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Alcoolémie au Bénin : L’alcootest : une pilule amère, mais consommable !

L’ivresse publique s’est érigée, depuis quelques années, en règle en République du Bénin. Et face à la recrudescence des accidents de circulation causée par cette pratique, le gouvernement a décidé de contrôler les usagers de la route par des alcootests. Une décision qui suscite une vague de réactions.

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Quelques semaines après l’annonce du Directeur général de la police Républicaine, le Gle Nazaire Hounnonkpè, sur l’alcoolémie au Bénin, il y a eu une vague de réactions pour protester. Samedi 21 juillet, il est 17 heures. Cérémonie d’enterrement au quartier Sème dans la commune d’Abomey-Calavi. Pendant que Alain, tout ivre, était sur le point de départ, une dame, d’un rire moqueur, lui dit : « N’oublie pas que ‘’l’alcootest’’ t’attend chez les policiers !!! ». Du coup, tout le monde autour d’elle éclate de rire. L’alcootest fait ainsi l’objet de discussions. Les uns trouvent que c’est inacceptable que la police prenne une telle mesure, en raison du plaisir qu’ils trouvent à prendre une quantité démesurée d’alcool ; les autres pensent que le Gouvernement vient de trouver des moyens de dilapider les ressources de l’Etat. « Comment le Gouvernement peut-il interdire la consommation de l’alcool ? Si je n’achève pas 7 bouteilles de bière, je ne me lève pas. Parfois, quand je bois au moins 4 bouteilles de Béninoise, je deviens très lucide….Je deviens plus prudent sur l’asphalte…. », affirme Gaston, usager très remonté. Pour lui, « Chacun avec son degré de vulnérabilité. Je peux être à 8 bouteilles de bière et être tonic, pendant que quelqu’un d’autre, à une bouteille, est déjà soûl ». De ce point de vue, Gaston estime que la mesure annoncée par la police républicaine manque de pertinence. Plus loin, Paterne, étudiant à l’Uac, pense que les responsables de la police Républicaine viennent de trouver une nouvelle approche pour gaspiller les ressources de l’Etat. « Il n’y a pas encore péril en la demeure. C’est déjà une bonne chose de limiter la vitesse en agglomération. Pourquoi une autre mesure ? Il faut simplement reconnaitre que c’est une mesure de trop », déclare Firmin, un usager de la route, qui précise que les ressources pourraient permettre d’apaiser le cri de cœur des populations.
Pendant ce temps, d’autres évoquent l’aspect sanitaire de la mesure. « Avec ces Alcotests, qui facilement peuvent passer de bouche en bouche, n’y a-t-il pas des risques de contamination ? Or, parlant de survie et d’espérance de vie, l’hygiène y est pour beaucoup. Alors, s’il est en ainsi, impossible de ne pas être regardant quant à l’usage des kits d’alcootests électroniques pour le contrôle de l’alcoolémie. Déjà, il faut signaler que pour l’exercice, les automobilistes sont appelés à souffler dans des embouts en théorie à usage unique. Sinon, si l’un des conducteurs souffre de la tuberculose ou d’une hépatite, c’est la contamination assurée. C’est dire qu’à chaque usager contrôlé, un sachet stérile contenant l’embout buccal. S’il en est autrement, autant arrêter, tout de suite, cette géniale trouvaille censée sauver des vies... », dit Angelo Dossoumou, chroniqueur.

Principale source d’accidents
Selon les récentes données du Centre national de sécurité routière (Cnsr), chaque jour sur les routes au Bénin, 16 accidents se produisent avec 2 personnes tuées et 13 autres blessées. Et, ces accidents sont causés majoritairement par la conduite en état d’ébriété. Pour Gabin Djidonou, expert en sécurité routière, l’alcool en conduite, est, à côté de l’excès de vitesse, l’une des principales causes d’accident, car il augmente le temps de réaction du conducteur et réduit la vigilance. Sur le plan individuel, dit-il, tout le monde s’accorde sur les dangers de l’alcool au cours de la conduite, même si une proportion conséquente de la population est ignorante des seuils à partir desquels il est interdit de conduire. Le risque d’accident est presque triplé pour une alcoolémie de 0,8 g/l. « L’alcoolémie n’étant pas détectable à l’œil nu, il est utilisé l’alcootest pour contrôler ce taux. Les données étant affichées, et pour le conducteur et pour l’officier de police, l’alcootest permet d’éviter les disputes lors des contrôles et limite d’éventuels brimades d’agents. Le seuil recommandé est de 0,5g/l. L’objectif étant de réduire les accidents de la route, cette mesure concerne donc tout véhicule à moteur, c’est-à-dire, voiture, motocyclette, cyclomoteur, camion , camionnette,.. Susceptibles de causer des accidents avec un conducteur à bord sous l’effet de l’alcool », explique Gabin Djidonou. Il recommande d’éviter de conduire des véhicules après avoir pris de l’alcool, de sensibiliser les populations sur l’importance que revêt la conduite sans alcool, sur l’utilité de l’alcootest qui est un outil pour sauver des vies au Bénin.

Gle Nazaire Hounnonkpè, Dgpr
« Nous sommes même très en retard. Dans beaucoup de pays, ce sont les peines correctionnelles, c’est-à-dire l’emprisonnement »

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« La police a pour attribution d’assurer le respect des lois e règlements. Depuis 1917, la loi du 1er Juillet 1917 sur l’ivresse publique interdisait déjà l’usage de l’alcool au volant. Cette loi a été renforcée par l’arrêté général 61-38 du 24 septembre 1956 portant réglementation de l’usage des axes routiers ouverts à la circulation publique. En plus, en 1960, il y a eu la convention de Vienne sur la circulation routière. L’usage de la route doit être fait avec beaucoup de précautions, parce qu’il y a plusieurs usagers qui partagent cet espace. La consommation de l’alcool est très dangereuse. Et si l’Etat n’intervenait pas, imaginez ce que cela deviendrait. Le chef de l’Etat nous a alors demandé si nous avons les équipements nécessaires pour dépister les usagers de la route qui ont dépassé le seuil d’ivresse. Après lui avoir répondu, il a promis mettre à notre disposition les équipements adéquats. Ce n’est donc pas sur un coup de tête que la police s’est levée pour réprimer l’ivresse publique. D’abord, le défaut de répression a créé suffisamment de tort. Beaucoup de jeunes cadres sont morts, à leur sortie des boites de nuit ou à la fin des manifestations organisées pendant les week-ends. On ne peut pas laisser les citoyens mourir. Qui va développer le pays, si ses fils meurent ? C’est fort de cela qu’on a dit qu’il vaut mieux utiliser les outils modernes. Et, c’est heureux que le Gouvernement ait pu décider de nous acheter des alcootests excessivement chers. Voilà ce qui a motivé la direction générale à mettre en œuvre ces dispositions qui existaient depuis plusieurs années.
Beaucoup disent qu’il y a des risques d’hygiène. Ils se demandent à quel seuil la police va-t-elle arrêter toute personne surprise en état d’ébriété. Je voudrais préciser que le seuil est de 0,5 gramme. Quand on découvre, après test, un taux d’alcool supérieur ou égal à 0,5 g dans le sang d’un usager, il tombe sous le coup de la loi. Nous sommes même très en retard. Dans beaucoup de pays, ce sont les peines correctionnelles, c’est-à-dire l’emprisonnement. Chez nous, au Bénin, le décret 2008-194 au 08 avril 2008 n’a institué que des peines pécuniaires, c’est-à-dire 10 000 Fcfa d’amende. Ce n’est pas suffisant. Pour protéger la vie, il faut que la peine soit forte.
L’alcootest est muni d’embouts. Et, les embouts sont à usage unique. Et lorsque la police veut contrôler un citoyen, il est en droit de vérifier si l’embout est bien emballé. De ce fait, toutes les précautions sont prises en ce concerne l’hygiène. Notre objectif n’est pas de réprimer. C’est de donner l’alerte pour que chacun prenne ses dispositions afin d’éviter d’être ivre au volant. Ils doivent savoir qu’il ne doivent pas mettre la vie des autres en danger, même s’ils n’ont pas peur de leur vie ».

10-08-2018, Patrice SOKEGBE


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