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Lutte contre l’insécurité au Bénin : Ce que cache la Police Républicaine

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La Police Républicaine comme force unique de sécurité intérieure est sujette depuis peu la polémique, notamment sur certains pans du rapport de la commission présidée par le Gl Félix Hessou. La question de la suppression de l’action syndicale ou encore l’anxiété que génère dans le rang des agents le délicat sujet de la gestion des grades sont des préoccupations, qui éloignent les regards de l’essentiel. Pourtant, les Béninois ont encore en mémoire les corollaires de cette gestion parallèle de leur sécurité qui a bien souvent fait frôler le pire à la République. Le manque de cohésion entre les renseignements de la police et de la gendarmerie n’a pas toujours permis à ceux qui en ont la responsabilité, de garantir la sécurité des citoyens, bien au contraire cela offrait une opportunité aux divorcés sociaux qui en usent pour semer la terreur, avant d’être parfois rattrapés par des unités mixtes constituées de façon sporadique et baptisée avec des noms ronflants, ‘’Djakpata, Mamba…’’.
Faut-il poursuivre avec cet amateurisme ou oser aller de l’avant, surtout quand le diagnostic est connu et les remèdes sont proposés par des personnes averties de la chose comme le Gl Félix Hessou. Le gouvernement du Nouveau départ a opté pour la raison. Et au-delà des considérations politiciennes et des clivages politiques, l’intérêt supérieur de la Nation doit guider les prises de positions dès lors qu’il s’agit d’un sujet aussi délicat que la sécurité des personnes et des biens. Il faut bien que l’on se pose les questions justes.
Qui a intérêt à voir des personnes chargées d’assurer la sécurité déserter le service pour faits de grève ? L’action syndicale d’accord, mais la dérogation pour certains corps paraît raisonnable, encore que la commission du Gl Hessou propose des délégués de personnels pour rapporter à la hiérarchie, les doléances des agents qui, il faut le rappeler, sont ‘’armés’’.

Une gestion intelligente des renseignements

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« Les défis sécuritaires de notre temps ont changé de nature et de dimension. Les menaces auxquelles le monde doit faire face exigent une nouvelle définition des rôles et de nouvelles compétences davantage tournées vers le développement du renseignement. L’ère du policier ou du gendarme posté au bord de la voie ou dans nos contrées est révolue… ». Ces propos du chef de l’Etat à la réception du rapport de la commission Hessou posent la problématique de la gestion des informations sécuritaires par la police et la gendarmerie. Combien de régisseurs de prisons ne sont pas surpris de voir les mêmes détenus parcourir différents centres pénitentiaires sur l’ensemble du territoire national ? Dès que l’individu purge sa peine, il est libre de ses mouvements et change rapidement de ville pour commettre d’autres forfaits, sans qu’il n’y ait un fichier centralisé à la disposition de ces forces de sécurité pour savoir la conduite à tenir en cas d’une nouvelle arrestation. Au-delà de cet aspect, pour la sécurité aujourd’hui, à l’ère où le monde doit faire face au terrorisme, au grand banditisme, penser à une meilleure gestion du renseignement est impératif.
Avec la Police Républicaine, il s’agira d’un fichier unique de renseignement général qui sera synchronisé par la Direction des services de liaison et de la documentation (Dsld) et d’une immatriculation de toute personne vivant sur le sol béninois comme c’est le cas dans l’Hexagone. Aussi, le chef de l’Etat envisage l’installation d’une vidéosurveillance dans toutes les zones commerciales, et cette politique de fusion de la police et de la gendarmerie devrait faciliter la mise en œuvre de cette réforme. « Les services de renseignement devront être désormais engagés en appui aux forces de sécurité publique pour assurer la protection des populations de nos villes et campagnes », déclarait Patrice Talon dans son discours d’investiture.

Une cohérence d’actions et une meilleure organisation
La police républicaine aura pour mission le maintien de l’ordre public sur le territoire national et sera capable de faire face à toutes les phases de l’évolution d’une crise. Telle est la conviction du Gl Félix Hessou. Cette force unique de sécurité intérieure aura un budget autonome, et la fusion permettra une meilleure gestion des matériels roulants. Une harmonisation des salaires et des primes mettra un terme à cette polémique qui veut montrer que la ‘’police’’ est un parent pauvre de la République. La question de la gestion des galons est étudiée avec minutie et passera sans grand bruit, car les hommes en uniforme ont un sens aigu de la discipline et mieux, sont sous serment.

Organigramme de la Police Républicaine

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La hiérarchie au niveau de la Police Républicaine va connaitre une autre architecture bâtie suivant le modèle ivoirien et nigérian. Il s’agira d’avoir à la tête de cette force unique, un Directeur général et trois Directeurs généraux adjoints qui seront notamment des policiers et des gendarmes. Selon des indiscrétions, le Directeur général de la police nationale sera un policier. Les trois directeurs généraux adjoints auront respectivement pour mission d’assurer la sécurité intérieure du pays, l’administration générale et la gestion du personnel.
C’est dire que la réforme est bien mûrie et que les acteurs à divers niveaux devraient se l’approprier et faire fi de la polémique inutile. « Je compte sur l’ensemble des institutions de la République dont l’accompagnement est dispensable à la réussite de ce projet. Quant à mon gouvernement, il ne ménagera aucun effort dans la conduite et l’atteinte des objectifs fixés, pour que notre pays puisse disposer d’une nouvelle force de sécurité publique », a déclaré à juste titre Patrice Talon.

28-07-2017, Arnaud DOUMANHOUN


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