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Premières actions du Nouveau départ : Beaucoup de similitudes, mais…

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Pascal Irenée Koupaki joue le même rôle qui fut le sien il y a dix ans. Cette fois, avec des attributions différentes. Ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République, il lui est revenu l’honneur de faire un point sommaire des premières décisions du Conseil des ministres. Mais avant de procéder à cet exercice, il a tenu à rappeler que les comptes de l’Etat au 7 avril 2016 sont déficitaires. Pour des besoins urgents de l’ordre de 160 milliards, les ressources disponibles s’élèvent à 47 milliards soit un gap de 113 milliards. Dix ans plus tôt, sous le régime du changement, Pascal Irenée Koupaki, alors ministre en charge du développement et des finances, avait annoncé que le régime défunt à l’époque n’avait laissé dans les caisses de l’Etat que la modique somme de deux cent millions. Avec l’air sérieux qu’on lui connaît, après une décennie, le même ministre a annoncé quasiment des nouvelles déprimantes au peuple au début d’un nouveau régime.
Pour renverser la tendance en 2006 afin de concrétiser effectivement le « changement » prôné, la charte du gouvernement qui énonce les valeurs républicaines a été élaborée et rendu publique. Bonne gouvernance, reddition de comptes, transparence, intégrité, patriotisme, sacrifice de soi pour la nation, tels sont quelques uns des principes édictés dans cette bible gouvernementale. Au fil des mois et des années, ce document fut simplement rangé dans les tiroirs. Cette fois encore, ce sont les mêmes principes qui sont énoncés au terme du premier conseil des ministres du gouvernement de la rupture. Pascal Irenée Koupaki, une fois encore, a fait cette annonce à l’opinion publique.
Dans la foulée, tout comme en 2006, il a été annoncé l’audit des ministères et des organismes publics. Le nouveau gouvernement tient en effet à savoir comment le pays a été gouverné ces dix dernières années. Malgré ses bonnes intentions, le régime de Boni Yayi n’a jamais publié les résultats de ces audits. Bien au contraire, de nombreux scandales ont émaillé ses deux mandats passés à la tête de l’Etat. Porteurs d’une nouvelle espérance au départ, l’ex chef de l’Etat et ses collaborateurs sont passés à côté des aspirations du peuple.
Avec Patrice Talon, ce sont quasiment les mêmes méthodes, les mêmes assurances données par Boni Yayi au départ qui sont observées. Mais pour ce qui est du régime de la rupture qui prône le nouveau départ, il y a deux différences fondamentales. Primo, Patrice Talon a fait le choix d’un mandat unique et veut s’en tenir à ça. Cela lui donne peu de temps pour verser dans les digressions et le clientélisme politique si tant est qu’il tient à laisser un bon souvenir aux Béninois de son passage à la tête de l’Etat. Alors, en ce qui concerne les audits par exemple, il faut, cette fois-ci des résultats concrets, aller avec des mains fermes pour relever les failles de la gestion du régime Boni Yayi. Et donc, pour marquer la rupture, il est indispensable que les audits du gouvernement Talon ne connaissent pas la fin de ceux du gouvernement de son prédécesseur. Secundo, il manifeste un vif intérêt pour les réformes politiques et institutionnelles. C’est une pression supplémentaire qui pèse sur ses épaules. Lorsqu’on considère les autres défis d’ordre économique, social et culturel, les nouveaux dirigeants n’ont pas une minute à perdre.
Les conditions particulières dans lesquelles l’actuel chef de l’Etat a pris le pouvoir sont autant d’éléments qui doivent l’inciter à mouiller le maillot et démontrer qu’il n’est pas qu’un homme de promesses. On ne peut s’empêcher de remarquer des similitudes entre son prédécesseur et lui dans la manière dont ils ont mis le pied à l’étrier. Seuls les résultats feront la différence entre les deux.

15-04-2016, Moïse DOSSOUMOU


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