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Déliquescence du système éducatif béninois : Le réquisitoire de Léandre Gbénoudon sur Zone Franche

L’émission Zone franche du dimanche dernier aura été 90 minutes de de réprobations contre la qualité du système éducatif béninois. Léandre Gbénoudon, défend le nouveau programme, pose les conditions de sa réussite puis remet en cause le Certificat d’étude primaire.

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L’approche par compétence n’est qu’un bouc-émissaire pour justifier le caractère catastrophique des résultats des examens de fin d’année et le niveau choquant des apprenants. C’est un point de vue de Léandre Gbénoudon, sur l’émission Zone franche hier. L’économiste planificateur de l’éducation déplace le problème vers au niveau de la qualité des enseignants et le déficit de moyens d’accompagnement. « Les nouveaux programmes sont bons. Il faut que ceux qui sont chargés de les mettre en œuvre soient bien formés. Tout le produit n’est pas mauvais. On ne peut pas l’arrêter », a-t-il souligné.
Tout en donnant raison à ceux qui croient savoir que les apprenants ne savent ni lire, ni écrire, il explique que l’apprentissage par les objets imagés était attendu aider les écoliers à mieux comprendre l’enseignement en attendant d’apprendre par la méthode syllabique en classe de Ce2. Malheureusement, dit-il, « au regard des critiques, la progression a été abandonnée ».

Une question de moyens
Léandre Gbénoudon déplore le manque d’enseignants et de matériels pédagogiques dans les écoles. Une situation qui, selon lui, a contribué à désaltérer la qualité du système éducatif. D’ailleurs, pour lui, la pénurie d’enseignants de qualité remonte à la suppression des Ecoles normales. « J’ai élaboré la politique éducative en 91. L’accent a été mis sur la formation des maitres. Mais à la faveur des programmes d’ajustement structurels, il a été demandé que les Ecoles nationales d’instituteurs soient fermées. Je m’étais opposé mais ca faisait des conditionnalités », a-t-il argumenté. Et pour l’avenir, l’économiste planificateur de l’éducation plaide pour que l’Etat donne priorité à l’éducation, et pouvoir compter ses propres ressources pour développer l’école béninoise. « La volonté qui manque, c’est de maintenir l’équilibre entre les dépenses du personnel et les autres dépenses au profit de l’éducation. C’est aussi une aberration de former les maitres et d’atteindre toute une procédure pour les recruter. Il y a des choses qui ne peuvent pas attendre », a laissé entre l’invité de l’émission ». Il faut alors un plan d’urgence, comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire avec un investissement de plus de 168 Milliards pour reconstruire les universités.

Le Cep n’a plus aucun sens.
Le certificat d’étude primaire perd progressivement sa valeur, au point où le consultant en éducation trouve qu’il faille plutôt le supprimer. C’est d’ailleurs un examen qui ne profiterait qu’à des tiers au regard, des avantages financiers générés par son organisation : « Le CEP n’a plus aucun sens, ce diplôme ne garantit plus rien. C’est un gouffre financier. Les trois milliards qui sont injectés dans l’organisation peuvent servir à développer l’enseignement ». Il suggère d’ailleurs que les écoliers ayant échoué au Cep 2016, soient admis à s’inscrire au secondaire.
La crise qui secoue l’Université d’Abomey-calavi n’a été du reste. Pour l’invité de l’émission Zone, la décision d’invalidation de l’année, bien que malheureuse est tout à fait juste pour garantir la qualité des diplômes. Puisque dit-il on ne peut valider des formations qui n’ont été exécutées. Léandre Gbénoudon remonte dans un passé récent et dénonce une politisation de l’Université dont notamment à travers la gratuité des inscriptions. « Au primaire nous n’avons pas pu régler le problème de la gratuité. Au secondaire, les élèves payent. Mais, contre toute attente, on décrète la gratuité des inscriptions à l’Université, parce que on est en quête d’une popularité », a-t-il déploré. L’ancien collaborateur du Ministre Soulé Mana Lawani compte sur le Gouvernement de la rupture pour une restauration de la qualité du système éducatif béninois à travers des choix audacieux à impacts réels.
Fulbert ADJIMEHOSSOU

3-10-2016, La rédaction


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