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Dégraissage annoncé dans la fonction publique : Talon-syndicats : Bientôt le clash ?

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Dans son entretien accordé au Journal Le Monde, le Président Talon a réaffirmé sa volonté de faire baisser de façon drastique les dépenses de l’Etat, en réduisant de manière sensible le nombre de fonctionnaires. Des propos qui créent d’ores et déjà la psychose générale au sein de l’administration publique béninoise. Mieux, les syndicats sont attentistes sur la finalité de cette ambition.
Patrice Talon semble progressivement donner un coup de pied dans la fourmilière de la classe ouvrière. Réduire le nombre de fonctionnaires est une réforme qui devra, aussi bien dans la forme que dans le fond, l’opposer aux travailleurs. En effet, le chantre de la rupture a hérité de Boni Yayi un tableau social peu reluisant qui le contraint à mettre l’accent sur la qualité plutôt que l’effectif.
Plus de 40.000 fonctionnaires ont été recrutés dans la fonction publique sous Boni Yayi. S’agissant de la masse salariale, elle a connu un bond de 155% en 10 ans. Aussi, en pourcentage des recettes fiscales, critères de convergence de l’Uemoa, le ratio s’est affiché à plus de 48% contre 35,6% en 2006, soit un bond de 10% à cause des nombreux recrutements et avantages accordés aux fonctionnaires. Au satisfecit non total des centrales syndicales qui en demandaient plus, s’opposent les remontrances des partenaires techniques et financiers qui boudaient cette forme de gouvernance. Mais le gouvernement de Boni Yayi, au nom de la paix sociale est resté insensible. Une situation avec laquelle le ‘’Nouveau départ’’ compte en finir à travers des mesures drastiques.

Un nouvel ajustement structurel ?
Respecter la norme en ce qui concerne le ratio masse salariale-Produit intérieur brut (Pib) a été le talon d’Achille de tous les gouvernements qui se sont succédé au Bénin depuis 1985. En effet, la crise économique des années 80 a contraint le régime de Kérékou 1 à recourir aux institutions de Bretton Woods pour mettre l’économie sous ajustement structurel. La pilule a été amère pour l’administration béninoise : gel des recrutements et des salaires, avec à la clé le fameux ‘’Programme de départ volontaire à la retraite’’ dont les séquelles sont encore vivaces dans les esprits. Les régimes de Soglo et de Kérékou 2 sont restés plus ou moins attentifs à cette prescription des économistes du Fmi et de la Banque Mondiale : un recrutement prudent en phase avec les performances économiques. Et c’est peut-être là où Patrice Talon voudrait en venir : harmoniser les primes et les salaires dans l’administration publique, maitriser et discipliner le flux de recrutement de fonctionnaires, une gouvernance économique de qualité.
Mais les centrales syndicales menacent. Toutes actions touchant à la vie des travailleurs qui ne reçoivent pas leur assentiment seront vouées aux gémonies. Pour Lokossou, Chadaré et consorts, la résistance sera l’attitude la mieux partagée. Face à cette nouvelle donne où les positions semblent être tranchées, que fera le Chef de l’Etat ? Ambitieux et homme de challenge et de résultats, quelle sera son attitude face à la détermination des centrales syndicales qui n’entendent rien négocier sur ce plan ? Wait and see.

Lire les propos de quelques Secrétaires généraux
Dieudonné Lokossou, Sg Csa-Bénin
« … je suis foncièrement contre cette mesure qui vient d’être annoncée »

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« Je ne sais pas si ce point fait partie de son projet de société. Pendant qu’il y a un taux élevé de chômage, je ne vois pas par quelle alchimie on peut réduire le nombre de fonctionnaires sans rencontrer la résistance des travailleurs. Je viens de prendre connaissance de l’interview. Au même moment, le président dit qu’il va recruter dans l’enseignement, la magistrature, la diplomatie. Il n’y a pas que ces secteurs qui ont besoin de personnel. Il y a la santé, l’agriculture. Donc, le personnel devient de plus en plus vieillissant. Il faut donc le renouveler. Dire qu’on va réduire, en tant que syndicaliste, je n’accepterai jamais cela. Dans tous les cas, on ne va pas improviser. On ne va pas se lever du jour au lendemain et dire qu’on va réduire l’effectif dans l’administration. Je pense logiquement qu’on doit pouvoir inviter les confédérations et centrales syndicales et même des syndicats des fédérations pour en débattre. Ça doit être un débat national. Ce n’est pas un débat à huis clos où il faut profiter pour régler des comptes. Donc, je suis foncièrement contre cette mesure qui vient d’être annoncée. Ça va être le premier choc entre ce pouvoir et nous. Ce n’est pas le secteur privé où on prend des décisions de manière unilatérale. Si des gens ont procédé à des recrutements, c’est parce que pendant longtemps, la banque mondiale a imposé une réduction drastique du nombre de fonctionnaires, et les objectifs visés en mettant en œuvre cette mesure antisociale n’ont pas été atteints. Je ne crois pas que ce soient les concepteurs du Nouveau Départ qui vont semer la misère parmi le peuple ».

Noël Chadaré, Sg Cosi-Bénin
« …Talon ne va pas courir le risque de prendre une telle décision »

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« Ce n’est pas possible. Il faut d’abord dire qu’on est dans une société où le nombre de fonctionnaires que nous avons par rapport à la taille de nos populations, n’est pas important. Et il y a une demande forte dans certains secteurs comme la santé qui n’a pas été évoquée. Combien de médecins avons-nous pour les Béninois ? Le ratio est totalement faible. Il en est de même pour les infirmiers. La santé a un prix. Il faut beaucoup recruter. Donc, il y a un déficit criant dans le secteur de la santé et de l’éducation. Or, ce sont les secteurs les plus importants en termes de nombre de personnel. Et si on doit réduire, est-ce dans ces secteurs, alors qu’ils ont besoin d’être renforcés ? Il y a une pénurie alarmante d’agents de santé et d’éducation. Je ne sais encore par quel miracle on pourrait réduire le personnel à la fonction publique, alors que les secteurs où on a besoin de main d’œuvre ne sont pas encore pris en compte. Il y a des établissements où un enseignant doit gérer trois classes au moins, il y a des centres de santé qui ne disposent pas de médecins qualifiés. J’attends donc de voir le miracle. De toutes les façons, on ne peut pas le faire sans nous. Si on va réduire, on ne permettrait pas qu’on réduise pour mettre à mal le travail. Il faut au contraire augmenter le nombre de fonctionnaires, puisque nous avons une administration vieillissante. Nombreux sont les fonctionnaires qui vont à la retraite à partir de 2016. Je pense que le président Talon l’a dit sans cerner tous les contours des problèmes de la fonction publique béninoise. Le Bénin n’est pas une entreprise privée où on a besoin de plus-value. On ne peut pas toucher à ces secteurs.
De toutes les façons, toute action qui concernerait les travailleurs doit être discutée avec les partenaires sociaux. Je pense que le président Talon ne va pas courir le risque de prendre une telle décision. Si c’était le cas, il y aurait de la résistance. Nous ne permettrons pas que le travail soit menacé et que les travailleurs se retrouvent du jour au lendemain sans emploi. Ce n’est pas parce qu’on veut faire des économies pour la République qu’on va procéder à une réductions du nombre de fonctionnaires. Si on venait à le faire sans qu’on discute, je vous assure qu’il y aura de la résistance… »

Paul Essè Iko, Sg Cstb
« ….c’est décevoir le peuple béninois »

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« Nous nous sommes battus pour que Patrice Talon soit président. Du coup, nous avons combattu un régime des plus exécrables depuis 1990. Du reste, nous avons dit que si Patrice Talon arrive au détriment de Lionel Zinsou, nous allons pouvoir finir avec le système d’hier. Le système d’hier a mal recruté, faisait des travailleurs des agents à titre précaire. C’est essentiellement révocable et c’est très grave. Aujourd’hui, ceux qui ont trimé de cette manière-là ne pourront pas avoir comme salaire chez Talon, le fait d’être renvoyés. Nous refusons. Ce n’est pas la rupture. Ces travailleurs qui sont à la fonction publique doivent être recasés et recadrés. Nous ne voulons plus avoir dans la fonction publique des volontaires, des communautaires, des contractuels, des vacataires. Ils doivent tous être recasés. Ils doivent prendre de nouvelles dénominations compte tenu du statut général des Agents permanents de l’Etat. C’est ça la rupture. Ne pas faire ça, c’est décevoir le peuple béninois. Nous nous battrons contre ça. Et nous demandons aux travailleurs, qu’ils soient agents Ape, Ace et autres, de se lever vite et de se mettre dans la rue pour exiger le droit au travail. Et nous allons les soutenir à la Cstb ».

27-05-2016, Gérard GANSOU


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