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Procès Icc-services : Les accusés se contredisent, les victimes entrent en scène

Le 24e jour du procès Icc-services a été marqué hier à la Criet par une confrontation des accusés au sujet du mécanisme de placement des fonds déposés par les clients. Cependant, les confrontations ont fait montre de quelques contradictions. Herman Mèton, une victime a été appelée à la barre pour expliquer ce qui l’a motivé à placer plus de 600.000 Fcfa à Icc-services. Mais il faudra plus qu’un reçu de dépôt pour convaincre Me Hervé Gbaguidi, Avocat de la défense sur son statut de client et donc de victime

Point des biens des responsables d’Icc-services
Procureur Spécial : Hier quand j’ai quitté, j’ai recherché. Par rapport à votre carnet, normalement ça doit être dédicacé pour Bazounkpa. Mais vous avez mis agence de Dantokpa. Pourquoi ?
J’ai dit hier que quand on a commencé, ils n’avaient pas encore apprêté tout ce dont on a besoin à Bazounkpa. On a commencé avec les livrets de Dantokpa.

Donc on retient que Bazounkpa a travaillé avec les livrets de Dantokpa. Ensuite le 06 avril 2010, le matin vous avez reçu un client du nom d’Affo Cossi Prospère. C’est un instituteur. Il est au téléphone 97574941. Ce client vous a apporté 2.550.000f et vous lui avez demandé de l’éclater en deux. Il a éclaté en deux. Et du premier il a été fait un dépôt de 1.500.000 Fcfa. Le calcul a été fait pour que son retour soit le 06 juillet 2010 avec 2.100.000 Fcfa, trois mois après. Ce même jour 06 avril 2010, il y a eu 1.050.000 Fcfa et son retour était prévu pour le 06 août 2010 avec 1.610.000f. Vous en dites quoi ?
Merci Monsieur le Président. Je ne me rappelle plus. Mais ce que je sais que pour le plan de 1.500.000f, ce ne sont pas de la catégorie de 3 mois. Je ne sais pas si quelqu’un a fait un plan de Merveille. C’est 1 millions et plus.

Vous reconnaissez maintenant qu’on peut déposer 1.000.000f au moins ?
Ça fait partie des plans.

Mais quand j’avais posé cette question, vous m’avez répondu non.
Vous m’avez demandé s’ils ont déposé au niveau de mon agence

Oui, au niveau de votre agence
Moi je ne me rappelle plus

Dans le carnet, c’est vous qui avez paraphé,
Je ne refuse pas. Ça fait partie des plans. Mais je ne m’en souviens plus si quelqu’un l’a fait et l’a mis en bloc.

Monsieur le président je tenais à montrer ça. Et ce qui est important c’est qu’on dépose 1.500.000 Fcfa le 06 avril 2010 et lui-même a écrit que celui-là va gagner 2.100.000f le 06 juillet 2010.
Me Gbaguidi : Vous comprenez bien que l’accusé devant vous a dit qu’il n’a pas souvenance. Les années sont passées. La mémoire a pu être altérée face aux agressions du temps, de l’émotion, du stress et de l’incertitude. Alors si la cour veuille accepter ce que l’accusé a pu nous dire au ministère public pour revenir à nos souvenirs.

(La cour invite les autres accusés à venir à la barre)
Procureur Spécial : Monsieur le président, nous avons le dossier des immeubles d’Icc-services mis sous mains de justice. Il faudrait que nous puissions comprendre les pièces. Puisqu’on nous a dit que les membres de la commission d’enquête judiciaire, nous ont dit que ce sont eux avec les mis en cause qui ont fait le tour de leurs propriétés. Nous avons au niveau des immeubles, des sigles et non seulement des sigles. Nous voulons vérifier si ces immeubles-là, ont été effectivement marqués par les accusés pour que d’autres personnes ne viennent pas demain nous dire, parce qu’à ce jour, on n’a reçu aucune contestation dans le dossier judiciaire. Par rapport à l’immeuble faisant objet de marquage. Et pour permettre aux enquêteurs de suivre la cause, je leur ai donné en même temps copies de ce que j’ai, tous les conseillers ont reçu également copie donc je les prie de prendre leur copie. (…)

Procureur Spécial : Nous avons l’immeuble pour le compte de la nouvelle fédération : immeuble du lot Y 19 n°5 sis à Abomey-Calavi quartier Zopah et marqué CAEJ/AK01. Monsieur Adounsiba, vous allez bien vouloir nous indiquer les initiaux afin qu’on puisse comprendre.
Adounsiba : CAEJ (Commission Automne d’Enquête Judiciaire) et AK (Akplogan).

Le second immeuble 19, le troisième immeuble 19 également. Est-ce que vous reconnaissez avoir ces immeubles pour le compte de la fédération. Il y a 10 immeubles dans la Zopah. Vous les avez déclarés ?
Guy Akplogan : A la fédération, c’est juste trois immeubles. Et tout le reste, ce sont des immeubles inachevés que je suis en train d’entreprendre avec GBB.

Sont-ils inachevés dans la construction ou bien c’est le travail de transfert de droit dans votre patrimoine ?
C’est inachevé dans la construction. Pour le droit de propriété, je ne me souviens pas avoir fini avec eux. Mais pour les trois immeubles dans lesquels on travaillait, ça c’était fini.

Nous avons dans le compte de Guy Akplogan lui-même, immeuble à 5 parcelles qui est dans la Zopah versali, n°11 à 93.
Je ne saurais le dire. ’Il y a eu de redondance dans les marquages. Il y a pleins d’immeubles pour lesquels je n’ai pas fini la transaction.

Kraké frontière, Sèmè-Podji, Thoune, vous avez payé ça ?
Oui

Les immeubles qui sont à Porto-Novo, Léon bourgie, aviez-vous fini de payer ça ?
Je n’ai pas souvenance.

Dohou Ludovic, nous avons les immeubles sis à Godomey Hêdomè marqué CA 0 DH2. Monsieur Ludovic, vous avez les quatre immeubles qui sont là. C’est vous qui avez montré ça ?
Pour le marquage, je ne suis même pas sorti avec la commission.

Monsieur Adounsiba, il dit n’être pas sorti avec la commission. Comment avez-vous eu les immeubles ?
Il y a une équipe qui fait le recensé ment. Nous au départ, on s’occupait seulement des auditions et des PV. C’est vers la fin comme il n’y avait plus beaucoup d’auditions à faire qu’on a commencé à le faire. Mais pour monsieur Dohou Ludovic, je n’étais pas là.

Qui est-ce qui a recensement les quatre biens de monsieur Dohou ? Je rappelle que ça fait trois immeubles à Godomey et un immeuble à Calavi.
Saké : Ce que je peux dire par rapport à ces cas, comme pour Akplogan, il y a eu des dénonciations qui ont été faite entre temps et qui sont parfois avec les membres des familles des intéressés qui ont pu être entendus. A défaut d’entendre l’intéressé, il y a un proche de lui qui est entendu pour confirmer ou infirmer. Je voudrais respectueusement demander à la cour si lui-même ne reconnaît pas sa propriété.

Monsieur Dohou Ludovic, est-ce que ces quatre immeubles sont dans votre patrimoine ?
J’ai un seul immeuble à Calavi et un seul à Hêdomè.

Et les deux autres ?
Je ne les reconnais pas. (…)

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Guy Akplogan, le 12 juin 2007, vous étiez allé à l’une des agences de Bank of Africa pour faire un virement de 150 000.000 Fcfa. D’où vient cet argent ? Où va-t-il ?
Je ne me souviens pas monsieur le président.

Vous n’étiez pas allé faire un virement après avoir procédé à un échange en dollars ?
Ça me dit rien monsieur le président

Et la Banque a refusé de vous concéder l’opération ?
Je sais qu’en 2007, j’avais un client qui voulait faire un virement vers nous et la banque avait refusé à l’époque. Et c’est resté comme ça. Ça n’a jamais été fait. Ce n’est pas nous qui voudrions faire l’opération.

Un client voulait faire un virement d’un tel montant vers vous pour quoi faire ?
En fait c’est un client qui voulait une action de placement et qui m’avait sollicité. Je lui ai dit que j’ai un compte à la Boa. Quand l’information est arrivée au niveau de la Boa, ils m’avaient appelé pour constater. Et à ce niveau-là, le conseil nous a dit non que ce n’est pas autorisé.

Nous allons revenir sur la floraison des activités génératrices de revenus que vous m’aviez dit pour faire face aux taux promis à vos clients. Vos co-accusés ont dit que vous leur avez servi le placement en ligne, E-gold. A l’œuvre des arguments, des discussions ici, cette activité est plombée, vous aurez servi que vous investissez dans les activités minières et pétrolières. À l’arrivée rien de tout ça n’en est. Nous avons dans la branche des activités agro-pastorales, des palmeraies, lapinerie, etc. Est-ce que ces champs emblavés ne sont-ils pas une façade ?
Ce n’est pas de la façade. Quand on a commencé, j’ai dit qu’on faisait un peu de tout et j’avais commencé beaucoup plus avec l’informatique et toutes mes transactions servaient à cela. Au niveau des BTP, toutes mes transactions aussi servaient à cela.

Agbonon Michel,
est-ce que vous vous rappelez avoir dit à la cour ici qu’à un moment donné vous avez cherché à savoir quelles sont ces activités-là qui procurent aussi tant d’argent pour payer les intérêts ? Et bien votre supérieur hiérarchique Tihoundro Étienne vous a servi que c’est dans les sociétés minières et pétrolières que les sous sont investis ?
J’ai dit hier qu’au cours d’une réunion à Zoundja, c’est le chef d’agence de Ouidah qui a posé la question et Dohou Ludovic a dit qu’ils sont en partenariat avec des partenaires qui exploitent du pétrole, de l’or, etc. (…)

Hermann Mèton : « Ce n’était pas une facilité, il n’y a pas d’argent facile »
Monsieur Hermann Mèton, Est-ce que vous aviez épargné à Icc-services ?
Oui monsieur le Président

Dans quelle rubrique d’activité de ladite structure ?
J’ai fait le placement à Icc-services, Agence de Dédokpo située dans le 3e arrondissement de Cotonou.

Vous avez placé combien ?
J’ai placé d’abord 150.000 Fcfa et par la suite 600.000 Fcfa. Ce qui fait 750.000 Fcfa. Lorsque j’avais déposé les 150.000 Fcfa, c’était pour voir si ce qu’on m’a dit est réel. C’était en 2009. Je me suis rendu à l’agence Dédokpo et j’ai perçu les intérêts qui s’élevaient à 60.000 Fcfa. Par la suite, en janvier 2010, j’ai déposé 600. 000 francs Cfa. Quelques mois après, je voulais aller chercher les intérêts quand j’ai constaté entre temps que le local qu’occupait l’agence était devenu trop exigüe pour contenir le monde. A quelques mètres déjà, j’entendais les bruits. Sur les lieux, j’ai constaté que les gens tempêtaient et que le payement posait problème.

N’aviez-vous pas eu 60.000 sur les 150000 Fcfa ?
Oui.

Vous n’avez pas retourné les 150000 ?
Pas du tout. C’est un ami qui m’a parlé de çà. Donc trois mois après, effectivement, j’ai reçu les 60.000 Fcfa comme intérêt.

Qu’est qui vous a amené à élever cette croyance en Icc-services pour passer de 150.000 Fcfa à 600.000 Fcfa ?
J’avoue que lorsque l’ami m’en avait parlé vers fin 2008, j’ai décidé de faire des enquêtes pour voir si réellement, il y a une structure qui opère et qui donne des taux pareils. A l’époque, je suivais des reportages qui montraient les responsables d’Icc-services faisant des dons dans les orphelinats. Je me suis dit que s’il y a une structure dont les responsables font plus le social, alors ils ont suffisamment d’argent pour pouvoir nous payer nos intérêts. C’est suite à cela que j’ai déposé mes 150.000 Fcfa.

Donc ce sont les œuvres sociales qui vous ont amené à croire aux capacités d’Icc-services à payer ces taux promis ?
Oui monsieur le président. Mais l’autre chose est que je me suis dit que nous sommes dans une République dirigée à l’époque en majorité par des docteurs en économie et finance. Si cette activité n’était pas une réalité, ces hautes personnalités n’allaient pas laisser prospérer cette activité. Lorsque je me disais que ces responsables ont la lourde obligation de nous protéger, c’est que par exemple le ministre de l’intérieur faisait des actes qui m’ont rassuré que nos autorités sont dans le mouvement. Ce n’est pas que ces structures ont exercé dans la discrétion, les agences étaient au vu et au su de tout le monde. On pouvait y aller.

Donc le silence du gouvernement d’alors donne approbation aux activités
Beaucoup monsieur le président. On pouvait comprendre si on n’était sous le régime du feu général Mathieu Kérékou. Lui, il s’y connaît en arme. Mais depuis 2006, on chantait un peu partout les docteurs en économie. Si sous ce régime, nous avons des activités pareilles, c’est comme si ça peut aller.

Au total vous avez perdu combien ?
Ça fait six 690.000 Fcfa. Parce que si j’enlève 60.000 francs de 750.000, il reste 690.000 francs.

Est-ce bien à Icc-services que vous avez épargnés ?
Je n’ai pas épargné dans autre structure en dehors d’Icc-services.

Avez-vous des preuves de tout ce que vous dites ?
Oui monsieur le président. J’ai les preuves avec moi. J’ai apporté les originaux (contrat, carnet), toutes les procédures du recensement et les auditions qui ont été faites dans les commissariats.

Ludovic Dohou, est ce que ces pièces relèvent de vos agences ?
Je n’étais pas le chef agence.

Herman Méton vous avez perdu 750.000 Fcfa. Avez-vous subi un préjudice ?
Parlant de préjudice, ce que je peux dire est qu’on ne m’ait pas rendu mes intérêts suivant le contrat de 150.000 Fcfa. La manière dont le débat se déroule depuis le procès, le président, les accesseurs et le procureur spécial nous nous soumettons à la décision de votre auguste cour, en collaboration avec les arguments de nos conseils.

Herman Mètonou, qu’est-ce que vous faites dans la vie ?
Comme je vous le disais tantôt, je suis opérateur économique.

Un opérateur économique, ce n’est pas un métier qu’on s’attribue après un cursus académique
C’est vrai Mr le président. J’ai des connaissances dans le domaine de transit mais j’ai vite fait de quitter pour me donner à autres choses comme le commerce. J’ai des boutiques que je gère, même s’il faut reconnaître que ça fluctue.

En cherchant à aller à Icc-services avec vos 750 mille francs, est ce que vous n’avez pas, à un moment donné de votre vie, envie de quitter le travail pour vous retrouver sur le chemin de la facilité ?
Non, monsieur le président. Ce n’est pas le chemin de la facilité. Une structure qui exerce, vous invite à venir déposer de l’argent pour qu’il puisse investir pour qu’au terme de trois mois vous ayez des intérêts, ce sont des choses qui se passent même avec les banques classiques. Lorsque vous faites un dépôt à termes, pendant un temps, cela vous donne droit à des intérêts annuels, trimestriels. C’est partant de ce que déposez que cette banque fait des prêts à des structures ou des particuliers pour qu’ils exercent des activités pour apporter en retour des intérêts. J’ai eu à faire un prêt de 500.000 Fcfa dans une structure et en 10 mois, j’ai payé 50.000 Fcfa de plus. Ce sont des fonds déposés par d’autres qui m’ont servi de prêt. Donc, c’est sous cet angle que je vois la chose. Ce n’était pas une facilité, il n’y a pas d’argent facile monsieur le président.

Est-ce qu’aviez poussé vos curiosités pour savoir les activités menées par Icc-services et qui sont susceptibles d’apporter des revenues ?
Personnellement, je n’ai pas poussé ma curiosité à ce point. Mais j’ai essayé de voir si trois mois après, j’allais toucher mes 60.000 Fcfa comme intérêt. J’étais pressé de voir passer les 90 jours. Le jour J, je m’étais pressé d’y aller et j’ai eu mes sous. Cependant, on attendait beaucoup de choses. Ils parlaient de placement en ligne et d’investissements. Mais on n’en avait pas une idée pointue. Nous, on s’est dit que c’est possible, même si on n’a pas une idée assez pointue. C’est ce qui nous a confortés dans notre position. Ceux qui s’y connaissent en matière d’économie et de finances et qui ont occupé des postes de responsabilité élevés n’ont rien dit. Ce sont ces autorités qui doivent nous appeler à la prudence et informer largement la population. C’est comme ‘’Redémarre’’ au Togo où j’ai été sollicité pour sensibiliser les épargnants. C’était une structure qui opérait comme Icc-services.

Cela peut faire partie de votre CV et non de votre déclaration ici.
C’est pour vous dire que ce sont des actions qui pouvaient être menées à l’époque pour éviter aux populations de continuer à placer leurs sous dans ces structures. Il n’y avait pas qu’Icc-services. Les structures de placements étaient nombreuses à l’époque. Chacune d’elles allait avec leurs intérêts. Je parlais de la Présidence de Boni Yayi où ceux qui étaient réticent avaient dit si après des années une structure fonctionne et que ces responsables sont reçues au Palais de la Présidence, c’est la preuve qu’on peut leur faire confiance.

A quel moment avez-vous su que votre espoir est tombé et qu’en réalité vous êtes dupé ?
Je n’ai pas encore réalisé à un moment donné que j’ai été dupé. Je ne peux pas parler en ces termes. Seulement que, après que je m’étais rendu à l’agence pour rentrer en possession de mes intérêts, j’ai compris qu’il y a problème. J’ai commencé par réfléchir. C’est aux assises de 2017 que j’ai entendu beaucoup de choses.

Donc vous continuez de croire en Icc-services ?
C’est à la suite des débats sur certaines questions que nous sommes en train de comprendre qu’en réalité, il y avait beaucoup de choses dont nous n’avons pas connaissance mais qui ont favorisé l’acte.

A combien avez-vous évalué lesdits préjudices ?
Si je vais parler de préjudice, par rapport au contrat, ce que la structure reste me devoir c’est trop.

Est-ce que avez lu le contrat d’adhésion qui vous a été proposé ?
A l’époque, j’ai lu le contrat mais pas pour chercher à comprendre s’il y a des choses qui peuvent participer à la duperie. Rien que sur le témoignage des gens, nous on s’est lancé.

Aujourd’hui, vous avez pris de recul. Avant de venir à la salle d’audience, avez-vous lu tout au moins le contrat d’adhésion ?
Sincèrement, c’est à l’intérieur lorsque les dispositions étaient en train d’être prises que j’ai relu le contrat. Je sais qu’il y aura des questions venant de la part du président, du procureur spécial et des avocats. C’est pourquoi j’ai relu pour en savoir davantage. Mais je n’ai pas compris grand-chose.

Hermann Mèton : « j’étais sûr que le Procureur spécial ne va pas me rater »
Je vous lis : « J’adhère au Programme d’Investissements internationaux proposés par Icc-services… je reconnais qu’Icc-service qui n’est qu’un cabinet de Conseil en investissements ne fait que recevoir les fonds de ma part afin de les investir online via internet pour les faire fructifier sur différentes périodes sur dimensionnées ».
Quand je relisais le contrat, j’étais sûr que le Procureur spécial ne va pas me rater. Il va entrer dans le contenu du contrat et me poser des questions. J’en étais sûr connaissant le travail qui se faisait à ce niveau. Quand j’ai relu le contrat, je me suis demandé ce que c’est que « investissements internationaux ». J’ai réfléchi et j’ai dit que l’heure de la vérité a sonné. On n’a pas fait attention au contenu du contrat, mais le souci à l’époque c’est que je dépose mon argent et qu’au bout de quelques mois j’aille chercher les intérêts.

Est-ce que investissement au plan international signifie agriculture, élevage, centre de santé, selon ce qu’on nous a dit ici ?
Selon moi, quand on parle d’investissement au plan international, ce n’est pas du tout ce que vous venez de lister. Mais à l’époque on nous a parlé de placement en ligne, d’investissement dans le domaine pétrolier, nous on se disait que le placement en ligne allait rapporter assez d’argent. On n’avait pas été informé des différentes activités génératrices de revenus. On ne savait rien des activités agro-pastorales.

Est-ce que vous confirmez à travers vos déclarations, ce qu’Agbonon Michel a dit ?
Oui monsieur le Président, on a assez entendu de telles déclarations. On a appris qu’une première dame aurait eu pour mission de soulager les difficultés des populations.

Vous venez de dire que vous avez lu le contrat prêt de quatre paragraphes en diagonal. Est-ce que vous auriez lu que l’Ong J.A.S pourrait garantir votre nominal à un taux de 1,2% en cas de défaillance de l’agence partenaire ?
Par rapport à cette Ong, je me suis posé assez de questions depuis que cette affaire a éclaté. C’est l’Ong qui devrait garantir nos intérêts mais on n’entend plus parler d’elle. On ne la voit pas. Peut-être qu’elle sera interpellée par votre cour pour venir à notre rescousse.

Ludovic Dohou vous qui êtes de par votre posture co-contractant de Hermann Méton à travers ce contrat signé de lui et de vous, c’était votre ONG J.A.S ?
Je voudrais pour plus d’information inviter Mr Akplogan

Vous êtes le Directeur Général d’Icc-services. l’ONG J.A.S est quoi selon vous ?
C’était une Ong partenaire d’Icc-services.

Qui est sise où ?
En France

J.A.S veut dire quoi ?
Jeunesse Activité et Social

Elle fait quoi ?
Elle est une Ong qui exerce dans les transactions internationales. Elle appuie Icc-service

(Emile Tégbénou et Guy Akplogan isolés)
Dohou, Tégbénou et Akplogan se contredisent au sujet de l’Ong J.A.S
Pouvez-vous nous montrer le contrat que vous avez signé avec cette Ong ?
C’est pour cela que je demandais à la cour de s’adresser à M. Akplogan. C’est lui qui s’en est occupé.

Mais vous êtes le Directeur Général
Oui, cependant chacun avait son domaine de définition. Je ne pouvais pas tout faire.

Pourquoi depuis l’éclatement de la crise, cette structure n’est pas venue faire face à ses obligations contractuelles ?
Nous étions partis en juin 2010 pour répondre à une invitation du ministre de l’intérieur d’alors. On lui avait déclaré que nous n’avions pas de problème et qu’il fallait que le ministère nous accompagne en matière de sécurité. Mais c’est depuis ce jour que nous avons perdu notre liberté.

Ce n’est pas un bel argument que vous avancez. Pourquoi cette structure qui devait assumer vos défaillances n’est pas revenue faire face à ses obligations depuis que vous étiez en détention provisoire ?
Puisque nous étions en détention et qu’on ne nous permettait même pas de prendre contact, de recevoir des visites à la prison civile de Cotonou pendant près de huit mois. Souffrez que n’ayons pas eu la tête à cela.

La cour ne va pas souffrir pour comprendre. Pourquoi n’avez-vous fait mention de cette Ong qui en principe, même si vous êtes en détention devrait avoir l’honnêteté d’assurer vos arrières ?
Les Ong ne nous faisaient plus confiance en ce temps-là. Moi, je n’ai pas été gardé en résidence surveillée ni au commissariat central avec eux. Quand je suis venu tomber dans la crise, je me suis rendu moi-même.

Avez-vous contribué à la rédaction de l’acte de remboursement ?
Non, je n’y ai pas contribué car je n’étais pas au pays.

Mais pourquoi défendez-vous bec et ongle cet acte de remboursement à la rédaction duquel vous n’avez pas pris part ?
Comme j’ai vu la volonté de rembourser et un plan concocté par le Pdg qui est mon patron, une personne en laquelle j’ai toujours cru, je ne pouvais pas douter d’un travail qu’il a fait.

Vous parliez tout à l’heure de ce que, dans le contrat, certains placements étaient effectués en ligne. Comment y procédiez-vous, vous qui êtes parti de ce contrat d’avec Herman Mèton ? De quel placement en ligne faisiez-vous mention dans le contrat ?
Les différentes orientations que nous avions données à ces placements sont : l’exportation des ordinateurs que nous revendions, la vente des meubles achetés en Chine, les appareils de briqueterie… C’est de cela que nous avions parlé dans le contrat.

Est-cela le placement en ligne, via internet ?
Oui.

Et la bergerie qui est résumée en une chèvre ?
Il s’agit là des activités locales.

Mais cette activité ne fait pas partie de vos contrats car un contrat prend en compte tous les termes. Et là, on ne s’amuse pas. Vous ne pouvez pas par votre rédaction commune dire aux épargnants : « Donnez de l’argent car le placement que nous faisons est en ligne et non via internet ». Aucune lettre alphabétique d’ajout et vous venez parler des activités locales qui ne figurent aucunement dans le contrat. Et cela fait sérieux cette fois-ci. De grâce, si vous ne comprenez pas, dites : « Je ne comprends pas. J’ai signé sans le savoir » et nous passerons à une personne. Cependant si vous gardez la parole pour servir tout cela, vous devez alors davantage nous convaincre.
Non, nous rencontrions régulièrement nos partenaires et clients afin de leur expliquer qu’en dehors de ce qui est sur le contrat, toutes les autres choses que nous faisions avec leur argent.

Le contrat a été signé le 07 janvier 2010 et vous l’avez signé.
Oui, j’ai signé celui-là.

Vous avez entendu Guy Akplogan affirmer : « Ce qu’on appelle placement en ligne, c’est mon secret, je l’ai fait à titre expérimental mais alors nous étions en fin 2006 ». Pourquoi ce vocable propre à vous figure-t-il sur un contrat de janvier 2010 ?
L’erreur se trouve peut-être dans le fait de n’avoir pas déclaré toutes les activités que nous menions.

Est-ce alors une fausse terminologie ?
Non.

C’est donc une terminologie inexistante.
C’est cela en réalité, mais qui n’a pas duré.

Avez-vous personnellement utilisé les fonds des épargnants pour faire ce placement en ligne ?
Non.

Mais pourquoi dites-vous que cela n’a pas duré ?
Comme je vous l’avais dit, je n’y étais pas associé au départ.

Et pourtant celui qui a fait cela a affirmé ne pas l’avoir effectué avec les sous des épargnants mais avec son propre argent.
Nous avons parlé tout à l’heure de l’Ong Jas (Jeunesse activité sociale) qui est une structure d’assurance.

Est-ce vraiment le cas ?
Oui, c’est une structure d’assurance.

En réalité, je suis en train de le vérifier actuellement. Avez-vous un contrat avec l’Ong Jas qui doit prendre en charge la catastrophe ?
Oui.

Je voudrais m’en rassurer. M. le président, j’ai été distrait et je voudrais savoir si cette distraction peut nous apporter quelque chose. Tihoundro Etienne avait eu certaines réactions lorsque M. Dohou parlait de l’Ong Jas. Je voudrais savoir en sa qualité de directeur financier s’il avait réellement connaissance de l’Ong Jas puisque lui, il était proche non seulement du directeur général mais aussi du président directeur général au moment des faits.
Je n’ai aucunement connaissance de l’Ong Jas.

N’aviez-vous aucune relation ?
Je n’en sais rien. (…)

C’est étonnant
Herman Mèton, quel est votre niveau d’étude ?
Je n’ai pas eu le bac. J’ai arrêté en première.

Vous dites que vous êtes un opérateur économique. Comment pouvez-vous signer un contrat sans y comprendre grand-chose ?
A ma prise de parole, j’ai eu à dire qu’il y a des circonstances et des comportements qui ont fait qu’on n’a pas tenu tellement compte du contenu d’un contrat. On voyait plus les autorités à l’époque, surtout celles qui avaient en charge notre sécurité et notre protection. Je ne peux pas comprendre qu’un ministre de l’intérieur soit avec des responsables d’une structure et qu’on me dise après que cette structure n’ait pas rempli toutes les formalités pour les activités menées. Je n’ai pas cessé de dire que nous étions sous un régime dirigé en grande partie par des docteurs en économie et en finances. Quand je vois une structure opérée dans le domaine de placement sous la responsabilité sans que les grands financiers n’aient pu réagir, ceci m’amène à y croire. Ensuite, il y a avait des gens qu’on connaissait et qui percevaient les intérêts. Donc on n’a pas fait attention au contenu d’un contrat en tant que tel.

Suffit-il de voir quelqu’un aux côtés d’un ministre pour signer les yeux fermés le contrat qu’il vous présente ? Est-ce que le ministre a tenu votre main ?
Non, il y des gens que je prends comme des éclaireurs. Une fois à l’agence pour déposer, j’ai vu un magistrat qui est venu déposer et ça m’a conforté dans ma position. Alors, si avec son niveau, celle-là dépose, ce n’est pas Herman Mèton qui va chercher à voir le contenu d’un contrat. Vous allez peut être dire que ce n’était pas suffisant mais ça m’a conforté dans mon idée de savoir si la structure est légale ou pas et qu’elle remplit les conditions pour exercer. Si ceux-là s’engagent, pour moi qui ne m’y connais pas trop en économie et en droit, pour les déposants, il n’y a pas de problème.

Je ne suis pas d’avis avec vous parce que c’est vous qui avez signé votre contrat et vous dites que vous n’êtes pas outillé en droit. Pourquoi en son temps, vous n’avez pas consulté un juriste pour qu’il vous donne son point de vue sur le contenu du contrat ? Monsieur Hermann Mèton, vous avez dit aussi que malgré tout ça, vous avez cherché à faire des enquêtes. Est-ce que vous avez posé la question de savoir s’ils avaient un agrément ?
Je n’ai pas posé de question. Mais c’est comme les banques classiques. Je ne peux pas vouloir aller déposer de l’argent à la Boa, Ecobank et autres et leur demander leurs agréments. Ce sont des choses qu’on ne fait pas. Avec les banques classiques même on ne fait pas assez d’investigations. Il suffit de voir qu’elle existe, que les gens y vont opérer.

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3-04-2019, Angelo DOSSOUMOU


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