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Premier tour de la présidentielle de 2016 : Les indices du report du scrutin du 28 février

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Le processus électoral est enrhumé. Et quand les vieux démons de l’inorganisation, de la précipitation, de l’amateurisme et de l’inaction devant les priorités sont de retour, la conséquence est immédiate. A l’heure actuelle, seuls les hyper optimistes peuvent encore croire à un premier tour de la présidentielle de 2016 pour le 28 février prochain. Il ne tient plus qu’à un fil. Et pour cause, à dix sept jours de la date fatidique, c’est à une pagaille autour de la distribution des cartes d’électeurs qu’assiste le peuple. Alors que selon le code électoral en son article 183, cette distribution est ouverte durant quinze jours ininterrompus et que possibilité doit être donnée à l’électeur, à au moins quinze jours du scrutin, de faire des recours sur la liste et les cartes d’électeurs, c’est le chaos.
Le Cos-Lépi a franchi la ligne rouge. Le code électoral violé et le processus électoral ‘‘dos au mur’’, les acteurs impliqués dans l’organisation de la présidentielle ont fini par sortir de leur long sommeil et jouer au médecin après la mort. Cela s’est traduit hier par deux rencontres entre le bureau du Cos-Lépi, les membres de la Cena, le Ministre en charge des relations avec les institutions (Mcri), le président du Conseil économique et social (Ces) et le Vice-premier ministre, François Abiola. Pour analyser la situation de crise autour de l’organisation du scrutin du 28 février, une première réunion s’est tenue dans la matinée d’hier au siège de la Cena. Puis, quelques heures plus tard, c’est au siège du Cos-Lépi que la concertation s’est poursuivie.

Des vérités qui sautent à l’œil !
D’une réunion à une autre, la délégation s’est rendue chez l’opérateur technologique en charge de la confection des cartes d’électeurs. Là, les vérités qui sous-tendent l’absence d’anticipation et l’amateurisme qui ont jusqu’ici caractérisé l’organisation de nos différents scrutins ont été rélévées. L’opérateur technologique a ainsi confié que la date du 10 février précédemment arrêtée pour livrer l’ensemble des cartes d’électeurs est inopérante. Raisons évoquées : la rupture de consommables et des difficultés d’approvisionnement puis la grève dans le secteur aérien dans les pays pourvoyeurs desdits consommables. Au finish, le nouveau chronogramme fixé par l’opérateur technologique pour livrer les cartes restantes est le 15 février. Pour cela, le Cos-Lépi avait été saisi par l’opérateur technologique pour une légère prolongation de son chronogramme de production des cartes d’électeurs.
En somme, il faut un miracle pour que les Béninois aillent aux urnes dans seulement 17 jours avec tout ce que cela implique. C’est dire qu’avec des cartes d’électeurs attendues au delà du 15 février, il est impossible de tenir le pari du 28. La preuve, il n’a pas fallu longtemps après les réunions successives d’hier entre le Cos-Lépi, la Cena, le Mcri, le président du Ces, le Vice-premier ministre Abiola pour que des indiscrétions avancent les dates du 6 mars ou du 13 mars pour le premier tour de la présidentielle de 2016. Toutes les possibilités sont à l’étude et il n’est pas exclu que le scrutin se tienne en semaine.
Déjà en 2011, le Bénin est passé par ces émotions de report. Et comme cela se dessine actuellement, les élections prévues en février ont fini par se tenir en mars. D’ailleurs, des candidats à l’élection présidentielle à l’instar de Gabriel Ajavon n’ont pas attendu les réunions d’hier pour tirer la sonnette d’alarme. Tout comme le Collectif des candidats de l’opposition en 2011, ils exigent un report salvateur. Autrement, ce sera le chaos. Mais, le génie béninois et la raison finiront par prévaloir. La date du 28 février finira par être jetée dans la poubelle de l’histoire de la présidentielle de 2016.

11-02-2016, Angelo DOSSOUMOU


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