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Polémique autour de l’interdiction du droit de grève à certains travailleurs : Le député Gildas Agonkan défend son droit de légiférer pour le bien du peuple

Le député Gildas Agonkan, membre de la majorité parlementaire était ce dimanche 14 janvier 2018, l’invité de l’émission Zone Franche de la chaîne de télévision privée Canal 3 Bénin. Il s’agissait pour lui de donner son point de vue sur l’actualité au Parlement ces derniers temps avec le vote de plusieurs lois dont celle portant statut de la magistrature et celle portant statut de la fonction publique, deux lois dans lesquelles le droit de grève est retiré à un certain nombre de catégories de travailleurs à savoir les magistrats, les agents de santé et les agents paramilitaires. Sur la question, le député Gildas Agonkan semble ne regretter aucunement le vote de ces lois relatives au droit de grève. Pour lui, il s’agit d’une décision qu’il a prise en toute responsabilité, certainement comme les autres députés de la majorité parlementaire, et c’est tout heureux que cela cadre avec les ambitions du Chef de l’Etat, le président Patrice Talon qu’ils ont décidé librement de soutenir. A ses collègues de la minorité parlementaire qui vilipendent cette majorité parlementaire pour ses choix, le député Gildas Agonkan répond que c’est de bonne guerre, et leur position participe à la vivacité de la démocratie béninoise. Mieux, il a laissé entendre que bon nombre des membres de la minorité parlementaire d’aujourd’hui avaient bien soutenu l’interdiction du droit de grève aux douaniers au moment où ils étaient de la mouvance présidentielle. Aussi, s’est-il voulu rassurant quant à la suite que le Parlement donnera si la Cour constitutionnelle déclarait les lois votées et relatives au droit de grève contraires à la Constitution du 11 décembre 1990. Sans ambages, il a dit que l’Assemblée nationale ne peut s’empêcher de respecter la décision de la Cour constitutionnelle. « …Nous avons pensé que le juste milieu aujourd’hui est de voter pour le retrait du droit de grève dans ces secteurs essentiels. Nous attendons la décision de la cour constitutionnelle… », a ajouté Gildas Agonkan.
D’ailleurs, parlant du respect des décisions de la Cour constitutionnelle, le député Gildas Agonkan n’a pas occulté la décision de l’institution relative à la non désignation des représentants du Parlement au Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi), un dossier qui fait couler beaucoup d’encre et de salive avec des attaques tous azimuts contre le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Pour le député Gildas Agonkan, l’on devrait plutôt rendre hommage au président Adrien Houngbédji qui, bien avant la décision de la Cour constitutionnelle, a toujours attiré l’attention de ses collègues députés sur la nécessité de désigner les représentants de l’institution au Cos-Lépi. Poursuivant dans le même ordre d’idées, il a dit que contrairement à ce que certaines langues font croire à l’opinion publique, le président de l’Assemblée nationale s’est bien plié à la décision de la Cour constitutionnelle en affectant le dossier à la Commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme de l’institution pour étude avant qu’il ne vienne en plénière pour débat comme l’exige le règlement intérieur du Parlement du Bénin. Par ailleurs, il a déclaré que la minorité qui pouvait demander l’étude du dossier en procédure d’urgence, n’a pas daigné le faire. Au sujet du délai fixé par la Cour constitutionnelle pour cette désignation, le député Gildas Agonkan a caricaturé, en ces termes : « …La Cour vous dit que demain matin vous devez être à Paris. C’est une décision sans recours. C’est bien. Mais vous vous rendez compte que vous n’aviez pas de passeport ni de visa. Comment vous pouvez partir à Paris ? (…) Vous serez obligé de vous conformer aux règlementations de votre pays… », a-t-il déclaré. Ceci pour dire que le Parlement suit toujours une procédure pour tout dossier qui tombe sur la table de son président.

15-01-2018, Karim O. ANONRIN


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