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14 milliards encaissés par Betra Btp sans aucune prestation à la Segub : Que cachaient les troublantes révélations du Col Bako Mègoungna sur le dossier "tentative de coup d’Etat" ?

L’affaire détournement de fonds à la Société d’exploitation et de gestion du guichet unique du Bénin (Segub) continue de défrayer la chronique. Le cas du Colonel Bako Megoungna, ancien chef d’Etat-major de l’armée de terre, épinglé par le rapport d’audit de la Segub au titre des responsables de la société Betra Btp attise les curiosités et suscite à juste titre des questionnements. Selon le conseil des ministres, cette société aurait perçu des redevances de l’ordre de 14 milliards sans aucune prestation. Mais, comment le Chef d’Etat-major de l’armée de terre s’est-il retrouvé dans ce dossier ? Difficile de le dire. Toujours est-il que l’homme de la tentative de coup d’Etat n’est pas dans une bonne posture. L’évocation de son nom suffit à réveiller bien de souvenirs enfouis dans un passé encore vivace. Est-ce possible d’oublier cette période de grande turbulence pour l’Etat de droit et la démocratie ?
Il y a quelques années, notamment en 2013, le colonel Bako Megoungna était au cœur du dossier ‘’tentative de coup d’Etat’’ contre le président Boni Yayi. C’était le bon apôtre. Il a dénoncé et révélé le nom de l’auteur de cette machination et de ses complices. Au banc des accusés, le chef d’Escadron Pamphile Zomahoun, actuel Directeur des services de liaison et de la documentation (Dsld) et l’expert-comptable, Johannes Dagnon. Les deux hommes accusés par le col Bako ont été placés sous mandat de dépôt, puis relâchés après les ordonnances de non-lieu prononcé par le juge du 6e cabinet du tribunal de Cotonou, Angelo Houssou qui avait la charge de ce dossier.
Aujourd’hui, à la surprise générale, le rapport d’audit de la Segub place le Colonel Bako au cœur d’un vaste scandale financier, avec le détournement de 14 milliards de Fcfa par une société dans laquelle sa responsabilité est engagée. Présomption d’innocence oblige, l’on ne peut néanmoins se refuser d’observer le parallélisme des faits. Ceci explique-t-il cela ? Sinon, par quelle alchimie, quelqu’un qui a refusé d’être soudoyé dans une affaire de tentative de coup d’Etat se retrouve au cœur d’un crime économique à une échelle si considérable ? Dans tous les cas, l’opinion ne demande qu’à être située dans ce dossier qui perce le plafond des scandales financiers sous l’ère Yayi.

3-08-2016, La rédaction


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