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Programme d’urgence du gouvernement : Les axes d’interventions prioritaires

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Dès son retour de l’Hexagone, après près de deux semaines d’absence du territoire national, le chef de l’Etat a révélé à l’opinion que son gouvernement s’apprête à présenter dans les tout prochains jours, un programme d’urgence aux partenaires techniques et financiers en vue de son financement et sa mise en œuvre. Quel lien peut-on faire entre ce programme et le projet de société du candidat Patrice Talon élu à la tête de l’Etat ? Mieux, quel peut-être le contenu de ce document qui servira de boussole à nos dirigeants au cours des semaines et mois à venir ?
Patrice Talon n’a pas une seconde de répit. A peine investi dans ses fonctions, il fait face à la dure réalité du pouvoir, bien différente des projets de société et des promesses électorales. La pression est d’autant plus forte qu’il a promis à maintes occasions qu’il ne fera qu’un seul mandat, soit cinq ans. Du coup, la majorité des Béninois qui ont placé leur confiance en lui, parce que convaincus qu’il a les solutions aux maux qui minent le Bénin, sont pressés de voir les résultats. Conscient de l’immense attente placée en lui, le chef de l’Etat prend la mesure de la situation et annonce pour relever les défis pressants, la mise en œuvre d’un programme d’urgence déjà ficelé.
La résorption de la crise énergétique trône forcément en tête sur la liste des actions urgentes figurant dans ce programme. Comme le chef de l’Etat a pu le constater personnellement, le délestage fait rage depuis quelques jours et met à rude épreuve le quotidien des ménages. Que dire des entreprises dont la plupart des moyens de production sont à l’arrêt ? Et le recours aux groupes électrogènes est une solution ponctuelle et onéreuse. Depuis des décennies, cette crise que nous connaissons actuellement revient de manière cyclique sans qu’aucune solution durable n’ait été trouvée. Pour ce qui est du secteur de l’énergie, le programme d’urgence servira-t-il à trouver des remèdes provisoires à ce mal latent ou au contraire à explorer les voies et moyens pour une sortie définitive de crise ?
Difficile d’évoquer la situation de l’énergie électrique sans prendre en compte celle de l’eau potable, encore que la fourniture régulière de l’eau est tributaire dans notre contexte de la disponibilité de l’énergie électrique. C’est un secret de polichinelle que lorsque le courant en vient à être coupé, il faut s’attendre dans les instants qui suivent à ce que la fourniture de l’eau potable soit suspendue. Toujours dans le chapitre des urgences relatives à ce secteur, figure en bonne place la question de l’extension du réseau d’électrification et de la fourniture de l’eau potable. De nombreuses localités sont toujours dépourvues de ces denrées précieuses que le chef de l’Etat considère comme des droits inaliénables pour tout citoyen.
Outre ces deux défis majeurs qui n’ont pu être relevés par les précédents gouvernements, il y a aussi le sujet relatif à la modernisation et à la performance de l’administration publique, qui est le canal par lequel se déclinent en actions les grandes décisions prises au sommet de l’Etat. Le débat qui a cours de nos jours depuis la visite de Patrice Talon à l’Elysée, c’est bien évidemment celui relatif aux compétences, mieux à l’ingénierie locale. « Notre administration se dégarnit », a regretté le président de la République qui attribue ce constat aux départs à la retraite des cadres, à la fuite des cerveaux et au secteur privé qui accueille un grand nombre d’entre eux. Sans cadres compétents et productifs, les meilleures intentions du régime resteront à l’étape de projets. A coup sûr, dans ce programme d’urgence, figure un plan réservé à la détection des talents, à la formation des cadres qui en ont besoin et au recrutement d’autres dans des secteurs bien déterminés afin d’impulser dès maintenant la dynamique de la performance aux citoyens qui prêtent leurs services à l’Etat. Dans son état actuel, l’administration ne peut accompagner efficacement le pouvoir en place. C’est pourquoi, il est prévu son renforcement par des compétences diverses et utiles. Comme l’a dit le chef de l’Etat, il n’y aura pas de complexe à faire recours à l’expertise technique étrangère dans des secteurs bien précis si le Bénin n’en dispose pas. Pourvu qu’au terme de cette expérience, le transfert de technologie se fasse.

29-04-2016, Moïse DOSSOUMOU


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