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Dr Rosaire Attolou, DDCVDD/ Atlantique-Littoral : « Les eaux résiduelles issues de cette activité polluent »

Devenu une alternative pour les jeunes sans emploi, le lavage automobile n’est pas sans conséquences sur l’environnement. A travers cette interview, Dr Rosaire Attolou, Directeur départemental du cadre de vie Atlantique-Littoral présente les nuisances liées à l’installation anarchique de ces unités et les sanctions auxquelles sont exposés les auteurs.

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Quelles sont les conditions à remplir pour installer une unité de lavage automobile ?
Je voudrais d’abord faire remarquer qu’aujourd’hui, un peu partout à Cotonou, Calavi, Porto-Novo et les autres villes du Bénin, les gens installent de petites unités de lavage automobile pour subvenir à leurs besoins. En revanche, les impacts sur l’environnement et la santé sont incommensurables. Revenant à votre question, en principe, avant de s’installer, ces jeunes devraient se rapprocher tout au moins des autorités communales pour recevoir une autorisation. En dehors de ça, sur le plan environnemental, on devrait en principe leur exiger le permis de construire. C’est nécessaire pour définir les normes que doit respecter le bâtiment. On en arrivera là.
Aujourd’hui, ces promoteurs s’installent anarchiquement dans les rues, voire sur les carrefours, sans aucune précaution. Les gens ne prennent pas la peine de se renseigner sur les différents textes qui réglementent le secteur.

Quels sont les impacts de cette activité sur l’environnement ?
Ces unités génèrent des eaux usées qui sont directement drainées sur la voie publique ou dans les ouvrages d’assainissement alors que ces canalisations débouchent dans les plans d’eau. Ce sont des produits chimiques qu’utilisent ces promoteurs dans l’exercice de leur activité. Ces produits sont drainés dans les eaux résiduelles et se retrouvent dans nos plans d’eau. Il y a la pollution du sol, la pollution de la nappe phréatique, la pollution esthétique. Vous entrez dans une rue, vous voyez de l’eau un peu partout.

Mais pour ces promoteurs, il ne s’agit que de l’eau
C’est vrai que beaucoup sont dans l’ignorance comme vous l’aviez remarqué. Au niveau de la Direction départementale du cadre de vie, nous faisons des descentes sur le terrain pour sensibiliser ces promoteurs et les verbaliser si possible.

Ne faudrait-il pas aller au-delà de la sensibilisation ?
Bien sûr. Il y a par exemple le décret sur les eaux résiduelles qui interdit ces pratiques. Certes, nous les sensibilisons autant que se peut actuellement, mais à un moment donné, nous serons obligés de passer à des sanctions. On suppose jusqu’à un passé récent, qu’ils ne maitrisent pas la réglementation. Mais bientôt, avec la police environnementale et le soutien des forces de sécurité qui nous accompagnent, notamment la Brigade de Protection du littoral et de lutte contre la pollution (Bplp, on sera obligé de leur mettre la pression. Bientôt, nous aurons l’asphaltage des rues, et ça ne pourra pas continuer ainsi. Encore que la plupart sont installés dans le domaine public. Ils seront obligés de partir d’eux-mêmes. La canalisation illégale est interdite. Il y a des amendes pour cela. C’est 50.000 francs Cfa.

Votre mot de la fin
Je vous remercie pour l’opportunité que vous nous offrez d’attirer l’attention des uns et des autres sur les impacts environnementaux de l’installation anarchique de ces unités de lavage auto. Nous allons devoir passer à des sanctions après les sensibilisations.
Propos recueillis par Fulbert R. ADJIMEHOSSOU

25-01-2018, Fulbert ADJIMEHOSSOU


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