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Scrutin du 6 mars prochain : Boni Yayi dans la campagne présidentielle

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Grande première après vingt-six ans de démocratie au Bénin. Le président sortant Boni Yayi est dans la campagne électorale pour son dauphin désigné Lionel Zinsou. A Djougou, Parakou et autre, l’actuel locataire de la Marina, contrairement à son prédécesseur, le Général Mathieu Kérékou, mouille le maillot pour la victoire de son candidat. Comme si son avenir politique en dépend, le président de la République forclos sillonne villes, campagnes et villages pour indiquer son choix et celui de l’alliance Fcbe aux électeurs. Certes, comparaison n’est pas raison. Mais à la différence du Général Mathieu Kérékou qui, entre 2005 et 2006, n’avait désigné aucun dauphin, l’investissement personnel de Boni Yayi pour l’avènement au pouvoir de son candidat désigné est tout autre.
D’ailleurs, cet enthousiasme à se lancer dans la campagne électorale pour la présidentielle de 2016, n’est pas sans rappeler les multiples batailles électorales menées par Boni Yayi depuis son avènement au pouvoir. En effet, élu avec 75% des suffrages en 2006 puis réélu cinq ans plus tard au premier tour devant son éternel challenger Adrien Houngbédji, l’ancien président de la Boad a l’habitude des campagnes électorales. Ainsi, a-t-il, durant ses deux mandats, activement participé aux batailles électorales, notamment lors des législatives de 2007, de 2011, de 2015 et des communales de 2008 et de 2015 aux côtés de l’alliance Fcbe.

Les motivations de Yayi
Seulement, pour cette élection présidentielle, Boni Yayi ne manque pas de bonnes raisons de se jeter dans la campagne. D’abord, parmi les 33 candidats en lice, il y en a pour qui Boni Yayi n’a pas d’affinités, et il voit d’un mauvais œil qu’ils lui succèdent. L’homme d’affaires Patrice Talon, l’ennemi numéro un du régime de retour d’exil pour briguer la magistrature suprême et prendre sa revanche sur le destin est de ceux-là. Sébastien Ajavon est aussi une cible de Boni Yayi qui n’entend pas voir les hommes d’affaires réussir leur reconversion en acteurs politiques et en dirigeants de la nation.
L’autre candidat qui donne de l’insomnie à Boni Yayi est Abdoulaye Bio Tchané. Il est reproché à l’ancien Directeur Afrique du Fmi qui l’avait combattu à la présidentielle de 2011 son impatience à occuper le fauteuil et d’avoir œuvré à émietter les suffrages du septentrion au profit du candidat unique de l’Union fait la nation (Un), Adrien Houngbédji. Cinq ans après cet épisode, les ressentiments ne s’effacent pas. Au contraire, les échauffourées du week-end écoulé entre partisans de Abdoulaye Bio Tchané et de Lionel Zinsou sont venus rappeler que les cendres de la rivalité entre Boni Yayi et Abdoulaye Bio Tchané sont encore chaudes. Que dire alors de l’ancien premier ministre, Pascal Irénée Koupaki qui a longtemps rêvé d’être le dauphin désigné de Boni Yayi avant de comprendre qu’en politique, seuls les actes comptent ?

Un goût pour la bataille politique
En somme, aussitôt arrivé aux affaires ‘‘l’intrus’’ a pris goût à la bataille et aux intrigues politiques. Mieux, il a maintenu en lui ce rythme infernal pour la conquête du pouvoir. Et même en fin de règne, l’infatigable Boni Yayi qui compte toujours un nombre impressionnant de partisans, continue de s’impliquer dans la querelle politicienne. Mais, comme pour tout président sortant, son bilan risque de peser lourd pour l’adhésion des électeurs indécis. Qu’importe, le poids électoral de Boni Yayi ajouté à celui de la coalition Fcbe-Prd-Rb ne serait pas négligeable dans l’issue du vote du 6 mars prochain pour le candidat Lionel Zinsou.
Mais en attendant, le baroudeur Boni Yayi est en campagne pour son dauphin et contre ses adversaires politiques comme s’il était lui-même candidat. Car, à la vérité, un résultat positif du premier ministre Lionel Zinsou ne peut que lui apporter un gain psychologique. En somme, la campagne électorale de Lionel Zinsou est celle de Boni Yayi. Toutefois, il est clair que si le premier gagne la présidentielle, il devra chercher ses marques, véritablement porter son manteau de chef de l’Etat et imposer sa méthode de gouvernance au cours d’un mandat 2016-2021 qui s’annonce capital pour le renouveau du Bénin.

24-02-2016, Angelo DOSSOUMOU


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