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Procès Icc-services : Les victimes dévoilent comment ils ont mordu à l’appât

Le défilé des victimes de l’affaire Icc-services se poursuit à la Criet à Porto-Novo. Plusieurs d’entre elles ont évoqué à la Cour les raisons pour lesquelles elles sont devenues clients d’Icc-services, malgré l’hésitation. Beaucoup ont été convaincus après l’audience accordée aux responsables de cette structure par Boni Yayi.

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Tégbénou, à qui avez-vous remis de l’argent pour l’organisation de la rencontre des femmes chrétiennes pour le compte des 10 départements ?
Elle s’appelle Rébecca, c’est la femme du pasteur Tinkpon André

Rébecca quoi ?
Je ne me rappelle plus de son nom

Mr Dimon, vous pouvez nous donner la précision ?
Ça doit être la fille d’Abou Yayi Salomon

Fille d’Abou Yayi Salomon.
Deuxième précision les 600.000f CFA à l’Etat-major qui les prenait ?
Qui prend les 600.000f par moi pour l’Etat-major à l’époque c’est le colonel Djogba. C’est lui qui venait à chaque fin de mois pour prendre. J’ai oublié son prénom.

C’était pour avoir le nom de la fille d’Abou Yayi. Comment se déroule le processus décisionnel ? Est-ce que vous prenez les décisions ensemble ?
Au début c’était ensemble. Mais à un moment donné, préoccupé par le temps le Pdg et le Dg font les réunions et nous rendent compte.

Mr Guy Akplogan, est ce que vous prenez les décisions à quatre ?
Tel que vient de le dire le frère Tégbénou, à un moment donné à la fédération, on prenait les décisions en connivence avec mon Dg.

Vous prenez les décisions et vous rendez compte aux autres ?
On les informe juste. Avant de prendre les décisions, on informe et quand la décision tombe, on passe l’information aux autres agences.

Donc si je comprends bien, Etienne n’est pas dans votre processus décisionnel ?
L’information va à tous les niveaux. Quand il y a des décisions à prendre pour l’ensemble, nous nous concertons à quatre.

Est-ce que pour le partage des bénéfices, c’est salarial ou équitablement fait ?
A des niveaux donnés c’est salarial mais par rapport à certaines activités, c’est au prorata que le partage se fait.

Monsieur Etienne….
Je réagis puisque ce sont des questions qui sont en train d’être posées à l’ensemble. Je ne prends pas de décision à Icc. Il faut maîtriser ce qu’on fait avant de prendre des décisions. Si je dois prendre des décisions, ce serait par rapport à quoi ? Par rapport aux bénéfices, on ne partage rien. Il me paye les salaires. En août 2008, mon dernier salaire était à 500.000 Fcfa. J’étais à la maison quand il est venu me le remettre. Je fais le point, je retire mon salaire et c’est comme ça que j’ai reçu. Il n’a plus augmenté et moi-même je n’ai plus augmenté jusqu’à ce jour. Si vous avez un patron qui vous réunit pour prendre des décisions pour que vous exécutez, ça ne voudra pas dire que vous prenez les décisions ensemble. Quand on parle de fruits, il nous a invités un jour pour nous donner chacun un véhicule. Je n’ai pas utilisé. C’est un de mes agents qui en utilisait avant qu’on ne lui reprenne ça. Si mon patron voit que je travaille et me donne quelque chose, ça ne veut pas dire qu’on a partagé un fruit.

Tihoundro Etienne, si vous acceptez d’être Directeur financier, ne pensez-vous pas que cela fait partie de l’organigramme décisionnel d’une structure ?
Au regard du fonctionnement, le Directeur financier n’y a pas sa place.

Et pourquoi vous n’avez pas démissionné ?
Parce que quand on dit qu’on prend les sous déposés pour investir, cela relève du domaine spécifique du patron. Si le Directeur ne peut ne pas maîtriser dans quelles activités l’argent est investi, et que nous sommes chargés de prospecter, il ne fait rien donc. Même le comptable a besoin de maîtriser tout ça aussi.

Pourquoi n’avez-vous pas démissionné ?
Au fait, ce n’est pas une nomination en tant que telle. Lui-même a eu à avouer la fois dernière. C’est dans sa résidence à Djidjè qu’il m’a désigné comme Directeur financier. En ce temps, il n’avait pas encore nommé un Directeur Général. J’étais tontinier. Je ne sais pas si c’est ça qui l’a motivé et il a dit comme cela.

Et vous avez accepté ?
Plus tard il m’a confié une agence.

En votre qualité de directeur financier est ce que vous avez signé des documents dans ce cadre ?
Je signais en tant que Directeur d’agence

En tant que directeur financier d’Icc-services ?
Certainement.

Guy Akplogan, est ce que vous vous rappelez être parti sur le plateau de week-end matin pour faire l’apologie d’Icc services à l’Ortb avec Steeve Facia ?
Je ne me rappelle plus. Ce dont je me rappelle est que quand on avait l’activité d’imagerie d’Icc-fiscale, on avait fait une émission avec lui.

Vous étiez allé ?
Chez Steeve

Sur le plateau de …
L’ORTB

Dans quelle émission
L’émission de Steeve Facia

Vous avez parlé d’Icc services
Icc fiscale, c’est-à-dire les activités d’imagerie.

C’est l’une des activités d’Icc services ?
Tout à fait Mr le président.

Mr Akplogan ou Tégbénou rappelez-nous la date de création d’Icc services ?
Mr le président, je me rappelle que le 15 décembre 2006 on s’est réunis pour parler de comment on va installer une structure. Donc c’est en 2007, qu’on avait commencé à Djidjè.

Mr Guy Akplogan qui était le fondateur ?
J’étais le créateur de l’établissement.

Qui a eu l’idée ?
En réalité, on était tous ensemble. on priait et l’idée a germé de nous tous. A priori, c’est moi qui ai eu l’idée à la base.

Quel était le but de votre structure ?
Le but c’était de faire de l’informatique, la tontine, l’épargne dans l’esprit d’entraide pour les frères et sœurs en Christ.

Avez-vous partagé les bénéfices obtenus avec les autres membres ?
Au fur et à mesure qu’on évoluait, on a partagé

Guy Akplogan, vous avez dit que l’idée est prioritairement partie de vous et s’est propagé en un temps record aux autres.
C’est moi qui ai créé l’établissement. Je les ai associés pour le travail.

Ils sont vos employés ou vos collègues ?
On a partagé l’idée ensemble, sous le format administratif. En tant que établissement, c’était moi le décideur.

On peut être ensemble pour former une structure et se partager les postes. En tant que Pdg, quel était votre rôle ?
Je coordonnais toutes les activités.

En tant que Dg, Dohou était censé faire quoi ?
Il coordonnait les activités avec moi

Donc il est sensé connaître les activités.
Oui

Quel était le rôle du Directeur financier ?
Son rôle était de s’occuper de tout ce qui est finance. S’il y a des entrées et sorties, comment financer les activités qu’on veut mettre en place. Il devrait être chargé de la gestion des finances.

Donc il contrôle les entrées et les sorties. Surtout, des activités génératrices de revenus dont vous avez parlé ici ?
Quand on était restreints, ce n’était pas aussi visible que ça. Il y avait tontine et épargne pour les quelques clients qu’on avait. Et en matière d’informatique, c’était beaucoup plus à mon actif.

La question est de savoir s’il contrôle les sorties ?
Au départ oui, mais par la suite, il s’est occupé de son domaine de tontine. A Calavi, n’ayant pas adhéré à la cause, il n’a pas continué.

Pendant combien de temps a-t-il exercé les attributs liés à sa fonction de directeur financier ?
Je dirai notamment en 2007.

Donc à un moment donné, il a exercé réellement les attributions du directeur financier ?
Oui, quand on a fait des réunions, il a participé au début.

Et par rapport au directeur provincial Emile Tègbènou ?
Oui c’est le directeur de Porto-Novo.

Quels étaient ses fonctions en réalité ?
Il était chargé de tout ce qui était épargne. Quand il s’est agi d’avoir une agence à Porto-Novo, il s’en est chargé. C’est ainsi qu’on l’appelait Directeur de Porto-Novo.

Fait-il partie du noyau fondateur ?
Oui monsieur le président.

Monsieur Clément Sohounou, rappelez-nous ce que vous m’avez dit dans mon bureau la dernière fois ?
Monsieur le président, il y a quelques jours, j’ai fait la demande de rencontrer le Procureur spécial. Une fois là-bas, il y a trois points que je voulais éclaircir. Quand je suis allé m’installer a Lalo, j’ai engagé un frère qui vient faire des photos. En dehors de ça, je lui commandais d’autres choses. Soudain, il me dit qu’il veut construire sur sa parcelle, je lui ai dit qu’il n’y a pas de problème. Je lui ai remis deux millions pour qu’il démarre la construction. Il a fait les travaux jusqu’à un niveau. Après, il est venu me voir pour dire que l’argent est insuffisant. J’ai mis la main à la poche pour lui remettre encore deux millions. Il me voit de nouveau pour me dire qu’il a besoin d’argent pour la finition. Je lui ai dit que je n’en ai plus mais de se mettre au travail. Il me souffle qu’il possède une parcelle à côté de la mienne et qu’il compte revendre à 1 millions 500 mille pour finir la construction. Mais aucun papier n’a été signé avant que je rentre en prison.

Vous voudrez bien résumé ce que vous voulez dire
Finalement la parcelle qu’il m’a vendue a été revendue à une autre personne qui y a construit. Je ne m’en revenais pas, malgré tout ce que je lui ai fait, il a abusé de ma confiance. Je tiens à tout lui arracher.

Vous lui avez offert des caméras et de l’argent. Où est que vous avez trouvé l’argent ?
Je vends de l’essence.

On n’est pas dans l’affaire essence mais d’Icc services ?
C’est l’argent d’Icc services qui m’a permis de réaliser ces activités.

La Criet n’est pas une agence de recouvrement de créance
Procureur Spécial : Monsieur le président, la démarche est de récupérer les fonds d’Icc-services qui ont servi à des dons et autres pour les faire rentrer dans le patrimoine.
Me Agathe Afougnon : Monsieur le président, je veux abonder dans le sens du ministère public pour dire que la compréhension que la partie civile a de la déclaration de clément Sohounou est d’agrandir le champ des personnes qui détiennent les biens provenants d’Icc-services. Clément Sohounou va donner l’adresse complète pour permettre au ministère public de retrouver cette personne qui a pris à lui seul 5,5 millions Fcfa plus une caméra et qui aurait vendu une parcelle qui n’a pas été mis sous-main de justice mais qui appartenait à Clément Sohounou. (…)

Sohounou Clément, quelle est la situation par rapport à Octave ?
Il fut mon comptable. À un certain moment, il simulait une maladie pour ne pas venir au service. Il prend mes sous et faisait ce qu’il voulait avec. Quand j’étais en prison, j’ai désigné des personnes pour le surveiller. C’est ainsi qu’un jour, je l’ai appelé pour qu’il me ramène les sous qu’il a volés. Quand je lui ai demandé de travailler avec moi, il était enseignant. Mais après mes enquêtes, il m’a été rapporté qu’il avait construit des maisons à Lomé et a acheté des voitures. Je lui avais même remis de l’argent pour la finition de la construction de la maison de sa maman. Je peux dire qu’il m’a volé environ 18.000.000 millions Fcfa.

Par rapport à Agahoue Innocent
On était des amis au moment des faits. J’ai ouvert une boutique de vente d’essence frelatée et il a sollicité mon aide pour payer son stock. Je lui ai remis un stock d’une valeur de 8.000.000 qu’il avait promis rembourser. Quand j’étais en prison il a envoyé quelqu’un pour qu’on fasse un arrangement pour que je ne cite pas son nom. J’ai accepté puis il n’est plus venu. J’ai alors informé le CB de la prison pour qu’il soit arrêté. Il a accepté que je lui ai remis un stock de 8.000.000 mais qu’il n’a pas encore tout vendu et qu’il a en sa possession 4.000.000 avec lesquels il a ouvert une boutique de vente de ciment à Lalo.

Pour le reste, vous allez vous rendre au bureau du procureur spécial pour discuter avec lui (…)
Me Kassa : Je voudrais partir de ces observations pour en faire également et attirer l’attention de la cour premièrement sur le fait que des manœuvres frauduleuses ont été conçues et développées quotidiennement par les promoteurs de Icc. Nous en avons eu la preuve ici. Deuxièmement, je voudrais solliciter de la cour qu’une demande formelle soit adressée au procureur spécial pour tous ceux dont les noms seront cités ici. Car tout à l’heure, M. Sohounou n’a pas voulu mourir seul, il a fait comparaître trois personnes. Et c’est dans la même veine que M. Tégbénou vient de demander que l’agent qui a reçu les fonds à Ekpè vienne s’expliquer. M. le président, essayez de comprendre le fond de sa pensée, il ne veut pas supporter seul le poids de ce dossier. Et c’est même ce qu’il vient de dire. Cela rejoint le temps de prorogation que j’avais demandé pour étudier nos pièces. Nous avons dit au début de ce dossier que nous ne voulons que la vérité. Alors, que ceux qui détiennent encore la vérité par devers eux, viennent la révéler. Pour finir, je souhaiterais que votre cour reçoive de M. Tégbénou les noms de tous ceux qui ont travaillé dans ses diverses agences afin que le procureur spécial puisse s’en occuper dans l’intérêt de la masse de victimes que je défends et qui avoisinent déjà 137. 832 personnes dont j’ai les éléments.

Me Orounla : les accusés ne sont à l’aise que lorsqu’il y a des témoins clés décédés plus ou moins naturellement, que lorsque les ordinateurs qui contiennent les données statistiques ont disparu. Cependant, lorsqu’en face on produit une pièce dont ils reconnaissent qu’elle émane d’eux, on cherche à noyer le poisson, mais il ne peut l’être. Nous sommes non pas à la recherche du gain facile parce que nous avons déposé 115 millions et cela est une évidence mais nous sommes à la recherche et contribuons à la manifestation de la vérité. Ce que nous disons dans ce dossier est que nous avons remis 115 millions à un responsable de l’église parce que nous affirmons qu’il s’agit d’un scandale politico-financier mais il est aussi religieux. Nous n’avons pas déclaré que c’est nous-mêmes qui sommes allé déposer les sous. M. Tégbénou connaît bien M. Singbo. Qu’il ne se cache alors pas derrière le nom Adéyèmi pour dire qu’il ne le connaît pas, car l’individu est en réalité appelé M. Singbo. Cet homme aurait pu comparaître. Cela signifie que les trois parties se connaissent. Tégbénou nie cela. Je voudrais que la cour saisisse cette occasion pour dissiper un peu les ténèbres de la défense. Il ne s’agit pas de récupérer quelques idéaux mais c’est de démasquer les promoteurs de Icc qui après avoir, en complicité avec l’Etat, semé les épargnants, tentent de faire obstruction à la manifestation de la vérité. Nonobstant nous, nous sommes prêts à aller jusqu’au bout. Que M. Tégbénou fasse venir qui il veut d’Ekpè, de Malawi ou de Sèmè mais qu’on nous dise où sont passés les 115 millions. Et je voudrais que Me Gbaguidi fasse œuvre utile à la manifestation de la vérité pas seulement dans la défense des intérêts de ses clients.

Me Afougnon :
il a été longuement déclaré devant vous ici que les versements ne dépasseraient jamais les plafonds de 1 million 5 ou 2 millions. Moi, je voudrais juste que M. Tégbénou nous aide en tant que promoteur de Icc à décortiquer les écritures de ce livret provenant de son département à savoir les 1ers, 2è et 3è versements et intérêts reçus pour que nous comprenions, en ce qui concerne le déposant qui est devant vous, comment cela s’est passé et quels sont les montants déposés à chaque fois. M. le président, je lui remets l’original du livret avec votre permission.

M. Tégbénou : Vous savez que chez nous l’opération c’est 150 000 f. La personne fait le versement le nombre de fois qu’il veut dans les agences. Moi, je suis à la direction et non dans les agences. L’agent peut prendre une grosse somme pour établir l’état et faire la répartition à volonté pour se justifier parce que c’est par lui qu’est venu le client. Dans le livret, ont été marqués des versements. Je n’ai pas contesté ce qui a été déposé. Ce que j’affirme est bien clair.

Nous n’allons pas entrer dans ces méandres. A combien doit s’attendre le client au vu des informations inscrites dans le livret ?
Franchement, je ne peux pas vous mentir. Tout à l’heure, c’est l’avocat qui m’a aidé à lire les choses car je n’arrive plus à lire correctement avec toutes ces années passées en prison. Nous parlons ici de 115 millions Fcfa. Je vous ai dit que si l’opération a été vraiment faite à l’agence d’Ekpè, le cachet et la signature de l’agent doivent figurer sur le livret. Je n’ai pas nié qu’il n’ait pas déposé.

Pour la première fois depuis la session, je voulais donner acte. Que la cour veuille bien me donner acte de ce que déposant Mr Tégbénou reconnaît que les 115 millions Fcfa ont été déposés.
Je n’ai pas dit ça. Monsieur le président j’ai dit que …

Vous avez le premier montant déposé. Vous avez une chaine d’opérations. Avec un client pareil et cet itinéraire de dépôt, à combien doit-on s’attendre ?
Je n’ai jamais enregistré une telle opération à la direction où je suis chef d’agence.

Qui a fait ça ?
Il vient de dire qu’il a fait l’opération d’un an. Je ne sais comment il a discuté avec l’agent en question. Le constat que j’ai fait qui a suscité des questions est que l’agent qui a reçu les sous n’a pas signé les livrets mais a écrit le montant. C’est pour cela, je dis que celui qui a enregistré l’opération est seul est en mesure de nous fournir des explications publiquement. Il nous dira pourquoi, il n’a pas signé.

Qui va répondre des actes posés par vos agents ?
Si c’est le client même qui a manipulé ses opérations à la maison et qui n’a pas accès à notre cachet, il ne pourra pas signer.

Akou Honoré, êtes-vous sûr que Adeyèmi vous a dit toute la vérité ?
Je ne saurai répondre.

Emmanuel Djossou : « je suis fonctionnaire à la retraite depuis 2014. Je suis analyste programmeur »

Vous étiez encore en service au moment des faits ?
Oui, à la primature.

Vous avez déposé combien à Icc Services ?
4.505.000 FRANCS CFA.

C’était à quelle agence ?
L’agence de Dedokpo.

En quelle année ?
En 2010.Precisement le 11 janvier, j’ai souscrit à trois contrats.

Vous aviez eu des intérêts ?
600.000 francs Cfa

Djossou Emmanuel, qu’est-ce qui vous a motivé à vous acheminé vers Icc Services pour y a placer 4.505.000 Fcfa ?
C’est depuis 2008 que j’ai commencé par entendre parler d’Icc-services. J’ai beaucoup hésité. C’est ce qui fait que j’ai attendu jusqu’en 2010 avant de souscrire à l’agence de Dedokpo au bord de la voie.

Kponvi : « Ce sont mes collègues qui m’ont convaincu à aller déposer mes sous »
Monsieur, combien avez-vous placé à Icc-Services ?
J’ai déposé 600 mille francs.

Qu’est-ce qui vous a motivé ?
Ce sont mes collègues

Lesquels ?
Ils sont au nombre de trois. Malheureusement, un est déjà décédé. Eux ils ont placé et me l’ont fait savoir disant que Icc-services fait les placements en ligne en Amérique et que quand le dollar est élevé, ils récupèrent les intérêts. Dans le temps, je n’avais pas d’argent et ils m’incitaient à le faire et car c’est bon. J’ai fait un prêt de 5 millions Fcfa à la banque pour construire ma maison. Il me restait 600.000 Fcfa que je suis allé placer à l’agence d’Etoile Rouge.

Combien réclamez-vous maintenant ?
Mes 600 mille francs.

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Monsieur Kponvi, vous avez souscrit à quelle catégorie ?
Moi, je ne maîtrise rien. Quand je me suis inscrit, ils m’ont donné le contrat que j’ai ramené à la maison. C’est quand le procès a commencé que j’ai pris mes papiers.

Monsieur Kponvi, vous avez dit qu’il vous est parvenu que lorsque vous déposez vos sous, ils vont déposer en Amérique et autres. Est-ce de la bouche des responsables d’Icc-services ?
Ce sont mes collègues qui m’ont convaincu à aller déposer mes sous.

Qu’est-ce que vous regrettez ?
Je regrette d’avoir mis mes sous à Icc-Services. Quand j’ai appris la crise, j’ai été là-bas. Les portes étaient fermées. J’ai commencé par sentir les maux de tête. Une fois à l’hôpital, ils m’ont dit que ma tension est montée à 18. C’est ainsi que je suis devenu hypertendu.

Pensez-vous que c’est de la faute des responsables d’Icc-Services ?
Oui, parce qu’ils ne m’ont pas payé. S’ils m’avaient payé mes sous, je ne serai pas ici.

Votre seul objectif donc est qu’ils vous remettent vos sous ?
Oui

Est-ce qu’à un moment donné, après avoir déposé vos sous, vous n’êtes pas rentré en possession des intérêts qui vous ont été promis ?
Non, à aucun moment

Vous avez dit que ce sont vos collègues qui vous ont amené à Icc-Services. Est-ce que vous faites tout ce que vos collègues vous disent ou vous réfléchissez par vous-même ?
Ces collègues sont mes conseillers, mes amis. Quand ils me parlent, je réfléchis. Quand ils m’ont dit que c’est une opportunité, j’ai suivi leur conseil.

Ils ont dit que la chose est bonne. Comment vous l’ont-ils dit ?
Eux aussi l’ont fait. Ils ont placé de l’argent à Icc-Services.

Quand vous êtes allé, aviez-vous tout souscrit le même jour ?
Non

Quand vous êtes allé pour souscrire la première fois, est-ce que vous vous êtes renseigné auprès de celui qui vous a reçu ?
Oui, quand je suis allé à l’étoile rouge, il y avait deux femmes. Une troisième était dans un bureau. Je leur ai demandé si c’est réel ? Elles m’ont dit oui.

Et vous les avez crus ?
Oui, monsieur le président.

Vous avez cru vos collègues pour la première fois et en vous rendant sur place, on vous a confirmé les gains. Et vous y avez cru ?
Oui, monsieur le président.

Qu’est ce qui vous a fait croire que vous pouvez avoir tant de gains en si peu de temps ?
J’ai eu confiance en eux.

Si un « baba »par exemple du coin vous avait dit de donner l’argent et que vous aurez un intérêt de 60 mille francs deux ou trois mois après vous l’auriez-vous cru ?
J’ai dit que se sont mes collègues qui ont déjà déposé de l’argent à Icc-Services.

Et ils vous ont montré les intérêts qu’ils ont perçus ?
Oui, ils m’ont montré les papiers.

Sèwanou Ferdinand,
Je m’appelle Sèwanou, né le 07 octobre 1953 à Ouidah. Je suis originaire de Tokpa-Domè dans la commune de Kpomassè. Je suis fonctionnaire de l’Etat à la retraite depuis 2004.

Sèwanou Ferdinand, vous avez placé combien à ICC-services ?
Moi-même personnellement j’ai placé 750.000 f. Mon épouse a placé d’abord 150.000 f puis 750.000 f.

Vous allez parler uniquement en votre nom. Votre épouse fera la même démarche à la cour.
Vous allez comprendre pourquoi je dis ça tout à l’heure. Depuis que la crise a été déclarée, mon épouse est pratiquement Invalide. Je suis venu avec son dossier.

Vous avez reçu procuration d’elle ?
Non je ne peux pas recevoir d’elle une procuration puisqu’elle est invalide.

Cela ne vous empêche pas de recevoir procuration d’elle.
D’accord je parle de mon problème. Peut-être vous allez avoir la gentillesse de comprendre ce que je dis.

La compassion n’exclut pas que vous respectiez les diligences procédurales
Tout à fait monsieur le Président. Je vais respecter cela.

Vous aviez placé l’argent à Icc-services ? En quelle année ?
Le 10 février 2010 à Ouidah.

Aviez-vous eu l’occasion de rentrer dans vos intérêts au moins une fois ?
Moi j’ai rien pris. Et il y a un aspect de la question-là que je voudrais vous conter.

Nous avons ici beaucoup de questions techniques, vous n’allez pas venir de la maison avec votre histoire même si celle-ci est douloureuse et transformer la cour en un lieu de conte.
Je n’ai pas reçu.

Ferdinand Sèwanou, aviez-vous subi des préjudices financiers ?
C’est 750.000 Fcfa que j’ai déposé mais je n’ai rien eu en retour. Sur les documents qu’ils m’ont donnés, alors que l’échéance n’est pas encore arrivée, j’ai vu qu’ils ont marqué derrière que j’ai pris. C’est ce qui s’est passé à Ouidah. Tous ceux qui étaient venus prendre leurs contrats ont fait le même constat à Ouidah. Il y a eu un tollé et les gens s’apprêtaient à fuir quand les populations ont mis la main sur eux. C’est au dos du contrat qu’on a mis payé et on m’a donné encore un autre rendez-vous.
Me Gbaguidi : je voudrais apporter des clarifications. Une personne qui est en train de déposer à votre barre n’a pas compris ce à quoi il a souscrit. S’il est vrai qu’au dos de son contrat, il a eu un premier cachet devant la signature de la personne qui l’a reçu, il y a eu un second cachet. Sous ce cachet payé, vous avez la date du 10 mai 2010. C’est la date à laquelle il s’était rendu à l’agence. il a payé et la date qui est en dessous c’est celle à laquelle il devra retourner à l’agence pour récupérer les premiers intérêts.

Le contrat est du 10 février 2010. Est-ce que vous êtes allés le 10 mai 2010 pour recevoir vos premiers intérêts ?
Je dis qu’on aurait pu mettre au conditionnel. Je ne suis pas allé là-bas le 10 mai 2010. On nous a remis ces papiers bien avant le 10 mai 2010. Vous pouvez enquêter. Tous ceux qui avaient reçu les cachets ont été surpris. On n’a jamais pris l’argent. Celui qui était chef d’agence à Ouidah était même un ancien camarade de classe. Il me disait de ne pas m’en faire.

Est-ce que lors de la signature du contrat, ces deux cachets ont été approuvés au dos du document ?
Non. Lorsque la crise est survenue et que l’échéance s’approche, on nous a dit de venir déposer les contrats. C’est quand les populations se sont soulevées qu’ils nous ont remis ça. Nous n’avons jamais pris l’argent.

29-01-2019, La rédaction


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