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Quelques propos de Lionel Zinsou sur l’Ortb

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On vous entend dire, lors de votre passation de service, que vous êtes dans le département de la connaissance. Cela fait 7 mois que vous êtes là. Qu’avez-vous appris.
J’ai appris que mon pays a un potentiel extraordinaire. J’en avais l’intuition. Maintenant, je sais concrètement que nous pouvons développer le pays. Vous avez souligné que nous avons connu 5% de croissance depuis plusieurs années. Nous entrons en 2016 et nous aurons peut-être, d’après les grandes institutions internationales, 6% de croissance. C’est beaucoup. Le Bénin sera classé dans le top 20 mondial. D’ailleurs, toute la région de l’Afrique de l’ouest, c’est-à-dire, l’Uemoa se situe à un niveau asiatique qu’on ne considère guère en Asie. Le Bénin fait partie de cette dynamique de croissance. Malgré le choc pétrolier qui affecte notre grand partenaire, le Nigeria, nous avons une dynamique forte. Mais au fond, ce que j’ai vraiment appris, c’est que toutes les solutions au défi du développement sont ici. J’avais fait allusion à Songhaï dans mon discours. Moi, je suis flatté par les faits. A songhaï, on sait faire 3 récoltes de maïs. Mais à Bonou à 30 km, on ne sait pas faire 3 récoltes de maïs.

Il y a 7 mois que vous avez été présenté comme celui qui est venu aider le Président Boni Yayi à finir en beauté son mandat. Les objectifs ont-ils été atteints ? Qu’avez-vous pu apporter à la Gouvernance de Boni Yayi en termes de plus-value ?
Je précise que les solutions au défi du développement sont au Bénin, et sont à 30 km. Le Président Boni Yayi m’avait demandé de venir l’aider. On a accompli un maintien international, la mobilisation des ressources, beaucoup de progrès. Vous voyez les chantiers qui s’ouvrent, les chantiers qui se terminent, tout l’effort qui est fait pour pouvoir gouverner pour le développement du pays jusqu’à la dernière minute. Je connais très peu de pays, où jusqu’à la dernière minute de la 10ème année, qu’on ait encore à pousser tout ce qui peut permettre à notre pays de rester dans cette dynamique.

De quels chantiers parlez-vous ?
Il s’agit des chantiers d’infrastructures, des chantiers un peu plus complexes. Le numérique par exemple est à la fois de l’infrastructure, des initiatives d’emploi. Les centres d’appel en sont illustrateurs. C’est l’ambition de réaliser un quartier numérique qui est maintenant conçu. On va mettre de la fibre optique dans le tout le pays, vers tous les chefs-lieux de département, vers toutes les communes. Dans le même temps, on est en train de mobiliser toutes les énergies ; il y a des internautes et beaucoup de compétences dans ce domaine-là.

Jusqu’aux derniers instants du mandat, on continue de poser des pierres, de lancer des chantiers. Quelle est la part de la période électorale dans ces lancements de chantiers ?
On ne peut lancer des chantiers, on ne peut faire intervenir des engins que si on a bouclé des financements et que si, au fond, tout est prêt. Pour un chantier de route, il y a tout un travail en amont qui a été fait. Il y a eu beaucoup d’efforts pour la mobilisation des ressources dans notre pays.

Comment expliquer, tout d’un coup, qu’il y a des chantiers lancés un peu partout dans le pays ?
C’est le fait de la mobilisation des ressources. C’est le fait de tout ce travail en amont. L’autre chose que j’ai appris, c’est que nous avons une excellente administration qui, parfois, a des processus beaucoup trop lents. C’est pour cela que le Président de la République a bousculé les habitudes. Nous avons des hommes, mais nous allons probablement devoir faire en sorte que le processus soit rapide, plus intégré. Mais si vous voulez, ces chantiers, ils représentent des mois ou des années de travail. Vous dites que nous sommes en période électorale. Nous sommes une démocratie vivante. Nous serons toujours en période électorale. L’année précédente, nous étions en période électorale. C’étaient les législatives. Dans 3 ans, le pays sera en train de préparer d’autres législatives. Il n’y a pas d’agenda électoral particulier.

Vous êtes toujours premier ministre ou vous comptez démissionner….
Non, je ne pourrais pas démissionner. Mais on peut me démettre de mes fonctions.

On n’est pas venu parler avec le candidat Lionel Zinsou, plutôt avec le premier ministre. Mais il est candidat. S’il est élu président de la République, il compte nommer un premier ministre ?
Le Premier ministre n’est pas dans la Constitution, néanmoins, d’une certaine manière, il a toujours existé. Parfois, il est appelé ministre d’Etat ou c’est le même qui s’appelle ministre d’Etat, puis premier ministre. Mais je pense qu’il a une fonction de coordination interministérielle qui est très importante. En plus, mon sujet, c’était le développement économique, et c’est bien de mettre le projecteur sur un grand homme pour l’action interministérielle. Je pense pour ma part que la fonction de premier ministre, en tout cas, de la coordination interministérielle, est vraiment fondamentale.

Comment se porte l’économie béninoise ?
Là, il y a un paradoxe et il faut que tous ceux qui aspirent à prendre le contrôle de ce pays le comprennent. Nous avons une situation économique qui a l’air excellent. Mais vous avez vu qu’il ne résout pas deux problèmes. Le premier est lié à l’emploi des jeunes, et l’autre, à l’extrême pauvreté. Ç’est vraiment un paradoxe. Notre situation économique est énormément enviée par d’autres pays. Sur 200 pays, on est probablement dans les 20 qui ont le tableau économique le plus simple. Nous n’avons pas d’inflation.
Tous les pays voisins, en dehors des pays de l’Uemoa, ont beaucoup d’inflation. Nous avons une stabilité monétaire, nous avons peu de déficit public et ce, depuis plusieurs années. Donc, on est capable d’équilibrer les dépenses et les recettes, ce qui est très rare dans les pays en développement. Nous avons entre 5 et 6% de croissance, c’est-à-dire, beaucoup plus que la croissance démographique. C’est déjà la faculté que chaque citoyen puisse vivre un peu mieux avec la richesse qu’il produit. C’est un tableau assez exceptionnel. Ajouté à cela, nous équilibrons nos importations et exportations par des flux financiers très importants qui viennent chez nous, nous recevons de plus en plus d’investissements étrangers, nous faisons de plus en plus d’investissements domestiques. On investit dans ce pays. Investir, c’est dire construire des usines, acheter du matériel agricole, réaliser des infrastructures sociales. On investit plus du quart de notre richesse, c’est-à-dire 27%. C’est un taux très élevé. Longtemps, le Bénin est resté au-dessous de 20%. Vous avez surtout l’investissement national, les entreprises nationales y compris le secteur informel. On oublie souvent que le secteur informel est le premier investisseur du pays.

Comment cela s’explique-t-il ?
Cela s’explique parce qu’il y a beaucoup d’activités de transformations industrielles qu’on ne voit pas. A Savalou, on fait le meilleur gari du pays. C’est un début de transformation des matières premières. Ce sont des ressources souvent dans le secteur informel, premier secteur d’investissement, avec les entreprises modernes du pays, du secteur formel avec les étrangers, avec les investissements publics, avec un accroissement de l’aide. Quand on prend ce tableau, on se que dit qu’on est une économie faible. Mais, c’est le contraire.
Nous avons une croissance démographique et nous avons une croissance scolaire. Nous formons tellement de jeunes. C’est vraiment très bien. Et c’est d’ailleurs une principale richesse. C’est avec elle que nous allons faire une croissance à deux chiffres, c’est-à-dire, plus de 10%, comme l’Ethiopie, le Rwanda. Il y a des gens qui ont 20 ans aujourd’hui. Ils sont nés dans un pays où il y a plus de 8 millions d’habitants. Mais aujourd’hui, nous en sommes à 11 millions. Mais, lorsque je suis né, le Dahomey avait 2 millions d’habitants. Les jeunes qui vont remplacer ma génération, sont quatre fois plus nombreux en nombre de naissance, mais ils sont 6 fois plus nombreux à demander de l’emploi, parce qu’ils sont désormais qualifiés. Parce que la scolarité n’était rien sous la colonisation. Je n’ai pas beaucoup de respect pour la colonisation pour l’héritage qu’elle nous a laissé. En matière d’éducation, ce qui a été fait dans les 10 dernières années par Boni Yayi, en construction d’écoles et en gratuité scolaire, cela veut dire une jeunesse qui nous arrive qui est beaucoup plus nombreuse que la génération qui est en place. Donc, nous allons faire un effort que la croissance ne suffit à faire. La croissance automatiquement ne va créer assez d’emploi. Il faut que nous fassions tout cet effort de création d’activités nouvelles pour que cette vague de jeunesse formée puisse trouver un emploi.

Vous êtes fier de cette économie, et pourtant la consommation des crédits reste extrêmement faible
C’est aussi l’un des défis à relever. Tous ceux qui aspirent à diriger notre pays vont prendre ce problème à bras le corps. Il faut financer notre économique. Une particularité des économiques coloniales, c’est que le colon n’avait aucun intérêt à financer ni l’agriculture, ni le Pme.

Que faire pour corriger le tir ?
C’est très important pour le premier point qu’on a évoqué d’entrée de jeu. C’est aussi important pour la réduction de la pauvreté…Ce pays est deux fois plus riche qu’il y a 10 ans. Cette croissance, c’est le doublement de la richesse du pays. Et pourtant, il y a le tiers de notre population qui est aussi pauvre qu’il y a 10 ans, qu’il y a 20 ans et qui n’a pas du tout l’impression que son sort a changé. Il y a des inégalités dans le pays. Il faut faire attention, parce que ce n’est pas que le pays va mal, même si beaucoup de gens pensent qu’il va mal. Un pays qui a le tableau économique que je viens de vous faire, est un pays qui a des finances saines, une économie saine, une croissance forte. Et pourtant, il y a des laissés pour compte dans ce pays. Il y a le tiers de la population qui n’a pas l’impression qu’il y a de la croissance. Et c’est ça qu’il faut absolument toucher par des politiques spécifiques. Financer l’économie est très important. Parce que si vous voulez faire des progrès dans l’agriculture, ce sont les paysans qui sont les plus pauvres dans le pays, si vous voulez qu’ils ne soient pas pris dans un cercle vicieux d’endettement, il faut un système de microcrédit beaucoup plus ample qu’aujourd’hui, avec une banque agricole, il faut absolument qu’ils soient financés, même chose pour les artisans.

12-02-2016, Patrice SOKEGBE


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