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Entretien avec Joseph Gabin Dégbey, Dg Abenor sur les normes et qualités : « Nos producteurs ne se conforment pas souvent aux normes en ce qui concerne les intrants utilisés »

Les producteurs, transformateurs béninois vendent de plus en plus leurs produits sur les marchés étrangers, surtout dans les pays de l’Union européenne. Ces produits sont souvent confrontés à des exigences de normes et de qualité. A travers cet entretien, Joseph Gabin Dégbey, Directeur général de l’Agence Béninoise des normes et de gestion de qualité (Abenor) apporte des clarifications sur les problèmes que rencontrent certains produits béninois à l’étrangers et les démarches à suivre pour éviter ces difficultés.

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Que peut-on entendre par norme ?
Au plan technique, la norme se définit comme étant un document élaboré par consensus et reconnu par un organisme. Ce document comporte des caractéristiques, des lignes directives et des règles pour un produit. Lorsque la norme d’un produit est élaborée, outre les définitions et les domaines d’application, elle comporte les facteurs essentiels de composition et de qualité, les teneurs en différents résidus de pesticides, en métaux lourds, la façon de transporter le produit, son emballage, l’étiquetage… Lorsqu’un producteur, un transformateur ou une entreprise veut utiliser des normes, il doit faire l’analyse de ses produits pour voir si les exigences spécifiées dans la norme sont respectées par son produit.

Quels sont les différents types de normes qui existent ?
Il y a plusieurs normes : les normes pour produits ou normes spécification, les normes fondamentales, les normes systèmes, les normes d’échantillonnage, les normes d’analyse, les normes de certification. Au plan géographique, nous avons des normes nationales, régionales et internationales.

Parmi toutes ces normes, c’est Iso 9001 version 2008 qui est plus connue au Bénin. Pourquoi cela ?
On ne peut pas dire que c’est cette norme qui est la plus connue dans notre pays. Il y a des gens qui veulent d’abord commencer par implémenter la démarche qualité dans leur entreprise. Et c’est important d’encourager ceux qui sont en train de déployer le système qualité dans leur entreprise. Après cette démarche qualité dans le fonctionnement de leur entreprise, ils s’attaqueront à la norme produit car, la norme système Iso 9001 version 2008 ne vise pas le produit.

Est-ce à dire que les produits d’une entreprise certifiée Iso 9001 version 2008 sont de bonne qualité ?
Dans les 8 principes de la démarche qualité, il y a un principe qu’on appelle approche processus qui comporte des éléments d’entrée et des éléments de sortie et les paramètres du système de fabrication sont contrôlés. Si tout se passe bien bien, les produits qui sortent d’une entreprise certifiée devraient être de bonne qualité, mais ce n’est pas le produit qui est visé au départ.

Que peut-on comprendre par qualité ?
C’est l’ensemble des caractéristiques que doit respecter un produit afin de satisfaire de façon continue les exigences du client.

Qu’est-ce qu’une norme Lmr ?
Ce sont les Limites maximales de résiduels de pesticides que nous appelons communément Lmr. Lorsqu’on fait une production avec des engrais ou pesticides, il y a des résidus de ces produits chimiques dans le produit fini et ces résidus ne doivent pas dépasser un seuil donné.

Est-ce que les produits béninois exportés respectent les normes Lmr ?
Ce qui est d’actualité, c’est les résidus d’Etefon dans les ananas produits au Bénin. Comme vous le savez, le Bénin est un pays producteur d’ananas et ces ananas sont très prisés à l’extérieur surtout dans les pays de l’Union européenne. Mais ces pays de l’Union européenne exigent des valeurs à ne pas dépasser en ce qui concerne les Lmr. L’Union européenne, dans ses directives, avait fixé une limite de 2 Ppm à ne pas dépasser par kilogramme d’ananas. Mais depuis longtemps, beaucoup de pays n’ont pas réussi à respecter cette exigence. L’Union européenne leur a alors donné un moratoire de 5 ans pour que tout le monde soit en règle. Mais ce sont ces mêmes pays de l’Union européenne qui exigent que les ananas aient une couleur dorée. Et pour que les ananas aient une couleur dorée, les producteurs sont obligés d’utiliser des intrants, et en utilisant ces hormones et engrais, les ananas obtenus contiennent des résidus de pesticides qui dépassent la limite maximale fifée. Cela porte un frein à l’exportation de l’ananas.

A la fin du moratoire, certains pays ont-ils pu respecter le seuil fixé ?
Selon les informations que nous avons, il y a deux pays qui ont pu respecter ce seuil. Donc, en dehors des études agro-pédologiques qu’il faut effectuer, il faut se rapprocher de ces deux pays pour savoir les dosages utilisés en ce qui concerne les intrants et les méthodes développées pour pouvoir obtenir ce résultat. Il faut reconnaître que nos producteurs ne se conforment pas souvent aux normes en ce qui concerne les intrants utilisés dans la production d’ananas.

Quel rôle joue l’Abenor dans la normalisation de la production de l’ananas ?
L’Abenor élabore des normes sur tout produit. Il y a donc une norme sur le fruit et le jus de l’ananas. Les normes sur l’ananas et ses dérivés existent, mais le problème de résidus ne se situe pas au niveau de la norme en termes de fruit ou de ses dérivés après transformation, c’est au niveau de la production agricole que tout se passe. Car, il faut utiliser les intrants adaptés et à des dosages indiqués pour que les résidus ne dépassent pas la limite à la fin. Donc, l’Abenor n’a pas un rôle à jouer en ce qui concerne la production ; l’exportateur de l’ananas, avant de convoyer ses produits à l’extérieur, devrait analyser la teneur en Etefon afin de se rassurer que tout est normal. Mais très peu d’exportateurs font cette démarche vers l’Abenor ou des laboratoires compétents pour se rassurer de la qualité de leurs produits, et c’est à la destination que ces produits sont confrontés au problème de résidus qui constitue des obstacles techniques au commerce. On leur retourne alors le produit. Ils perdent ainsi les frais de transport et autres. C’est un manque à gagner pour eux et pour l’Etat béninois.

Le Bénin dispose-t-il d’une infrastructure qualité pouvant assurer le bien-être de ses citoyens ?
Bien sûr que notre pays dispose d’une infrastructure qualité avec les cinq composantes : l’organisme de la normalisation, la certification, le laboratoire d’essai, d’analyse et une structure de métrologie. Sur le plan international, tous les pays ne disposent pas d’organismes accréditeurs. L’accréditation est réalisée par les organismes extérieurs. Alors qu’au Bénin, nous avons tout.

Le Bénin dispose-t-il d’une politique qualité ?
Pour le moment, le Bénin ne dispose pas d’une politique qualité. C’est à cela que nous allons nous atteler à l’avenir. Il faut alors rechercher des financements car, la politique qualité au plan national a un coût. Mais certains pays de la sous-région en disposent déjà, d’autres sont en train de l’élaborer. Mais, ce n’est pas encore le cas au Bénin.

Est-ce à dire que nos autorités se soucient peu de la qualité des produits que consomment leurs concitoyens ?
On ne peut pas dire qu’elles ne se soucient pas de la santé des populations, peut-être qu’elles n’ont pas compris que nous sommes obligés de faire ce qui se fait dans les autres pays. Dans les autres pays, les autorités ont un regard sur tout ce que consomment leurs citoyens. Nous avons une loi qui protège les consommateurs. Il faut donc assainir nos marchés, mais avec nos frontières poreuses, on envoie tout aux populations. C’est donc l’Etat qui doit assainir nos marchés en exigeant que ceux qui mettent des produits sur nos marchés aient des certifications. On doit donc avoir un programme d’évaluation de conformité de ces produits. Ces évaluations peuvent se faire en amont et une contre expertise peut être faite dans les pays de destination. Plusieurs pays de la sous-région ont ce genre de programme. Je pense que le Bénin aussi peut s’engager dans une démarche pareille pour empêcher le déversement des produits frelatés sur nos marchés. Cela y va de la sécurité et de la protection des consommateurs et de l’environnement.
Propos recueillis par Isac A. YAÏ

7-09-2015, Isac A. YAÏ


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