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Election du Recteur et de Vices-Recteurs à l’Uac : « Il nous faut œuvrer pour une université moderne et apaisée »

Professeur Titulaire de linguistique, Maxime da Cruz va à la conquête du poste de Recteur de l’Université d’Abomey-Calavi dans le cadre des élections rectorales du 30 octobre 2017. A travers cette interview, l’actuel Vice-Recteur chargé des affaires académiques et de la Recherche universitaire expose les ambitions de la liste Nouvelle Vision. Une liste sur laquelle on retrouve aussi les Professeurs Marcel Zannou de la Fss, Félicien Avléssi de l’Epac, et Eléonore Yayi de la Fast, respectivement aux postes de 1er, 2e et 3e Vice-Recteur.

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Deux fois Vice-Recteur, pourquoi avez-vous choisi cette fois-ci de revenir en qualité de Recteur de l’Uac ?
J’ai eu le privilège d’appartenir à une équipe fantastique avec à sa tête le Professeur Brice Sinsin. A notre arrivée à la tête de l’Uac, nous nous sommes rendu compte qu’en dépit des efforts fournis par nos prédécesseurs, il y avait encore d’importants défis à relever. Lorsqu’on arrive sur le campus d’Abomey-Calavi aujourd’hui, on constate cette envie de changement et de rénovation. Mais la taille de l’Uac et l’importance des problèmes à régler, font qu’en dépit des efforts, beaucoup de choses restent à faire. J’ai estimé qu’ayant appartenu à cette équipe fantastique, il était nécessaire de pérenniser les acquis et de contribuer à améliorer ce qui doit l’être. C’est la raison essentielle de ma candidature et de celles des collègues qui se sont alignés avec moi.

Il y a trois ans, les universitaires vous ont renouvelé massivement leur confiance. Aujourd’hui, les réalisations ne sont pas à la hauteur des attentes. Qu’est-ce qui n’a pas marché ?
Dans la vie des institutions, il y a des moments particuliers. Malheureusement, notre université a connu une crise à la Faculté des Lettres Arts et Sciences Humaines (Flash) qui a conduit à l’invalidation de l’année. La nature des problèmes de l’Uac est assez complexe, et on a le sentiment que cela n’est pas toujours compris par nos concitoyens. Cela a favorisé ce que vous relevez comme problèmes. Mais en même temps, il faut dire que c’est humain. En fin de mandat, on est habitué à se concentrer beaucoup plus sur les problèmes que sur les réalisations. On assume. Mais nous sommes convaincus par notre envie de nous battre pour mettre à la disposition de notre pays des ressources humaines de qualité.

Quels sont les défis que l’équipe du Professeur da Cruz entend relever ?
Il nous faut former les collègues à l’utilisation des outils pédagogiques et surtout instaurer le dialogue. Pour dialoguer, il faut être deux. Nous allons œuvrer pour que s’améliore la communication avec nos amis étudiants, nos collègues et le personnel administratif et de service. Il faut que les gens soient informés en amont des décisions. Ainsi, la pilule pourrait mieux passer. Nous comptons sur notre autorité de tutelle, le gouvernement pour que l’on donne aux universités les moyens à la hauteur des défis. Il faut régler le problème des infrastructures, avec le phénomène de la massification. Il faut le recrutement en nombre suffisant d’enseignants et de techniciens de laboratoire. Les défis de 2017 sont loin de ceux d’il y a 30 ans. Il faut un véritable plan Marshall pour l’Uac, si on veut un pays qui va se porter mieux. Ailleurs, à côté de nous, les gens ont insisté sur l’éducation, une éducation en phase avec les réalités du pays. Nous ne pouvons pas être une copie pâle de ce que les gens veulent. Les solutions que nous proposons doivent être arrimées aux réalités de notre pays.

Que deviendra le Lmd sous l’ère du Recteur da Cruz ?
Le Lmd sera poursuivi. Il faut des moyens pour gérer des groupes humainement corrects. C’est fini, les amphis 1000. Pour un encadrement conséquent, il faut des salles de 50 à 80 étudiants. On ne peut rien faire de potable dans un amphi avec 1000 étudiants. Il y en a qui n’entendent même pas ce que vous dites. C’est un défi à relever et qui sera accompagné par la formation des enseignants à l’utilisation des outils modernes. Il faut également un dispositif qui oriente les étudiants pour éviter les pertes de temps. Il faut les orienter de sorte qu’à partir de leur potentiel et des réalités professionnelles ils puissent s’en sortir. Il y a aussi à former nos jeunes à l’entrepreneuriat. Et l’Uac, de ce point de vue, est un modèle à travers les volontaires, le parc d’incubation, la fondation de l’Uac.

Les critiques fusent de toutes parts en ce qui concerne le coût élevé des frais de formation. Les députés se sont intéressés à la question. Que devra-t-on attendre de vous sur ce point ?
Quand j’entends ces commentaires, je les comprends, mais en même temps, je suis surpris. Lorsque l’équipe rectorale est arrivée, il y avait des frais de formation qui allaient dans tous les sens. Il y en a qui dépassaient le million. Nous sommes quand même dans un pays aux ressources limitées. L’une des premières actions est de les harmoniser. Vous trouvez qu’ils sont toujours élevés. Mais je vous assure qu’une formation a un coût. Nous nous sommes exercés à calculer le coût réel des formations. Je vous assure qu’ils sont éloignés. La solution est de mettre en place un dispositif pour que les meilleurs étudiants puissent bénéficier d’un accompagnement. Aujourd’hui, nous avons un projet de Master Card, pour que l’étudiant brillant puisse aller au bout de sa formation sans être bloqué par les moyens.

Il y a un sujet qui reste tabou : la question de la franchise universitaire. Devrions-nous assister encore à la militarisation du campus ?
C’est toujours avec beaucoup de peine qu’on est obligé de recourir aux forces de l’ordre. L’engagement que je voudrais prendre au nom de mon équipe, tant que l’intégrité et la sécurité des personnes ne sont pas en cause, il n’y a aucune raison de faire venir des gendarmes sur le campus. Les étudiants ont le droit de manifester et de revendiquer. Mais de grâce, qu’ils oublient cette tendance à tabasser leurs camarades, à saccager les infrastructures et les véhicules. Faire venir les forces de sécurité à l’Université, ça a un cout. Ce que les gens ne savent pas. Ce n’est pas un plaisir de le faire. On se retrouve souvent entre le marteau et l’enclume.

Dans ce cas, le décret 2017-485 du 02 octobre 2017 portant modalités de collaboration entre l’Etat et les organisations estudiantines est-il une opportunité ?
C’est une opportunité. Nous sommes prêts à le mettre en œuvre. Je voudrais profiter pour dire qu’au début de notre mandat, on était partis pour collaborer avec les gens en ce qui concerne le maintien de l’ordre et l’assainissement du campus. Mais si cela n’a pas marché, c’est parce que certains d’entre eux n’ont pas joué franc jeu. Il faut que nous nous donnions la main pour faire face aux défis.

Sur quels chantiers verra-t-on l’équipe dans les premières semaines de votre mandat ?
Nous allons travailler à l’amélioration des conditions de formation, à dynamiser la recherche. Les collègues font un travail extraordinaire, mais nous devons partager davantage ces résultats. Il faut travailler à développer les partenariats pour faciliter l’insertion des étudiants dans le monde professionnel. C’est capital.

De quelle université rêvez-vous pour les 3 prochaines années ?
Une université moderne, plus apaisée, répondant mieux aux défis de notre temps. Une université qui accompagne les dirigeants au plus haut niveau dans la réalisation des objectifs de développement de notre pays.

N’avez-vous pas la crainte d’être le candidat de la continuité ?
(Sourire). Je crois qu’il faut éviter le piège des mots. L’essentiel, c’est de travailler pour que les étudiants réussissent leur formation, que la qualité de la formation soit améliorée, que le personnel administratif fasse ce qui est attendu de lui. On pourrait utiliser tous les termes, mais ce qui importe, c’est la qualité du travail que l’on fait.

Votre mot de la fin
Je voudrais inviter tous les acteurs de notre université à gérer cette période de campagne dans la courtoisie et le respect. C’est le débat d’idées au profit de notre institution universitaire qui doit régner. Il n’y a pas de raisons de s’insulter, de mentir sur le compte de l’autre, ou de commettre des actes de vandalisme.

25-10-2017, Isac A. YAÏ


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