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Elections communales, municipales et locales : Les femmes toujours à la traîne malgré… !

Les élections communales, municipales et locales ne cessent de livrer leurs secrets. A ce jour, seule une femme a pu être élue maire, à l’issue des différentes élections au sein des conseils communaux. A ce sujet, la Présidente de la Plateforme des femmes aux instances de décision (Pfid-Bénin), Sidikatou Adamou Houédété et la Présidente de l’Ong Sindo, Flore Emma Mongbo, ont exprimé leur mécontentement. Selon elles, ces résultats obtenus sont dus aux mauvais positionnements sur les listes électorales, au pouvoir de l’argent et à la non application des textes sur l’égalité du genre.
Lire quelques impressions

Sidikatou Adamou Houédété, Pdte Pfid-Bénin : « Le pouvoir de l’argent continue de pénaliser la femme »

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Comme vous le constatez avec moi, c’est vraiment amer en ce sens que, contrairement à ce que nous pensons, la population est mûre et comprend ce qu’est le développement. Et pour que nous ayons un développement digne du nom, il faut que les femmes et les hommes travaillent en symbiose. Mais malheureusement, malgré la lutte que nous menons pour le bon positionnement des femmes, on a constaté qu’on a titularisé 68 femmes et 88 suppléantes sous réserve. Parce que les suppléantes peuvent devenir titulaires quand leurs titulaires se désisteront en leur faveur. Ce faisant, il nous reste beaucoup à faire au sein de la population puisque, la première lutte est le bon positionnement des femmes. Deuxième chose, nous allons œuvrer pour que la population vote aussi bien pour la liste conduite par des femmes que pour celle qui comporte des femmes. Malheureusement, beaucoup de femmes n’ont pas pu être élues. En plus de cela, il y a l’élection des maires par les conseillers. A ce niveau, les femmes ont encore de problèmes puisque, sur toute l’étendue du territoire national, il n’y a qu’une seule femme maire de la ville de Pèrèrè. Même si toutes les communes n’ont pas encore choisi leurs dirigeants, rien ne nous prouve qu’on aura la chance de trouver une autre femme maire. Ce qui est regrettable est que la mentalité n’a pas changé parce qu’on n’a pas encore compris qu’il faut impliquer la femme dans la gestion à la base. Et puisque nous parlons de la décentralisation, il faut impliquer tout le monde. Ce n’est qu’à ce prix qu’on aura un développement parfait, digne du nom. La problématique de la décentralisation n’est pas toujours comprise par la population. La bataille a été dure cette fois-ci pour le positionnement des femmes dans les différents partis politiques. Et à toutes les femmes qui ont échoué aux élections, nous leur tirons chapeau. C’est difficile pour la femme d’avoir son nom sur une liste et, au dernier moment, on le retire à cause de ces questions d’alliances entre les partis politiques pour favoriser les personnes nanties. Ainsi, le pouvoir de l’argent continue de pénaliser la femme dans le pays du fait qu’on ne lui donne pas la possibilité d’être candidate indépendante. Voilà entre autres les questions auxquelles on doit trouver des solutions en vue de réellement mettre les femmes aux instances de prise de décision. Nous n’allons pas nous décourager, les quelques femmes qui sont sorties pour les élections, nous allons les assister pour qu’elles puissent savoir le rôle qui est le leur, pour qu’elles ne deviennent pas plus politisées en n’apportant pas leur contribution au développement. Elles doivent être formées pour travailler à la base. Nous devons aussi continuer à sensibiliser la population et amener les chefs de partis politiques à comprendre le rôle que la femme a à jouer dans la décentralisation. C’est très important parce que, lorsque nous parlons de développement, de l’eau, de l’électricité, des voies etc, la femme est au cœur de tout ceci. Et ce que nous constatons, c’est que beaucoup de femmes préfèrent rester avec les hommes, laissant ainsi leurs sœurs. Si seulement ces femmes pouvaient comprendre, nous aurons de meilleurs résultats aux élections. Nous avons l’ambassade des Pays-Bas à travers The Hunger Project qui est une Ong internationale. Nous remercions tous nos partenaires qui nous appuient dans ce que nous faisons et nous leur demandons de ne pas se laisser au découragement, parce que le Bénin comprendra qu’il faut mettre les femmes aux instances de prise de décision. Cela nous permettra d’avoir beaucoup de femmes dans les conseils communaux et pourquoi ne pas avoir un jour, une présidente de la République. On espère que la tendance va changer.

Flore Emma Mongbo, Pdte Ong Sindo

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« Les hommes savent utiliser la misère, la vulnérabilité des femmes »
Ça étonne d’une part et d’autre part, ça n’étonne pas parce que cette situation est créée aussi bien par les hommes que par les femmes. On ne pourra pas dire que la société civile n’a pas travaillé ou que les Partenaires au développement n’ont pas investi pour que cela change. Mais le mal se situe à deux niveaux. Et chacun doit accepter les charges qui lui sont indexées. Les hommes ne veulent pas que la femme émerge. La situation actuelle s’est produite à cause de la gourmandise des hommes. Les hommes sont simplement gourmands. Et les femmes sont ‘’bêtes’’. Je ne peux pas dire qu’elles sont naïves parce que depuis longtemps, il est vraiment temps qu’elles comprennent qu’il faut renverser la tendance. Les femmes ne manquent jamais de stratégie. Mais, elles sont toujours utilisées. Sinon, pourquoi sais-je que je suis importante pour un parti politique ou pour un leader politique ? Je travaille pour lui et je suis à la base pour la mobilisation ; je ne peux pas rester là seulement pour applaudir. Il faut que je développe aussi mes ambitions. Il faut que j’aie des ambitions. Il faut que je me prononce. Il faut pouvoir savoir s’afficher. Il faut avoir de l’audace. Il faut être dynamique pour vraiment défendre ses intérêts. On sait que les hommes avec qui les femmes travaillent sont des rusés. Donc, elles doivent savoir comment faire. Les hommes savent utiliser la misère, la vulnérabilité des femmes. Et les hommes se servent de la vulnérabilité des femmes pour les rendre encore plus vulnérables, parce qu’ils savent que les femmes n’ont pas de assez moyens. Leurs moyens sont utilisés pour le ménage, pour les enfants. Ils n’ont qu’à donner accès aux femmes ou leur donner la facilité de pouvoir accéder aux ressources financières. Depuis la nuit des temps, les hommes n’ont pas donné la possibilité à la femme de s’exprimer, de s’exhiber, de s’épanouir en public, de se prendre en charge. On lui a miroité ses traditions pour qu’elle ne puisse pas s’afficher. Les hommes ont monté la tradition à leur profit afin que la femme leur reste assujettie.
On a le courage, on est déterminé. Et il faut que les femmes soient déterminées aussi. On va les aider à se déterminer. Elle se bat nuit et jour pour pouvoir aider ces hommes qui veulent du pouvoir. Alors que les hommes ne tiennent jamais leurs promesses. Ils essayent d’écarter les femmes. Et elles ne peuvent plus rien faire. Franchement, c’est malheureux et ce n’est pas bien. On dit que la femme est la cause de ses propres problèmes. Peut-être que quelque part c’est vrai, mais, elle n’est pas la cause de tous ses problèmes. Les femmes n’ont qu’à essayer de voter pour les femmes. Et si nous avons fait des sensibilisations pour que les femmes votent pour les femmes, il est malheureux de constater que toutes ces femmes-là sont à la queue. Même si on vote pour elles, ce sont les hommes qui prendront la tête. Si la femme n’arrive pas à se battre dans les partis pour imposer qu’on la positionne aux bonnes places, elle doit se retirer. Donc, il y a le problème de positionnement et les moyens. Franchement, il faut que nos dirigeants mettent en application les lois qui sont votées parce qu’on promeut la parité, l’égalité des sexes. La Constitution en son article 26 stipule l’égalité des sexes. Alors qu’en réalité, on ne partage pas les postes équitablement pour les femmes, on leur partage le tissu les 8 mars et elles prennent, elles font des foulards. C’est du leurre. C’est dommage et c’est dramatique. J’ose le dire, les hommes sont des misérables. C’est la cupidité. Il faut que la femme se réveille. Elles dorment. Et si vous n’avez rien à leur donner après la formation que vous êtes venues leur donner, elles ne suivent pas. Et si vous venez la prochaine fois pour une formation, vous ne les verrez pas. Ce sont les hommes qui leur ont appris cela parce que quand ils savent que les femmes ont besoin de l’argent, ils utilisent cela à leur profit. Alors on leur partage de l’argent et on les y habitue. Elles vont même jusqu’à vendre leurs cartes d’électeurs. Combien d’hommes avez-vous vu vendre leurs cartes d’électeurs ? Quand vous faites l’analyse, le pourcentage des femmes qui vendent leurs cartes d’électeurs est supérieur à celui des hommes. Nous allons nous battre, nous n’allons pas baisser les bras, seulement que ça fait honte. Nous avons honte face à nos partenaires au développement. L’Usaid, les ambassades et les partenaires extérieurs ont beaucoup investi dans notre lutte et ils vont croire que nous n’avons pas fait le travail. Mais le parlement et le gouvernement n’ont pas facilité le travail. C’est au niveau de ces deux institutions, qui donnent la main aux politiciens de faire ce qu’ils veulent, que se trouve le problème.

L’éternel recommencement !
Les nombreux efforts consentis depuis des lustres pour ouvrir les yeux aux Béninois sur les potentialités de la femme ont une fois encore accouché d’une souris. 77 communes, une seule femme élue maire ! La population a dû ranger les notions essentielles dans les placards, laissant ainsi place aux pratiques vétustes, celles qui placent la femme au bas de l’échelle. Une ‘’leçon non sue’’ devrait être donnée sans fausse modestie à cette population qui semble être attachée à la suprématie du sexe masculin. Très souvent obnubilée par le pouvoir de l’argent, elle avale allègrement les promesses incertaines des politiciens, oubliant son propre avenir et celui de sa progéniture. Mettons-nous d’accord sur le fait que la femme, au-delà de son rôle au foyer, a bien d’autres potentialités. Mais, il subsiste toujours ce virus d‘’infériorité’’qui envenime son existence. Du coup, elle est dévaluée. La faute n’est pas à ce peuple, plutôt à notre culture et ses corollaires. Il est évident qu’il y a beaucoup de choses à revoir. Ainsi, le Bénin jouira pleinement de ses ressources humaines.

31-07-2015, Patrice SOKEGBE


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