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Retour aux langues nationales : Pour rehausser le niveau des apprenants

Apprenants mal formés, enseignants non motivés. L’école béninoise se porte de plus en plus mal. Ce malaise se sent le plus souvent dans les résultats des divers examens de fin d’année. Des thérapies ont été apportées mais elles tardent à porter des fruits. Avec le nouveau départ amorcé depuis le 6 avril dernier, certains acteurs estiment qu’avec l’introduction des langues nationales dans le système éducatif formel, les choses iront mieux.

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Au fil des années, les acteurs du système éducatif se préoccupent de la qualité de l’enseignement au Bénin. Pour certains, l’enseignement béninois se vide de son contenu d’année en année. Cela se remarque à travers les résultats enregistrés aux différents examens de fin d’année. Selon Noël Chadaré, Secrétaire général de la Cosi-Bénin, les raisons de cet échec sont profondes. A l’en croire, les recommandations issues des deux Forums nationaux sur l’éducation n’ont pas été mises en œuvre. Ce qui laisse croire que le gouvernement béninois avait fait assez de bruits pour rien. « Les résultats des forums sur l’éducation n’ont jamais été pris en compte. Moi, je ne suis pas allé au 2nd forum parce qu’il n’y a pas eu l’évaluation du premier pour voir ce qu’il fallait faire. Ce qui a été décidé au forum de 2007 est que nous ne devons plus avoir trois ministères pour l’enseignement, mais un seul ministère de l’éducation pour réduire les dépenses, mais c’est le contraire que nous constatons », explique-t-il.
Quant à Paul Essè Iko, Secrétaire général de la Cstb, l’abcès est à crever. « La cause fondamentale des échecs, c’est l’utilisation des langues étrangères pour enseigner à des Béninois qui sont ancrés dans leur culture ». Il faut donc l’insertion des langues nationales dans le système éducatif formel. En outre, il n’a pas occulté le problème de l’Approche par compétence (Apc) et le Système Lmd. « Nous avons besoin de nous instruire, de nous former pour développer nos richesses intellectuelles et morales. Et tout cela se trouve dans nos langues maternelles. Aucun gouvernement n’a jamais voulu l’expérimenter… Les programmes d’Apc et Lmd sont inadaptés et ne tiennent pas compte des problèmes du pays. Du point de vue scientifique, nous avons besoin d’avoir des remèdes aux maux de notre pays, et du coup, faire des recherches dans le domaine de la "médecine traditionnelle". Mais il ne faut pas le faire en français », dénonce-t-il.

Approvisionner le secteur en personnel qualifié
Autre causes des échecs dans le système éducatif béninois, selon le Sg-Cosi-Bénin, Noël Chadaré, c’est le manque criant de personnel enseignant qualifié. « …L’enseignement secondaire aujourd’hui a besoin d’environ 16.000 enseignants qui doivent être qualifiés », clarifie-t-il. « N’est pas enseignant qui le veut, et l’approche par compétence à des exigences… », explique Dieudonné Lokossou, Secrétaire général de la Csa-Bénin. Pour Noël Chadaré, la situation précaire des enseignants vacataires est préoccupante, pourtant, ils sont les piliers de l’enseignement. « La majorité des enseignants que nous avons sont des vacataires et c’est eux qui tiennent la maison debout, et il faut les féliciter. S’ils n’étaient pas là, l’enseignement serait déjà tombé », fait-il remarquer. Il a également évoqué le ratio maître-élèves qui n’est pas respecté.
Une autre chose qui contribue aux échecs scolaires, d’après Dieudonné Lokossou, c’est la démotivation des enseignants qui n’ont pas eu les 25% d’amélioration de leur indice de traitement alors que les autres fonctionnaires d’Etat l’ont eu. Il a aussi dénoncé la politisation à outrance des nominations dans l’enseignement secondaire, qui ne respectent aucun critère. Il préconise à cet effet un recrutement des vacataires et leur sédentarisation en leur donnant une formation sur l’Apc qui est un système très exigeant.

13-04-2016, Patrice SOKEGBE


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