue du territoire national. Vous avez observé que certaines personnes dans les communes ont été brutalisées pour empêcher l’installation des maires. Vous avez entendu dénoncer les démembrements de la Cena, qu’ils ont fait des fraudes. Vous avez entendu qu’il y a eu vol de cartes d’électeurs, qu’on a falsifié les résultats au niveau des urnes. Mais, nous avons mis en place une Lépi. La grande question que je me pose, à quoi a servi la Lépi ? A quoi a servi la professionnalisation de la Cena ? Aujourd’hui, c’est deux hommes qui s’opposent. Principalement, c’est le président de la Cena et son coordonnateur du budget. Et je suis surpris d’entendre les griefs qui ont été soulevés par le coordonnateur du budget, moi je sais comment ça fonctionne à la Cena. Je sais qu’on ne peut sortir un seul franc sans la caution du contrôleur financier. C’est des chèques qu’on délivre. On ne paie pas en cash aux prestataires. C’est des chèques qui sont délivrés par le président de la Cena et le coordonnateur du Budget contresignés par le contrôleur financier avant que l’argent ne soit décaissé. On ne peut pas engager un décaissement au niveau de la Cena sans la responsabilité du président de la Cena. C’est impossible ! S’il y a eu dépassements sur le budget de la Cena des deux dernières élections qui ont eu lieu, il faut aller creuser pour savoir où se situent les responsabilités. Moi, je pense que les responsabilités sont partagées. Et je suis certain qu’il y a encore des insuffisances au niveau du code électoral. Le plus important, c’est de situer la responsabilité du président et de situer celle du coordonnateur du budget. Il doit y avoir un hic. Il doit y avoir un problème pour que les deux se disputent les charges. Sinon, j’ai vu et entendu que c’est la majorité qui est allée contre un seul individu. C’est ce que moi-même j’ai vécu à la Cena. J’étais seul contre tous. J’ai tenu ferme et le peuple ne m’avait pas compris. Je ne dis pas que Freddy Houngbédji a eu raison mais, il faut savoir donner raison à celui qui a raison. Il est impossible que le coordonnateur du budget puisse faire des commandes sans l’assentiment du président. C’est un problème. S’il l’a fait, c’est qu’il a cautionné. Mais depuis ce temps, ils n’ont pas réagi. Il ont attendu la fin des élections pour sortir ce dossier. Je pense que la Cour constitutionnelle doit dire le droit et ne doit pas faire du sentimentalisme. Quand cette crise sera résolue, les acteurs politiques vont faire l’évaluation de cette Cena professionnelle. Vous avez vu le duel qu’il y a eu entre les membres du Cos-Lépi et le gouvernement. Moi, je pense que notre démocratie est à la croisée des chemins. Tout est à refaire. Ce sont les hommes qui dirigent. Il faut non seulement revoir les textes mais aussi choisir les hommes qu’il faut pour gouverner notre pays.

Vu la crise qui secoue la Cena, est-ce qu’il ne faut pas craindre une organisation bâclée de l’élection présidentielle ?
Je ne le pense pas. Parce qu’en 2006, on a vécu le même phénomène. On disait qu’il n’y a pas de génération spontanée. Il y avait le vote d’une loi d’exclusion contre un candidat et des menaces dans le pays. Le peuple Béninois est mature. Le prochain président, Dieu seul le connaît. Mais, il faut que les institutions de la République jouent leur rôle. Il faut qu’il n’y ait pas de faille dans les décisions de la Cour constitutionnelle. On a agité que peut être candidat le citoyen qui à 40 ans au jour du dépôt de sa candidature. Les hommes politiques se sont rapprochés de la Cour constitutionnelle pour avoir des clarifications. Cela constitue déjà un problème et si ça continue comme ça, il y aura des menaces. Je pense que, s’il y a des tendances vers l’exclusion d’un candidat pour cette élection qui s’annonce, cela peut conduire au trouble. Nous, on va accompagner ce processus dans la prière. Les confessions religieuses joueront également leur rôle parce que, c’est un passage difficile. Les élections de 2016 constituent un passage difficile parce que Yayi Boni est un homme unique en son genre, on ne connaîtra plus un second Yayi Boni. Le choix d’un candidat aujourd’hui est très difficile. Il y a des dizaines de candidats qui s’annoncent pour un seul poste. Et c’est le meilleur qui va gagner.

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Qui est votre candidat ?
Moi, je n’ai pas de candidat. Mon candidat sera celui qui répondra aux aspirations du peuple ; mon candidat est le choix du peuple. Vous savez également que le peuple est manipulable, il y a l’argent qui est là. Les élections présidentielles sont ethniques. Voilà qu’il y a des dizaines de candidats qui s’annoncent. Comment se déroulera le deuxième tour s’il y a deuxième tour ? Ce qui est sûr, on n’aura pas un président élu au premier tour. Cela sera impossible, vu le schéma qui s’annonce.

Que pensez-vous de la candidature des hommes d’affaires qui se précise ?
Ils sont des citoyens béninois. Il y a au moins quatre hommes d’affaires aux élections présidentielles. Il y a un qui vient de l’Afrique du sud, un de la Guinée équatoriale qui est déjà au Bénin, et aussi Patrice Talon qui ne s’est pas encore annoncé mais dont la candidature est suscitée par certaines personnes. Il y a Ajavon qui ne s’est pas annoncé, mais les journaux en parlent. Que ça soit Ajavon ou Talon, ils sont citoyens béninois, s’ils répondent aux critères et que la Constitution béninoise leur permet d’être candidats, je pense qu’il serait difficile de les exclure pour une raison ou une autre. C’est une compétition, le peuple est mature, il ne choisira pas celui qui ne répond pas à ses aspirations. C’est un jeu démocratique. Ne faisons pas d’exclusion comme on l’a fait en 2006.

Nous avons vu Mathieu Kérékou revenir au pouvoir avec l’onction des religieux, Boni Yayi venir au pouvoir avec l’onction des religieux. Est-ce que vous pensez, au vu des deux exemples, que les hommes politiques qui arrivent au pouvoir par l’onction des évangélistes gouvernent selon les préceptes religieux ?
Autant un pouvoir politique est divin, il est politique d’abord. Est un homme politique avéré quelqu’un qui sait gérer les hommes. Il faut avoir des compétences pour conduire ce pays. Il y a des pays qui sont dirigés par des musulmans, est-ce qu’on va dire qu’ils n’ont pas l’onction de Dieu ? Je ne pense pas que c’est parce qu’un chrétien prend le pouvoir que le pays sera mieux dirigé. C’est le leadership, la clairvoyance, le savoir-faire de la personne qui feront que notre pays connaîtra un développement durable. Evidemment, il y a des vertus dans la Bible. Si ces vertus étaient mises en pratique, notre pays sera mieux gouverné. Il ne s’agit pas d’être chrétien pour mieux gouverner. Aux Etats-Unis, la Constitution donne droit à ce qu’on prête serment sur la Bible, au Mali et au Niger, c’est au nom du Coran. Ces pays sont gouvernés par des hommes et ça marche. Ne faisons pas d’amalgame dans notre approche religieuse. Dieu seul sait celui qui va gouverner. Ça fait 20 ans que les chrétiens dirigent ce pays. Deux mandats sous Kérékou et les deux mandats de Yayi Boni. Il s’agit de faire un bilan pour tirer une conclusion de ce qui a été fait à la tête du pays et le peuple jugera. Si je dois voter pour quelqu’un, je ne voterai pas parce qu’il est chrétien ou musulman mais pour les valeurs éthiques qu’il incarne. Pour moi, les valeurs éthiques sont plus importantes. Vous pouvez être religieux et ne pas incarner ces valeurs éthiques. Nous voulons lire dans la vie de ses hommes qui s’annoncent. Est-ce qu’ils incarnent l’amour, le pardon, la prospérité ? Est-ce qu’ils aiment leur pays ? Nous n’avons plus besoin des gens qui viennent bouffer, construire des maisons, donner du travail à leurs parents. Nous ne voulons plus de régionalisme dans ce pays.

Vous parlez de vertu et d’éthique. Le chef de l’Etat a tenu à Djougou des propos à polémique qui l’ont amené à s’excuser après. Est-ce digne d’un chef d’Etat ?
Je ne voudrais pas polémiquer sur cette question. Les journaux ont annoncé qu’il a présenté des excuses. C’est un homme comme tout autre homme. Je pense que le peuple doit le pardonner s’il leur a demandé pardon. S’humilier devant le peuple n’est pas donné à tout le monde.

Quel bilan peut-on faire des dix ans de Boni Yayi ?
Mes yeux ont vu. Le peuple voit les réalisations du Dr Yayi Boni. Ce que Yayi Boni a fait en dix ans, c’est ce que d’autres n’ont pas pu faire en trente ans. Il a soulevé des montagnes et des collines dans ce pays. Il a beaucoup fait dans le domaine des infrastructures, du chômage, des femmes. La situation économique de notre pays a progressé. C’est une crise économique mondiale qui secoue nos pays africains et il ne faut pas croire que le Bénin est en retard. A voir les chiffres, le Bénin occupe une bonne place dans le domaine de la croissance économique. Le président ne se repose pas. Il est sur tous les fonts. Pour moi, le bilan du Dr. Yayi Boni est très positif. Mais, on ne peut pas tout faire en dix ans. Il a tenté d’entamer certaines réformes qui n’ont pas pu aboutir à cause des intérêts des uns et des autres. Il a annoncé la révision de la Constitution qui était sur le tapis depuis le temps de Kérékou. On ne peut pas redresser l’économie de notre pays sans ces réformes. Un homme d’affaires a annoncé les réformes avant sa candidature. Ces réformes sont fondamentales. Le système démocratique doit être revu. Ce qui entraîne aujourd’hui les transhumances politiques, c’est ça qui tue notre démocratie. Avoir une cinquantaine de candidats à l’élection présidentielle avec plus de deux cents partis politiques, c’est grave ! Le Nigéria qui compte près de 200 millions d’habitants va aux élections par des regroupements politiques. C’est le système partisan qui fait qu’il n’y a pas beaucoup de candidats aux élections. On dit ‘’Présidentielle’’ et non élection de proximité. Certains s’annoncent pour occuper après un poste ministériel. Si nous ne réformons pas notre démocratie, celui qui prendra le pouvoir ne fera pas les cinq ans. Yayi a trop souffert de ce système démocratique. Je pense qu’il est impérieux que les hommes politiques s’asseyent pour revoir le système. Remarquez qu’au niveau national, on a exclu la société civile. Au niveau du Cos-Lépi, on a exclu la société civile. C’est avec les acteurs de la société civile qu’on a bâti notre démocratie. Yayi Boni a été un acteur de la société civile. Il n’avait aucun parti politique. Nos députés ont mal joué. Dans ce sens, moi je ne suis pas d’accord avec les députés. Qu’ils soient de la mouvance ou de l’opposition. Vous voyez ce qui se passe au niveau de la Lépi ? J’ose croire que l’équipe du Cos Lépi qui vient d’être mise en place, fera un bon travail et qu’il n’y aura pas de problèmes entre eux. Notre démocratie est à refaire. Elle est à la croisée des chemins. Nous devons assumer nos responsabilités. On est tous coupables. Le peuple béninois et les acteurs politiques sont tous coupables de tout ce qui se passe dans ce pays. Donc, c’est le système politique qui est à refaire.

Vous avez parlé de beaucoup de réformes. C’est vrai qu’il devrait avoir des réformes et en 2016, il faut forcément un homme nouveau pour les opérer. Quel profil préconisez-vous pour le prochain président de la République ?
Moi, je n’aime pas cacher mes mots. Il est important que nous ayons après Yayi Boni un homme d’Etat. Quand je dis un homme d’Etat, ce n’est pas le directeur de société. Quand je dis un homme d’Etat, ce n’est pas un enseignant. Quand je dis un homme d’Etat, c’est quelqu’un qui peut incarner le pouvoir d’Etat. Il est important que cet homme ait des qualités de leader. Ça, c’est très important pour moi. Il faut qu’il ait au moins dix ans d’expérience dans la politique et dans l’administration publique et si possible sur le plan financier. Parce qu’un chef d’Etat qui ne peut pas avoir l’œil sur tout ce qui se fait dans le pays, dans tous les secteurs d’activité et qui va se faire diriger par les cadres du Bénin, ce ne serait pas un bon chef d’Etat. Il faut qu’il soit quelqu’un d’équilibré. Il faut qu’il soit capable de redonner confiance au peuple et à la classe politique. Aujourd’hui, il y a une crise de confiance dans le pays tant au niveau de la mouvance qu’au niveau de l’opposition. C’est un véritable problème. Quand il n’y a pas un homme de confiance à la tête d’une organisation, quel qu’en soit ce qu’on va faire, il ne peut pas gouverner. Les problèmes que Yayi a connus, il en connaîtra encore pire. Il faut qu’il soit un homme qui fasse consensus et qu’il tienne parole face à ses engagements. C’est le défaut de certains hommes d’Etat. La Bible dit que votre oui soit oui et que votre non soit non. Nous ne voulons pas un président dribbleur qui prend des engagements et au finish, il dribble. Il ne respecte plus ses engagements. Cela va créer trop de problèmes dans le pays. Donc, je ne sais pas si c’est cela qui est à l’origine des cassures des partis politiques, des démissions au sein de certains partis politiques, le manque d’engagement. Cela aussi, on doit le lire dans la vie de cet homme, c’est une valeur. Quelqu’un qui tient parole. Il faut qu’il soit capable de continuer les réformes entamées par son prédécesseur, je veux parler de Yayi Boni. Et qu’il soit en mesure de préserver les acquis de la démocratie béninoise depuis 1990 à nos jours. Mais, un nouveau président qui vient balayer du revers de la main tout ce que Yayi a construit en 10 ans, il n’est pas le bienvenu. Un président qui vient, qui veut faire la chasse aux sorcières au président Yayi Boni, il n’est pas le bienvenu. Ça ne va pas contribuer à la paix dans notre pays. Nous allons diviser le nord contre le sud. Yayi a bien fait mais il n’est pas parfait. Il faut que celui-là puisse construire dans les lignes laissées par son prédécesseur, il aura peut-être sa vision à lui, il ne va pas bâtir dans la vision de Yayi Boni, mais l’administration, c’est la continuité. Il ne viendra pas détruire tout ce que Yayi Boni a fait. Voilà ce que je pense sur cette question.

Votre mot de la fin ?
Je vais inviter la classe politique à rester sereine. Je veux inviter les religieux à se mettre à genoux pour prier pour notre nation. Je veux inviter le Dr Yayi Boni, il a un rôle très important à jouer dans le cadre de ces élections, qu’il puisse assurer la sécurité des candidats quelles que soient leurs couleurs, et que ces élections soient pacifiques, et que le ministère de l’intérieur puisse jouer son rôle de garant de la sécurité nationale et que l’armée reste à sa place. L’armée n’assure pas la sécurité et c’est cela qui peut amener les problèmes dans ce pays. Quand on apprend que l’armée a quadrillé l’aéroport, l’armée a quadrillé ci, ça sonne mal. Nous avons les services de sécurité, la gendarmerie, la police, les sapeurs-pompiers. Ils sont capables. Ils sont suffisamment armés. Ce n’est qu’en temps de guerre qu’on peut faire intervenir l’armée. C’est quand la police, la gendarmerie se trouvent dans l’incapacité de gérer une crise sécuritaire que l’armée peut intervenir. Je veux également dire à nos frères journalistes, parce que je suis bien tout ce qui s’écrit aujourd’hui dans les journaux contre tel ou pour tel candidat, il faut que la Haac reprenne certains journalistes malveillants parce que quand on suit bien ce qui se dit dans les journaux, c’est comme si on a acheté ce journal contre tel candidat. Ce n’est pas normal. Et le rôle de la presse pendant et après les élections est important. Il faut que la Haac prenne ses responsabilités parce qu’il y a déjà des dérapages que moi je dénonce. La presse contribue à la paix et à la bonne gestion du pays. Je prie que le Seigneur bénisse notre pays, le Bénin.
Entretien réalisé par : Angelo DOSSOUMOU et Adrien TCHOMAKOU

11-09-2015, Angelo DOSSOUMOU


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