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Polémique autour de la nouvelle carte universitaire : La Ministre Odile Atanasso promet le consensus

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Le ton est monté d’un cran hier à l’hémicycle au Palais des gouverneurs à Porto-Novo à propos de la nouvelle carte universitaire établie par le régime de la ‘’rupture’’. La séance plénière prévue pour se consacrer à l’examen de deux projets de loi portant autorisation de ratification d’accords de prêts pour la construction de deux universités à Abomey et à Kétou s’est vite transformée en une séance de question orale avec débat au gouvernement. La plupart des députés intervenus ont plaidé pour le maintien de la carte universitaire héritée du régime défunt. Déjà au début de la séance plénière, la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Odile Atanasso, a rencontré le courroux de certains députés qui étaient décidés à rejeter les deux projets de lois en question. Même la tentative du président de la Commission des finances et des échanges, Raphaël Akotègnon, de modifier le rapport transmis aux députés en y ajoutant un élément nouveau n’a pas arrangé la situation. Plus précisément, le président Raphaël Akotègnon, a plaidé pour l’adoption des deux lois en question en précisant qu’il y a un risque de perdre les financements d’ici la date du 3 octobre 2016. Ceci, contrairement à l’avis de la commission qui a plutôt suggéré de différer la ratification des deux accords de prêts, le temps pour le gouvernement de revoir l’équilibre de la carte universitaire querellée. Mieux, sur insistance du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, la Ministre Odile Atanasso, a évoqué l’idée d’atelier pour trouver un consensus entre le gouvernement et le Parlement sans oublier les autres acteurs concernés par le dossier. Mais c’était sans compter avec la détermination de plusieurs députés qui voulaient en découdre avec le gouvernement sur cette question de carte universitaire. Dans leurs différentes interventions, ceux-ci ne sont allés pas du dos de la cuillère pour exiger le maintien de la carte universitaire en vigueur jusqu’à l’avènement du régime de la rupture. Même lors du débat général sur les points à l’ordre du jour, ces députés ont réitérer leur souhait.
(Lire ci-dessous quelques propos des députés hier sur la nouvelle carte universitaire)

Extraits de quelques propos tenus par des députés au sujet de la carte universitaire proposée par le gouvernement Talon
André Okounlola

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« …Je ne vous apprends rien en vous disant qu’il fraudrait réserver à l’institution parlementaire, la place qu’il lui faut. Dans une démocratie, l’Assemblée nationale est le centre de la politique. Nous représentons ici les 10 millions de Béninois. Celui qui ne nous respecte pas ne respecte pas le peuple. Le gouvernement n’est pas là en l’air. Le gouvernement est là pour diriger le pays. Je souhaite que madame la Ministre prenne la parole pour s’excuser publiquement de tout ce qu’elle a dit, y compris par ses collaborateurs. On ne peut pas dire que les députés n’ont rien compris (…) Quand on parle de régionalisation des universités, pourquoi c’est aujourd’hui qu’on en parle ? Le gouvernement veut tromper le peuple. Porto-Novo est une ville Capitale du Bénin et on nous parle de l’Université d’agriculture de Porto-Novo. Ça veut dire quoi ? Où est ce qu’on va faire l’expérimentation en agriculture ici à Porto-Novo ? Porto-Novo abrite déjà une université pluridisciplaire. Qu’on la laisse comme ça parce que c’est la Capitale du Bénin. Ce n’est pas le gouvernement actuel qui a trouvé le financement. C’est le gouvernement défunt qui l’a trouvé. En quoi ça vous dérange qu’on parle de l’Université d’agriculture de Kétou ? Est-ce qu’à l’Université d’agriculture de Kétou, il n’y a que des gens de Kétou ?... »

Marcellin Ahonoukou
« …Le nombre d’universités créées en si peu de temps nous interpelle. De deux, nous sommes allés à 7 puis nous sommes revenus à 4 universités. Je ne suis pas contre la création des universités. Mais je n’aimerais que le Bénin soit une terre de prolifération d’universités de peu de qualité. A l’allure où vont les choses, nous risquons de nous retrouver face à un fléau parce que cela peut engendrer une situation difficillement gérable. Interpellons notre conscience par rapport à ce dossier. De quel moyen disposons-nous pour créer tant d’universités pendant que déjà dans les facultés, les étudiants s’asseyent à même le sol ? (…) La question préjudicielle évoquée par les collègues ne tient pas parce que les projets ont toujours leur domaine d’intervention… »

Abdoulaye Gounou
« …Il n’est de secret pour personne que le développement des villes prend départ à partir du développement des universités et des industries (…) Ce que nous demandons au gouvernement, c’est qu’il accepte de remettre la balle à terre… »

Jean-Michel Abimbola

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« …Mme le Ministre, je voudrais vous dire que nul n’a le monopole de l’intelligence. Sans le politique, c’est sûr que vous ne seriez pas Ministre. Vous nous obligez à notre corps défendant, à ne pas être d’accord avec le gouvernement ; un gouvernement que nous soutenons par ailleurs. Je voudrais vous dire qu’il est important que le gouvernement revoie sa décision. Le gouvernement a pris un engagement pour un atelier. Je souhaite que ça soit un atelier de forme. L’Université d’agriculture de Kétou est la troisième université créée au Bénin. Déjà le 6 décembre 2007, dans une décision du Conseil des Ministres, le gouvernement de notre pays a décidé de la création de l’Université d’agriculture dans le but de promouvoir le secteur agricole dans notre pays. C’est suite à cette décision que tous les acteurs universitaires ont convenu du choix de Kétou pour abriter cette université d’agriculture. C’est ainsi qu’un Centre universitaire a été ouvert à Kétou en 2009 puis transformé plus tard en université en 2013. Ceci, pas dans un contexte électoraliste, mais en tenant de certains critères bien définis. Vous savez très bien que Kétou a une proximité avec le Nigeria et plus précisément avec l’Institut international d’Ibadan dans l’Etat d’Ogoun au Nigeria. Vous savez également que Kétou est la deuxième Commune la plus vaste du Bénin après Djidja. Elle représente 49% de la superficie des départements de l’Ouémé et du Plateau et 52% de la superficie du Plateau. La Commune de Kétou est le premier grenier dans le Sud du Bénin. La création des autres universités est venue beaucoup plus tard dans d’autres contextes (…) De grâce, prenez une décision consensuelle pour le développement de notre Nation… »
Propos recueillis par Karim Oscar ANONRIN

17-08-2016, Karim O. ANONRIN


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